L’exploitation des moutons au service de « l’écologie » à Grenoble

L’écologie de notre époque utilise les animaux pour prétendre au « naturel », aux valeurs du terroir, au retour aux sources, cela n’a rien de nouveau, malheureusement. Que cela se traduise par l’industrie de l’alimentation biologique qui exploite la chaire des animaux, les produits laitiers, les œufs, le miel (etc!) bio, que ce soit les magazines écologistes qui vantent les bienfaits de la zoothérapie, que se soit des chevaux qui sont utilisés comme camions éboueurs, toutes les inventions sont bonnes pour s’inventer une bonne conscience écologiste !

Aux dernières élections municipales, la ville de Grenoble est passée du côté d’EELV et le nouveau maire, Eric Piolle, afin de justement poursuivre la démarche classique « écolo exploitation animale », a décidé de « tester » l’emploi de moutons comme « tondeuses ». Le terme employé est d’ailleurs de « moutondeuses à gazon »…

Selon le maire, ce serait une démarche avec un véritable fond « écolo »:

« C’est quelque chose qui a vocation à se développer à plus grande échelle. Tout ce qui contribue à ramener des animaux en ville est utile »

En ville ? Le terme est incorrect. En effet, la ville de Grenoble a la chance d’être dominé par une pointe du Massif de la Chartreuse.

Concrètement, cela veut dire qu’il y a une colline, avec le « Fort de la Bastille » et au-dessus encore le Mont Jalla, qui est zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique.

Cela signifie donc que Grenoble dispose d’une situation différente de la plupart des autres villes. Et que les moutons, s’ils sont considérés comme étant « en ville », c’est pour la simple raison que la ville empiète sur la colline avoisinante…

Le fort est en effet devenue la principale attraction touristique de la ville, et c’est là qu’on va y trouver quatre brebis, un bélier et cinq agneaux, sur les pentes qui sont autour, entre une une aire de promenade et un parcours d’accrobranche.

Ce n’est donc pas la « ville », mais c’est en train de le devenir: la ville avale son environnement proche. L’utilisation d’animaux dans la démarche de l’exploitation animale témoigne de cet engloutissement de la Nature.

D’ailleurs, si l’initiative est considérée comme « concluante », les autres parcs accueilleront pareillement des animaux « tondeuses », l’intérêt des moutons étant multiple car ils serviraient à « maintenir la biodiversité, de lutter contre les risques d’incendie et de sensibiliser les visiteurs à la préservation de la nature en ville » !

Cet esprit pragmatique, utilitariste, témoigne que ce n’est pas la Nature qui est reconnue et la ville qui se soumet, mais la ville qui s’impose et tente de modeler la Nature selon ses propres besoins.

C’est en quelque sorte une végétalisation du béton, un projet cher aux bobos, mais totalement hypocrite. Les faits parlent d’eux-mêmes… Les villes s’étalent de manière suffocante, elle empiètent sur les territoires « sauvages », réduisant de ce fait au strict minimum le lieu de vie des animaux sauvages.

Les villes s’agrandissent de plus en plus, détruisent tout autour de plus en plus, les villes chassent et détestent de plus en plus les animaux. Le cas des pigeons bisets est dramatiquement parlant ou bien la population de moineaux qui décline depuis plusieurs années!

La vie des animaux en ville est dangereuse, comme pourront en témoigner de tristes exemples comme le cas des chats errants, des pigeons blessés, des chiens perdus, des animaux « de compagnie » abandonnés dans des parcs ou des insectes qui se font écraser sous notre passage. La maltraitance est générale.

Les humains sont-ils eux même « heureux » dans les villes? Elles sont de toutes manières uniquement « idéales » pour la riche population des centre-villes, avec son mode de vie particulier et à l’écart…

Les villes telles qu’elles sont actuellement sont invivables, il faut tout détruire, tout réinventer, il faut produire cette culture végane où l’écologie ne voit pas les moutons comme des tondeuses. Où un oiseau en ville sera respecté, où un animal perdu ne sera pas violenté.

Il faut inventer cette culture végane écologiste, où les animaux vivent leur vie pour eux et ne sont pas utilisés ni utiles pour nous, pour notre confort, pour notre bien être psychologique A nous d’inventer cette nouvelle culture loin, très loin de toute idée utilitariste.

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