Le « poulet de l’enfer »

La Nature va de pair avec l’évolution: elle change, elle se transforme, elle devient toujours plus riche et complexe, sauf évidemment quand l’humanité vient tout massacrer. Une des choses importantes de ces dernières années dans la connaissance de l’évolution est la remise en cause des dinosaures comme ayant été de gros « lézards idiots ».

Il est en effet toujours frappant de voir la réaction de gens pétris de culture anthropocentriste lorsqu’ils découvrent des dinosaures avec des plumes: cela ne correspond pas à leur vision totalement social-darwiniste opposant le gros lézard au petit poulet!

Voici ainsi un article du Monde au sujet d’une nouvelle découverte en ce domaine. On y apprend des choses tant par les informations que par le côté racoleur du ton employé.

Découverte d’un nouveau dinosaure ressemblant à un « poulet de l’enfer »

Des paléontologues américains sont parvenus à reconstituer une espèce de dinosaure à plumes aux allures de poulet géant qui vivait en Amérique du Nord il y a 66 millions d’années.

Cette nouvelle espèce, appelée Caenagnathidae, appartient à la famille des dinosaures oviraptorosaures, connus grâce aux fossiles souvent bien préservés trouvés en Mongolie et en Chine. La découverte des trois squelettes, annoncée mercredi 19 mars, lève le voile qui entourait ce groupe précis de dinosaures depuis près d’un siècle. Les scientifiques ne disposaient jusqu’ici que de quelques fragments.

« IL DEVAIT ÊTRE TERRIFIANT »

Les fossiles présentés mercredi ont été trouvés à la fin des années 1990 dans la formation rocheuse de Hell Creek dans le Dakota du Nord et le Dakota du Sud, deux Etats du nord des Etats-Unis. Les scientifiques ont, depuis, réussi à reconstituer l’animal, assemblant les restes pour des spécimens fossilisés, pour reconstituer un squelette presque complet.

Il a été baptisé « Anzu Wyliei » : « Wyliei », d’après le nom du petit-fils d’un administrateur du Musée d’histoire naturelle Carnegie de Pittsburgh (Pennsylvanie), où se trouvent les trois squelettes fossilisés, et « Anzu » pour sa ressemblance à une divinité sumérienne démoniaque à l’apparence d’un aigle léontocéphale (à tête de lion).

« Anzu était une sorte de raptor géant avec une tête de poulet, probablement doté de plumes. Il devait être terrifiant », explique Emma Schachner, de l’université d’Utah, qui a participé aux recherches. De manière officieuse, les scientifiques ont surnommé d’ailleurs Anzu Wyliei « le Poulet de l’enfer », rapporte le Washington Post.

Haut de 1,5 mètre aux hanches et long de 3,5 mètres pour un poids de 200 à 300 kilos, ce dinosaure avait un cou très allongé, un bec sans dents et une crête ronde sur la tête comme celle des casoars, un oiseau d’Australie de la famille des autruches. Sa queue était relativement courte et épaisse et il avait de puissantes griffes terminant de longues pattes fines.

« Cette découverte est emballante, car Anzu est le plus grand oviraptorosaure trouvé en Amérique du Nord. [Il] est l’un des plus récents, à savoir qu’il vivait à une époque très proche de l’extinction des dinosaures », souligne Emma Schachner.

UN LIEN AVEC LE GIGANTORAPTORE

« Anzu est de très loin le Caenagnathidae le mieux préservé jamais découvert. Après presque un siècle de recherches, nous avons finalement trouvé des fossiles qui montrent à quoi ressemblaient ces créatures de la tête au pied », explique Matthew Lamanna, paléontologue au Musée Carnegie, qui a mené ces travaux publiés dans la revue américaine PLOS ONE.

Pendant leurs travaux, les scientifiques ont pu étudier l’anatomie et les relations d’Anzu Wyliei dans l’évolution par rapport aux autres membres de la famille des Caenagnathidae. Les analyses confirment la récente hypothèse selon laquelle le gigantoraptore, découvert en 2005, pesant au moins 1,5 tonne, appartenait aussi à cette famille.

« Vu le peu de fossiles de Caenagnathidae découverts jusqu’alors, cette espèce était de loin la plus énigmatique des oviraptorosaures, et en réalité l’un des principaux groupes de dinosaures les moins connus », explique Hans-Dieter Sues, conservateur du département de paléontologie des vertébrés au Musée national d’histoire naturelle de l’Institut Smithsonian à Washington.



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