La situation des chats et des chiens en Algérie

La question de la libération animale est universelle et le 21e siècle assumera celle-ci de manière complète: c’est inévitable. Cela se fera malgré toutes les tentatives de freiner cela au moyen du « réformisme » ou bien du racisme. La cause est mondiale et totale!

Voici comme nouvelle illustration un article algérien, qu’on peut certainement qualifier d’historique, puisqu’il formule un point de vue réaliste et incisif, posant un constat cinglant. Cela ne doit être évidemment nullement prétexte au racisme, surtout qu’en France l’hypocrisie règne sur la question animale. Au contraire, il s’agit de voir que la question se pose à l’échelle de l’humanité toute entière!

Voici l’article d’El Watan, qui ne peut que marquer les esprits.

Torturés par les enfants, écrasés par les automobilistes
L’Algérien, le meilleur «ennemi» des animaux !

Maltraités, brutalisés, brûlés et écrasés. Chaque jour, des chiens et des chats sont victimes de comportements monstrueux de la part de certains humains, bipèdes sans état d’âme et sans scrupules envers des créatures sans défense.

Errants ou abandonnés par leurs maîtres, ces animaux font souvent les frais de véritables meutes de gamins qui s’échinent à les martyriser, quand ils ne sont pas carrément damés sur le bitume, broyés sous les pneus des automobiles et des poids lourds dans l’indifférence totale.

Appelons un chat, un chat. Le mal est profond. En Algérie, la cruauté de certains individus est ahurissante.

Tellement ahurissante qu’il est réellement peu fréquent de trouver des personnes soucieuses du bien être des animaux, ces créatures de Dieu, et veillent à leur protection et leur quiétude.

En règle générale, ces animaux sont bastonnés, pourchassés à coups de cailloux, suspendus aux arbres avec des cordes ou brûlés, sans que cela n’émeuve, ni n’alerte une bonne partie de la société, atteinte d’une inertie et d’un renoncement effarants.  La liste des exactions est, hélas, longue et digne des pires tortionnaires.

Au cours du mois de février de l’année en cours, un chien a failli connaitre un sort funeste au niveau de la gare routière d’El Khroub. Il a été torturé par un groupe de jeunes lesquels l’ont, non seulement brûlé, mais ils ont également tenté de l’égorger !

Il a échappé, par miracle, à ses agresseurs et se trouve à l’heure actuelle en convalescence au sein de l’institut des sciences vétérinaires de cette commune. Un autre chien a eu, quant à lui, la queue sectionnée à vif. Des agissements cruels et monstrueux  !

Des cas parmi tant d’autres. Ces faits abominables nous ont été confiés par Mme Haroun Samira, présidente de l’association de protection des animaux de la commune d’El Khroub, fraîchement agréée.

«Nous ne sommes pas des sentimentaux »

Sale temps pour les animaux dans notre pays ! Vivants ou morts, les supplices que leurs font subir certains «humains» dépassent souvent l’entendement.

Que dire justement des chiens et des chats dont les cadavres gisent sur la voie publique sans que les chauffards qui les ont renversés ne soient inquiétés ? N’y a-t-il plus rien à faire pour ces animaux abandonnés sur le bitume?

Personne pour les arracher au trafic ininterrompu des centaines de quatre roues qui passent et repassent sur leur dépouille jusqu’à la putréfaction?

De l’avis du responsable de la commission environnement de l’APC de Constantine, «le citoyen algérien est ainsi fait, il n’est pas sentimental envers les animaux comme les étrangers». Il faut donc croire que nous serions dépourvus du gène de la «h’nana», au grand dam de ces pauvres bêtes !

Une brigade de ramassage des services d’hygiène est certes censée s’occuper des animaux morts sur les routes, mais cette opération reste vraiment rarissime, puisque les dépouilles de chats et de chiens demeurent sur le lieu de la collision… indéfiniment.  Le ramassage et l’enterrement éventuels dont ils sont censés « bénéficier » au niveau de la décharge municipale du 13e kilomètre, relèvent bien entendu de la pure théorie.

