L’armée des douze singes ou comment caricaturer les activistes

[Voici un article publié sur l’ancêtre de LTD, à savoir VeganRevolution. L’article date d’avril 2006.]

L’armée des douze singes est un film de Terry Gilliam datant de 1995, le scénario est repris du film La jetée, de Chris Marker. Dans ce film on retrouve l’atmosphère oppressante de Brasil, que cet ancien Monty Python avait déjà réalisé. Sauf que là, les partisans de la défense animale et de la protection animale sont caricaturés au possible.

Tout le scénario du film de Gilliam part en effet du principe (nouveau par rapport à La jetée) que les défenseurs des animaux sont des marginaux totalement à l’écart de la société, pratiquant des actions clandestines parallèlement à une façade faussement sympathique de « hippies défenseurs des animaux ».

Dans le film le chef de « l’armée des douze singes », un groupe de défense animale, est joué par Brad Pitt, fils d’un scientifique millionnaire pratiquant l’expérimentation animale. On le voit la première fois dans un asile de fous, ne cessant de s’exciter et de faire des gestes saccadés, tenant un discours « typiquement gauchiste » (les vrais fous sont à l’extérieur, le monde est une prison).

Naturellement dans ce premier passage les animaux ne l’intéressent pas; quand on le retrouve quelques années plus tard on voit que sa rébellion se situe surtout contre son père, qu’il veut enlever avec l’armée des douze singes pour le placer dans un zoo dont on aura libéré des animaux.

Les défenseurs des animaux sont ainsi de doux dingues parfois très dangereux, notamment quand ils libèrent des lions et des girafes en pleine ville, ce qui est une grave caricature des libérations comme celle faite par le front de libération des animaux.

A la fin du film on comprend que Bruce Willis s’était trompé quand il avait cru que ces « écolos » menés par Brad Pitt voulaient exterminer la race humaine par un virus pour la livrer aux animaux. Il s’agissait d’un responsable de labo devenu fou.

Mais c’est trop tard pour que le spectateur n’ait pas acquis une foule de préjugés à l’encontre d’une culture « folklorique » et « potentiellement dangereuse ». Le réalisateur de Brazil a bien assimilé la culture du type Hollywood et son idéologie opposée aux idées progressistes, contribuant par ce film à donner une image misérable de la libération animale.

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