Le New York Times appelle à légaliser le cannabis

La marijuana doit être légale aux États-Unis: voici la conclusion à
laquelle est arrivée le New York Times. Il s’agit d’un quotidien fondé
en 1851, plutôt lié au parti démocrate, historiquement très important et employant plus de 1000 personnes, avec un tirage d’environ
1,2 million d’exemplaires, etc.

Autant dire que ce parti pris ne représente pas rien, surtout que
sa prise de position a été publiée ouvertement dans un éditorial, ce 26 juillet 2014. C’est un pas en avant vers la libéralisation de cette «
drogue douce » au nom de la liberté de l’individu et des lois du
marché qui vont avec.

L’argumentation du quotidien est simple : puisque le tabac et l’alcool
provoquent plus de dégâts – le journal mentionne la santé, l’impact sur la société ainsi que la justice – et que c’est légal, alors donc il
faut légaliser le cannabis. C’est une argumentation illogique, car on
devrait plutôt penser qu’il faut supprimer le tabac et l’alcool…

Aussi trouve-t-on d’autres arguments bidons du même genre. Ainsi, la légalisation du cannabis serait un acte anti-raciste. En effet, les
trafics illégaux sont le fait des populations les plus pauvres et
légaliser le cannabis ne les placerait plus dans le viseur de la
justice. On peut lire dans l’éditorial:



 Les coûts sociaux des lois sur la marijuana sont vastes. Il y a eu
658 arrestations pour possession de marijuana en 2012, selon les chiffres donnés par le FBI, en comparaison avec 256 000 arrestations pour la cocaïne, l’héroïne et ses dérivés.

Pire même, le résultat est raciste, frappant de manière
disproportionnée les jeunes noirs, gâchant leur vie et donnant
naissance à de nouvelles générations de criminels.



Au lieu de dire qu’il faut prendre l’argent aux riches et construire
des écoles, on a donc la solution miracle que serait le commerce du
cannabis…

Le terme de « commerce » n’est pas employé par l’éditorial, bien
entendu. Il se contente de se concentrer sur la prohibition,
assimilant la situation actuelle à celle ayant existé quant à l’alcool
entre 1920 et 1933. L’éditorial s’intitule d’ailleurs « Annuler de
nouveau la prohibition » et commence de la manière suivante:


« Il a fallu 13 années aux Etats-Unis pour reprendre ses esprits et mettre un terme à la prohibition, 13 années au cours desquelles les gens ont continué à boire, de sorte que des citoyens respectueux de la loi sont devenus des criminels et que les syndicats du crime ont émergé et prospéré.

Cela fait plus de 40 ans que le Congrès a adopté l’interdiction
actuelle du cannabis, infligeant un grand préjudice à la société
simplement pour interdire un produit beaucoup moins dangereux que l’alcool. Le gouvernement fédéral devrait dépénaliser le cannabis. »


L’éditorial se fait ainsi le fer de lance d’une tendance déjà
présente. Il y a deux États ayant déjà légalisé le cannabis, celui de
Washington et celui du Colorado. Et les ¾ des autres États ont pris
une direction comme légaliser l’usage thérapeutique ou réduire les
peines.

Un autre argument, qui se veut « réaliste », est que le cannabis
n’amène pas à d’autres drogues dites dures et qu’il n’y a pas d’impact
sanitaire, à part pour les jeunes, aussi suffit-il d’autoriser, selon
l’éditorial, le cannabis à partir de 21 ans.

Pour contribuer à cette mise en place, le quotidien publiera des
articles à ce sujet et appelle à des réactions pour et contre.
Histoire d’apparaître comme « démocratique ».

Car c’est tout de même toute une histoire que de se la jouer «
réaliste », moderne, anti-raciste, soucieux des gens, tout cela pour
légaliser une drogue et le marché qui va avec. La vérité est pourtant
fort simple: la société américaine, comme la française, est dénaturée
et pourrie par le capitalisme.

Les gens s’enfuient dans des paradis artificiels, comme les drogues ou
les religions, et le New York Times préfère que ce soit dans les
drogues. Car il est bien beau de présenter le cannabis comme «
relaxant », mais c’est une image d’Épinal mise en avant notamment par Bob Marley. En réalité, le cannabis ralentit le cerveau et casse
l’esprit, il engourdit, quand il ne rend pas franchement parano.

Légaliser le cannabis n’est pas la solution, c’est littéralement une
faillite culturelle, c’est reconnaître que la société n’a rien à
proposer et que chacun peut partir s’isoler dans son petit monde…

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