Enzy, American Staffordshire martyr à Toulon

Voici une une information diffusée dans la presse, concernant un acte de maltraitance, ou plus exactement, de torture et de meurtre, digne de la barbarie du moyen-âge. Le texte, évidemment donné par une agence de presse, est le même quel que soit le média (ici en l’occurrence c’est tiré du Parisien).

On peut voir facilement qu’il y a de nombreuses incohérences qui ressortent du jugement…

Une jeune femme de 25 ans a été condamnée mardi à six mois de prison dont deux ferme par le tribunal correctionnel de Toulon pour avoir abandonné son chien, mort en juin 2011 après une longue agonie.

La jeune femme était jugée pour «maltraitance», le tribunal a requalifié les poursuites en «abandon». Il l’a également condamnée à 600 euros d’amende et une interdiction, à vie, de détenir un animal.

La jeune femme était accusée d’avoir abandonné son animal – un American Staffordshire qui n’était ni tatoué, ni déclaré, ni stérilisé – plusieurs semaines dans un appartement à Toulon, sans eau ni nourriture, après une rupture sentimentale.

Le chien,nommé Enzy, avait été découvert mort dans un état de décomposition avancée dans un logement ravagé, témoignant de la lente agonie de l’animal: porte grattée, matelas déchiqueté, moquette arrachée. Ce sont les voisins, alertés par une odeur pestilentielle, qui ont appelé la police.
Le parquet avait requis six mois avec sursis.

Différentes associations de défense des animaux, comme la fondation Brigitte Bardot, la SPA ou encore la fondation 30 millions d’amis, s’étaient constituées parties civiles demandant la requalification des faits en abandon. Le jeune femme a été condamnée à verser un euro symbolique aux 7 associations et à la prise en charge, à hauteur de 500 euros chacune, de leurs frais de justice.

Début février, un jeune homme avait été condamné à un an de prison ferme par le tribunal correctionnel de Marseille pour avoir martyrisé un chaton de cinq mois dans des vidéos postées sur internet, suscitant une forte émotion.

L’American staffordshire terrier est un animal puissant. La loi le considère ainsi de manière particulière. Regardons déjà ce que dit la loi. Voici ce que nous explique wikipédia à ce sujet :

L’American staffordshire terrier est classé en France dans la catégorie 2 par la loi du 6 janvier 1999. Il ne peut donc pas être détenu par un mineur ou une personne condamnée avec un casier judiciaire °2. Il faut le déclarer à la mairie du domicile du propriétaire, le faire vacciner contre la rage tous les ans, souscrire une assurance de responsabilité civile le mentionnant expressément, nécessite aussi une identification par puçage ou par tatouage , lui mettre un collier, une laisse et une muselière pour passer dans les parties communes des immeubles collectifs, accéder aux lieux publics, aux locaux ouverts au public et emprunter les transports en commun. L’amstaff doit être tenu en laisse et muselé par un majeur.

S’il n’est pas inscrit au livre des origines françaises (LOF), l’American staffordshire terrier se trouve classé en France dans la catégorie 1 par la loi du 6 janvier 1999 qui demande les mêmes engagements que pour les catégories 2 mais qui oblige en plus à la stérilisation (mâle et femelle).
Depuis le 10 novembre 2008 le chien doit passer un test comportemental qui à l’issue de celui-ci le chien sera encore une fois classé sur une échelle de 1 à 4.

1 signifiant: Le chien ne présente pas de risque particulier de dangerosité en dehors de ceux inhérents à l’espèce canine et niveau 4 :Le chien présente un risque de dangerosité élevé pour certaines personnes ou dans certaines situations. Ces deux documents permettent de déclarer le chien en mairie. Une fois la déclaration enregistrée, le chien doit toujours être en règle.

Si l’on veut écraser la maltraitance, ou la torture, il faut écraser ses sources culturelles, mais aussi pratiques. En l’occurrence, le juge a dû, idéalement, demander d’où provenait ce chien.

Il l’a sans doute fait, puisqu’on apprend dans l’article que ce chien martyr n’était « ni tatoué, ni déclaré, ni stérilisé ». Cela signifie, par conséquent, que la loi a été enfreinte et que donc le chien relève de la catégorie 1, exigeant la stérilisation, parce qu’il n’est pas inscrit au livre des origines françaises.

Mais donc, ce chien, d’où vient-il ? C’est exactement ici que la loi montre son caractère trompeur. Ce qui a été jugé, c’est le comportement de la personne – il ne s’agit pas, et c’est honteux, de protéger l’animal en lui-même.

Si l’animal avait été reconnu pour lui-même, alors le procès n’aurait pas dû se tenir sans la mise en accusation des gens qui ont « fourni » cet animal. Mais le procès a dû, c’est évident, considérer que cette question serait floue et poserait trop de questions… « secondaires ».

Le procès a évité de creuser, et pour cause! Il aurait fallu parler du statut de l’animal en général, au-delà du drame particulier… Ce qui bien sûr doit être évité à tout prix, pour ne pas contribuer à remettre en cause l’exploitation animale…

C’est donc un « moment » de la vie de la personne humaine qui a été pris en question, et nullement le chien en lui-même. Or, la vie de ce chien a été placée sous responsabilité humaine de bout en bout – ne prendre qu’un maillon de la chaîne était cependant inévitable, car l’exploitation animale ne serait être remise en cause, évidemment…

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