Deux pompiers belges donnent leur vie pour aider un cygne

C’est une information très dure, mais qui témoigne que les temps sont mûrs pour l’ouverture aux animaux. Loin de tout relativisme, de tout mépris, et sans avoir reçu d’ordre, deux pompiers belges ont tenté d’aider un cygne en perdition dans une rivière, l’Ourthe. Ils y ont laissé leur vie. Mais ce dont ils témoignent rend honneur à l’humanité et annonce l’avenir.

Voici une présentation par le journal la Meuse.

Vers 18h, vendredi, des riverains contactent le service d’incendie liégeois pour un cygne en perdition sur l’Ourthe. L’animal se trouve dans une zone périlleuse, à 100 mètres du pont de Tilff, dans une zone de remous. Quatre hommes arrivent sur place, dont deux plongeurs.

La présence de petites roches, ainsi que le courant de la rivière rendent l’endroit dangereux. Alors que l’animal est sain et sauf, les pompiers se retrouvent, pour une raison encore indéterminée, en difficulté. Un premier plongeur chute dans l’eau. Le second tente de lui porter secours, mais est également entraîné. Les deux autres pompiers tendront une corde pour aider leurs collègues. En vain. Yves Peeters, un pompier âgé d’une quarantaine d’années et papa, décédera malheureusement sur place. Il avait deux frères et une sœur.

Christian Dejardin, son collègue, est transporté en hélicoptère au CHU dans un état jugé très préoccupant. À 21h30, il était toujours en salle d’opération. On apprenait son décès peu avant minuit, via le cabinet de la ministre de l’Intérieur.

Voici une présentation par dh.be.

Vers 18 h, un habitant de la localité a vu un cygne en difficulté. L’animal se trouvait à une centaine de mètres du pont de Tilff, dans la commune d’Esneux.

L’homme a appelé le service 100 et quelques minutes plus tard, des pompiers sont arrivés sur place. Mais, il s’est très vite avéré que l’intervention des soldats du feu ne serait pas suffisante. Les secours sur place ont alors fait appel à deux plongeurs de la caserne liégeoise.

Une fois sur les lieux, un premier plongeur a pris l’eau pour tenter de secourir l’animal. Il y est parvenu, mais s’est très vite retrouvé en difficulté. Il faut dire que l’aval du pont de Tilff est un endroit dangereux où les courants sont parfois traîtres et ce d’autant plus que les pluies ont été abondantes ces derniers jours.
Il s’y produit régulièrement des phénomènes de rouleau, où l’eau tourne sur elle-même et peut parfois emporter des nageurs et les empêcher de remonter à la surface.

Voyant son équipier en difficulté, l’autre plongeur a également pris l’eau et s’est, lui aussi, retrouvé en fâcheuse posture.

Il a finalement fallu l’intervention d’un troisième homme pour sortir les deux plongeurs de l’eau de l’Ourthe.
Toutes deux en arrêt cardiaque, les victimes ont été transportées, en hélicoptère, au CHU de Liège tout proche.
Malheureusement, Yves Peeters est décédé peu de temps après son admission au centre de soins. Son collègue, Christian Dejardin, a d’abord été transporté par hélicoptère au CHU dans un état critique. Son décès a été annoncé vendredi peu avant minuit.

Alerté, l’auditorat du travail du parquet de Liège est descendu sur les lieux du drame.
Il va sans dire que la caserne Ransonnet, dans le centre-ville liégeois était sens dessus dessous, les pompiers étant en état de choc.

Enfin, des précisions d’importance, par le vif.

Les autopsies médico-légales révèlent que les deux pompiers plongeurs décédés vendredi soir en intervention à Tilff présentent de « sérieuses blessures au crâne », a révélé dimanche l’auditeur du travail de Liège. A ce stade, rien n’indique que ces blessures ont occasionné la mort des deux plongeurs, a précisé l’auditeur du travail.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les deux pompiers étaient bien en intervention lorsque l’accident s’est déroulé. Contrairement à ce qui a pu être avancé, ils étaient correctement attachés.
Les trois hommes qui sont intervenus en tant que plongeurs sur place étaient tous expérimentés, a encore fait savoir l’auditeur.

Toujours selon les premiers éléments de l’enquête, le soir de l’accident, les pompiers de Liège sont intervenus sur ce sauvetage d’animal, qui entre dans le cadre de leur mission, avec une autopompe. Les six hommes présents ont estimé que le courant était trop important pour qu’ils puissent intervenir. Ils ont alors fait appels aux trois plongeurs.

Le premier à être entré dans la rivière est parvenu à dégager le cygne pris par le courant. Il a alors perdu pied. L’un de ses collègues est alors allé à son secours et a connu le même sort. Le troisième plongeur aidé des pompiers initialement arrivés sur place ont retiré les deux hommes de la rivière.

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