“Soupçons de maltraitance sur animaux à Savannah Reptiles”

En avril, nous avions parlé de l’incendie ayant frappé l’entreprise Savannah Reptiles, où plus de 30 000 animaux avaient péri (voir Incendie à Saint-Sulpice : des milliers de reptiles morts).

Et voilà qu’exactement un mois après, l’information “sort” comme si de rien n’était, dans la Dépêche

Saint-Sulpice. Soupçons de maltraitance sur animaux à Savannah Reptiles

Dans la nuit du dimanche 20 avril, à Saint-Sulpice, un incendie ravageait entièrement les 4 000 m2 de l’entreprise Savannah Reptiles Planet, spécialisée dans les nouveaux animaux de compagnie (NAC). 20 à 30000 reptiles, batraciens, souris ou lapins périssaient dans le sinistre.

Une enquête de gendarmerie est toujours en cours pour définir les causes de l’incendie dont a été victime l’établissement de Romain Julian.

Mais ce fait divers se double d’une autre affaire pour laquelle le pdg de la société avait été entendu quelques jours plus tôt par les gendarmes. Une affaire qui l’amènera dans quelques mois à la barre du tribunal correctionnel de Castres.

Romain Julian est poursuivi pour des faits supposés de mauvais traitements sur animaux, de manques de nourritures et d’abreuvement, de défaut dans la gestion des registres concernant les animaux protégés par la convention de Washington…

Dénonciation sur internet

Des éléments relevés notamment par les services vétérinaires dans le cadre de l’enquête diligentée par la gendarmerie. À l’origine, la dénonciation par un ancien salarié sur un forum internet, des conditions de travail dans l’entreprise. La plainte en diffamation du pdg a été classée sans suite par le parquet.

Selon des sources proches de l’enquête, la brigade de recherche de la compagnie de Gaillac a auditionné d’autres salariés passés par l’établissement qui ont confirmé ses dires et les éléments recueillis lors des contrôles. Il est question par exemple de manque d’éclairage UV ou de jets de cadavres d’animaux dans les containers classiques de poubelles sans faire appel à l’équarrissage.

Le taux de mortalité très élevé selon l’enquête aurait également joué en défaveur de Romain Julian.
«Rien à se reprocher»

Ce dernier estime que cette affaire «a été montée de toutes pièces. Il y a une méconnaissance totale du métier d’animalier de la part de l’administration». Il a reçu le soutien du Synapses (1), le syndicat des animaliers. «Plusieurs éleveurs sont confrontés à ce genre de difficultés, indique Luc Ladonne, l’un de ces responsables.

On dit mauvais traitement parce qu’il n’y a pas d’eau et de nourriture en permanence devant les animaux mais cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas nourris et abreuvés. J’ai visité l’établissement concerné en janvier, on ne peut rien reprocher à Romain.

Il y a une instrumentalisation par les associations de protection des animaux dans ces dossiers avec un problème de compréhension de la réglementation».

La Fondation «30 millions d’Amis» est loin de partager ce sentiment. Elle a suivi l’affaire et a décidé de se porter partie civile.

Sans attendre les résultats de l’autre enquête sur la raison de l’incendie, Romain Julian a décidé de redémarrer son entreprise. Il a trouvé un local (l’ancien bâtiment de la SNP) à Couffouleux.

Mais il ne permet pas de réaliser l’accueil d’animaux. «Je suis aussi fabriquant de matériel pour les NAC. D’ici un mois ou plus je recommencerai la commercialisation uniquement dans ce domaine.»

(1) : Syndicat national des activités liées aux animaux domestiques et non domestiques..

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