Il existe pourtant un numéro de téléphone par le biais duquel il est possible de signaler la dépouille d’un animal sur les axes routiers de la wilaya de Constantine, mais les citoyens ignorent son existence (Téléphone de la brigade de ramassage des services d’hygiène de Constantine :   031 66 39 66).

Cela étant, l’on apprendra qu’une fourrière pour animaux errants et domestiques, située au quartier Emir Abdelkader de Constantine devrait bientôt voir le jour. L’objectif, nous dit-on, est de débarrasser la ville du vieux Rocher des animaux errants d’ici… 2015, pour que «les touristes qui participeront à la manifestation Constantine capitale de la culture arabe en 2015 ne croiseront pas ces bêtes quand ils visiteront la ville». Pour ce faire, une brigade de ramassage spéciale sera mise à contribution.

«Adoptés » par une chatte

La maltraitance des animaux en Algérie fait partie de certaines mœurs malsaines et incompréhensibles, boostées par l’impunité et le laxisme des autorités compétentes.

Fort heureusement, il existe des personnes généreuses et pleines de bienveillance à l’égard des animaux.

C’est le cas de Wahid, 49 ans et père de trois enfants. Il y a trois ans, en rentrant chez lui, par une froide journée d’hiver, il trouve, blottie contre la porte de son appartement, une chatte en gestation, transie de froid et affamée.

Pris de pitié pour cette pauvre créature, Wahid lui aménage un petit nid douillet devant sa porte et l’alimente pendant plusieurs jours. Très vite ses enfants se prirent d’affection pour elle est c’est comme ainsi qu’elle finira par être «adoptée» et devenir un membre à part entière de la famille, elle est ses petits chatons. Ils ont tous été vaccinés et bénéficient d’un suivi régulier par un vétérinaire.

« En se réfugiant devant notre maison, cette chatte nous a tous adoptés », aime à le répéter Wahid à ses proches.

Une association au service des animaux :

L’association de protection des animaux de la commune d’El Khroub a été créée le 28 avril 2014 par des personnes dont le dénominateur commun est leur profonde affection pour les animaux.
Cette association est née sous l’impulsion de sa présidente, Mme Haroun Samira, ingénieur en agro-alimentaire et actuellement responsable du laboratoire de biochimie de l’institut des sciences vétérinaires.

«L’idée de créer une association m’est venue durant l’exercice de mes fonctions et au sein de mon quartier en tant que bienfaitrice envers les chats, les chiens et surtout ceux qui sont en détresse : accidentés de la voie publique, victimes de la maltraitance ou simplement malades. Grâce au bouche à oreille, le hasard des rencontres a permis l’émergence d’un groupe qui partage les mêmes valeurs et la même passion pour les animaux.» Moins d’un mois après sa naissance, cette association ambitionne de promouvoir la culture du respect et la protection des animaux,  d’apporter l’aide nécessaire aux propriétaires d’animaux en matière de conseils vétérinaires relatifs à la vaccination et la stérilisation et, enfin, de créer un refuge animalier conformes aux normes en vigueur,  destiné à l’accueil des animaux domestique abandonnés ou errants.

Le délit de cruauté puni par la loi

En Algérie, le code pénal punit le délit de cruauté envers les animaux par des peines de prisons ou des amendes. Conformément à l’article 449 de la loi 82-04 du 13 février 1982, les personnes qui exercent, publiquement ou non, de mauvais traitements envers un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité sont passibles de payer une amende ou d’écoper d’une peine d’emprisonnement de 10 jours ou plus.

Pour Mme Haroun, «la responsabilité de ces actes cruels est tout d’abord collective, cela commence au niveau de la cellule familiale avant de s’étendre ensuite au système éducatif». Elle évoque également l’absence de programmes de protection des animaux au niveau de la direction des services agricoles et de la direction de l’éducation et insiste sur le rôle important de l’université à travers l’institut des sciences vétérinaires.

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