Les animaux et l’incendie de la ville de Valparaiso

L’incendie ayant frappé Valparaiso, au Chili, amène indéniablement la réflexion: s’il est aussi dévastateur, obligeant des milliers de personnes à fuir, que deviennent les animaux qui vivaient avec eux? C’est une inquiétude, une hantise, qui existe forcément dès qu’on voit une catastrophe frapper des habitations.

Et justement, au sujet de Valparaiso, voici un article, publié par le Nouvel Observateur, qui parlera fondamentalement à toutes les personnes aimant les animaux. Les informations qu’on y trouve sont précieuses; les gens sont pauvres, ils font face à l’adversité, mais c’est la compassion qui s’exprime… Parce que c’est une culture assumée!


“Les animaux souffrent aussi après l’incendie à Valparaiso”

La ville chilienne de Valparaiso fait face depuis samedi 12 avril au “pire incendie de son histoire”, selon les mots employés par la présidente du pays Michelle Bachelet, venue sur place pour prendre la mesure de la catastrophe.

Selon un dernier bilan communiqué par le ministre de l’Intérieur, Rodrigo Penailillo, 12 personnes sont mortes dans le sinistre, lequel a détruit 850 hectares, et 2.000 habitations.

Quid des animaux de compagnie ? La question peut paraître saugrenue à l’heure où des familles sont en deuil, et où 8.000 personnes sont sinistrées, et 10.000 autres ont dû être évacuées.

Pourtant, le sujet est bien abordé dans les médias chiliens. Il prend souvent la forme de récits où des chiens ou chats sont retrouvés miraculeusement par leurs maîtres, à l’instar de cet article en date de lundi dans le quotidien national “La Cuarta”, qui relate l’épopée de Rocky, le chien qui “a combattu les flammes et vaincu“.

Voici l’histoire : samedi 12 avril, quand le feu se déclare, les habitants de la maison, située sur la colline de Las Cañas, n’ont qu’une idée en tête, fuir au plus vite. Mais Elizabeth, la mère de famille, se souvient des chiens. Il y en a 14 en tout ! Elle se saisit des deux plus petits, et ouvre la porte aux autres, espérant qu’ils arrivent à s’en sortir. Impossible en effet de se rendre avec la meute au centre de secours.

Le lendemain, une scène terrible attend la famille à l’emplacement de son habitation : tous les chiens sont morts calcinés. Sauf un, le petit Rocky, un chien laineux ressemblant à un caniche. “Il était tout sale, terrifié, et portait des marques sur son corps”, déclare sa maîtresse.

“La Cuarta” fait également référence au recensement des animaux sinistrés effectué à l’Ecole Grecia, en plein centre de la ville portuaire. Une opération organisée en collaboration avec la municipalité, selon le journal.

Le site d’information argentin MinutoUno.com diffuse la vidéo des retrouvailles entre un garçon de dix ans et ses compagnons, un chien et un chat.

Le Canal 13, chaîne de télévision mixte appartenant à l’Université pontificale catholique du Chili, publie sur son site une galerie de “photos émouvantes de personnes sauvant leurs animaux de compagnie après l’incendie”.

Très active sur Facebook, la vétérinaire Paola Carmona Hein a de son côté proposé de soigner gratuitement les animaux de compagnie blessés dans l’incendie.

Dimanche, elle écrit :
On dirait un film !!! Je ne peux pas le croire… Depuis 9h30, ça ne s’est pas arrêté, mes collègues, techniciens, défenseurs de la cause animale, tous ont été sur le pont jusqu’à maintenant. Courage à tous, notre mission est de les sauver, leur donner la santé et une qualité de vie. Ils sentent la même chose que nous, ou même davantage… sauf qu’ils ne parlent pas et ne peuvent pas dire ´A l’aide s’il vous plaît !!!!!'”

Sur le réseau social Twitter, il est également fait allusion aux animaux domestiques parmi les messages se référant à l’incendie de Valparaiso. Il est notamment fait référence aux “mascotas”, le terme les désignant en Amérique latine. [Ici la photo d’une collecte pour les animaux de “Valpo”, surnom de Valparaiso.]

De fait, les animaux de compagnie de plus en plus chers aux Chiliens. En août 2010, l’AFP consacrait un long article au phénomène, évoquant les services s’étant développés autour des “mascotas”, allant du salon de beauté au cimetière virtuel sur Internet.

Une enquête en 2009 du Centre d’études d’opinion publique (CESOP) de l’Université centrale du Chili relevait “la place centrale et croissante que les animaux domestiques commencent à prendre dans la population”, mesurable aux obligations ressenties et assumées envers l’animal, jusque dans la mort, écrivait alors l’AFP.

Pour autant coexistent au Chili “deux attitudes très contrastées envers les animaux”, tempérait le sociologue Vicente Espinoza : “Ceux qui les considèrent presque comme un membre de la famille, et ceux qui les traitent très mal”.

Sur ce dernier point, rappelons qu’environ 500.000 chiens errants déambulent dans les rues de la capitale Santiago, selon un recensement officiel dévoilé en juillet 2013. La majeure partie d’entre eux (398.611) ont ou ont eu un maître, mais celui-ci ne s’en occupe plus, précise ce rapport de la municipalité de Santiago, premier du genre jamais réalisé.


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