“Vamos a la playa”

C’est une chanson relativement connue, datant de 1983, en quelque sorte un classique de kitscherie post-disco (et en réalité de ce qui fut l’italo disco). Ce qu’on sait moins, c’est que même une chanson kitsch peut révéler toute une époque, en l’occurrence avec la menace nucléaire qui plane…

Voici une présentation bien vue que l’on peut trouver sur le net.

Vamos a la playa oh o-o-o-oh !
Vamos a la playa oh o-o-o-oh !

Qui d’entre nous n’a pas entendu ça au moins une fois ? Je ne risque pas grand-chose si je dis peu, en effet…
Mais combien savent ce qui se cache derrière les paroles de ce tube de l’été 83 ?
D’ailleurs, combien sont capable de chanter les couplets ?

C’est pourquoi je vais tenter de vous éclairer rapidement sur la partie cachée de cet énorme iceberg italo-espagnol…

D’abord les paroles et leur traduction (maison)… ne me félicitez pas, j’aime bien les langues… :p

Refrain :
Vamos a la playa oh o-o-o-oh
Vamos a la playa oh o-o-o-oh
Vamos a la playa oh o-o-o-oh
Vamos a la playa oh oh

Vamos a la playa
La bomba estallo
Las radiaciones tuestan
Y matizan de azul

(refrain)

Vamos a la playa
Todos con sombrero
El viento radiactivo
Despeina los cabellos

(refrain) x 2

Vamos a la playa
Al fin el mar es limpio
No mas peces hediondos
Sino agua florecente

(refrain)

Comme tous le monde (ou presque) connaît le refrain, je vais traduire les couplets ; ça donne quelque chose comme ça :

Allons à la plage
La bombe a éclaté
Les radiations grillent (la peau)
Et nuancent d’un bleu

Allons à la plage
Tous avec un chapeau
Le vent radioactif
Décolore les cheveux

Allons à la plage
A la fin la mer est propre
Plus de poissons puants
Que de l’eau fluorescente !

Ce chef d’œuvre musical de Righeira a vu le jour en 1983, sous la plume du talentueux Stefano Righi qui l’a également composée avec le célèbre La Bionda, pionnier de l’italo-dance avec “One for me, one for you”(1978).

Mais ne nous y méprenons pas ! Vamos a la playa est, contre toute attente, une chanson étonnamment engagée. Lucide et anti-nucléaire, le groupe italien Righeira nous décrit sous une bonhomie apparente une plage dans un état post-atomique, ce qui était d’actualité dans les débuts des années 80. Les moins jeunes se souviennent peut-être de Reagan et son programme de bouclier antinucléaire (guerre des étoiles). Eh bien c’était justement en mars 1983 !

Bref, cette œuvre musicale rendra célèbre Righeira à travers le monde. Ce groupe, formé de Stefano Righi et Stefano Rota (d’origine espagnole), deux anciens copains d’école natifs de Turin, rééditera avec No Tengo Dinero (je n’ai plus d’argent) [à la vidéo en dessin animé très moderne pour l’époque et très “stylé” par ailleurs].