De nouveau sur l’exploitation extrême des animaux

Voici un nouvel article sur la récupération d’animaux morts par l’industrie (voir « Sous-produits » et « co-produits » de la « viande »).

L’article est tiré du Figaro, et plus précisément de sa section “économie>conjoncture”…

La seconde vie économique des animaux morts

Recyclés en aliments du bétail jusqu’à la crise de la vache folle en 1996, ou utilisés comme combustible dans les cimenteries, les animaux trouvés morts dans les fermes (ATM) ont longtemps été considérés comme un sous-produit dont il fallait se débarrasser à tout prix.

Mais ils viennent depuis peu de trouver un nouveau débouché industriel: leurs graisses sont en effet valorisées comme biocarburant pour les véhicules à moteur Diesel.

Le tout, comme l’explique Jacques Surles, ex-dirigeant d’Akiolis, une société française d’équarrissage, «grâce à une nouvelle disposition fiscale qui permet de doubler le taux d’incorporation de biocarburants non issus d’huile végétale dans le gazole».

Depuis la privatisation de cette activité en 2009, «quatre acteurs principaux se répartissent la collecte des ATM», indique Yves Bergé, directeur général d’Interbev, l’Association nationale du bétail et des viandes.

Cette dernière évalue le marché à «120 millions d’euros pour 420 000 tonnes collectées annuellement». Deux sociétés, Saria et Atemax (groupe Akiolis), en détiennent, à elles seules, 80 % tandis que Monnard et Sopa, deux ­sociétés plus modestes, se répartissent les 20 % restants.

«Aujourd’hui après un raffinage, destiné à ôter les impuretés, on incorpore ces graisses animales dans du biodiesel d’origine végétale. C’est un très bon complément énergétique», souligne Michel Boucly, directeur général adjoint de Sofiproteol, leader français du biodiesel issu d’huile de colza dont il détient 85 % du marché.

L’entreprise présidée par Xavier Beulin, également président de la FNSEA, s’est rapprochée d’Atemax pour construire une nouvelle unité de production à Compiègne (Oise) d’une capacité de 70 000 tonnes, qui sera opérationnelle fin 2014.

Cette nouvelle activité en plein essor se heurte toutefois à la baisse de la consommation de viande en France et, donc, à la diminution du nombre de cadavres.

Du coup, la compétition fait rage entre les industriels qui utilisent traditionnellement les ATM comme combus­tible et ceux qui veulent les transformer en biocarburants.

Dans ce contexte très porteur pour elles, les sociétés d’équarrissage sont donc doublement gagnantes.

Non seulement les éleveurs s’acquittent d’un forfait annuel (entre 200 et 250 euros en moyenne) pour qu’elles viennent chercher leurs ATM, mais elles touchent également le produit de la vente des carcasses.

Les agriculteurs ne sont pas en reste. «Nous avons baissé de 10 à 20 % nos tarifs d’enlèvement», résume Jacques Surles qui a participé aux négociations.

Et, depuis le 1er octobre, le tarif est le même quelle que soit la position géographique des éleveurs, via un sys­tème de péréquation, afin de ne pas pénaliser ceux qui sont les plus isolés.

Enfin, la valorisation des graisses animales a relancé celle des autres rebuts.

«Les cuirs, notamment ceux des veaux de huit mois, sont très recherchés par les grands maroquiniers», constate Yves Berger. Pour preuve, ils valent désormais plus cher qu’un kilo de viande!

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