Remplacer une exploitation animale par une autre?!

Une étude a été publiée dans la revue américaine Proceedings of the
National Academy of Sciences et appelait à… « réduire » la
consommation de « viande » de boeuf, en raison du bilan trop négatif
pour l’écologie.

L’article, intitulé « Land, irrigation water, greenhouse gas, and
reactive nitrogen burdens of meat, eggs, and dairy production in the
United States », s’inscrit donc dans le schéma classique actuel où, au lieu d’une remise en cause générale, on tente de rogner comme
on peut de-ci de-là, afin de préserver le système dans son ensemble.
C’est véritablement lamentable.

Mais ce n’est pas étonnant, et on aurait tort de penser que ces
scientifiques sont payés à ne rien faire. Ainsi, l’article fait tout
un topo sur les terrains de « production bovine » aux États-Unis et
propose ni plus ni moins que de tout fermer! Il conseille directement
au gouvernement de faire en sorte de modifier les habitudes
alimentaires aux États-Unis, pour des raisons énergétiques!

L’étude, qui oeuvre ouvertement en faveur du « développement durable » (l’expression y est bien entendu employée), porte en effet
exclusivement sur les États-Unis. Les chercheurs ont porté leur étude
sur un terrain spécifique, à savoir les États-Unis, pour la période
2000-2010, en s’appuyant sur les informations données par différents services de ministères (Agriculture, Énergie, Affaires intérieures).

Le sens de l’article est donc de critiquer la « viande » de boeuf,
dont le coût écologique est bien plus grand que pour les autres
productions, au coût similaire, l’article citant donc ici les cochons,
les produits laitiers, les oeufs et les poulets. On y apprend que la production de « viande » de boeuf demande 28 fois plus de terrain,
11 fois plus d’eau et produit aussi 5 fois plus de gaz à effet de
serre et 6 fois plus de nitrates.

On comprend alors la réaction « scandalisée » de Kim Stackhouse,
responsable du développement durable de l’Association américaine des éleveurs bovins: « L’étude parue dans les PNAS est une simplification grossière du système complexe qu’est la chaîne de production de boeuf ».

Mais que pourrions-nous dire de notre côté! Cela dépend des régions du monde, mais grosso modo dans tous les cas une alimentation
végétalienne exige une nourriture consommant 30% de moins d’eau.

Un document du début de l’année produit par l’Union Européenne donne quelques chiffres pour le régime végétarien. En Europe du nord, sa consommation d’eau en comparaison est moindre de 32%, en Europe de l’ouest de 41%, en Europe du sud de 41%, en Europe de l’est de 26%.

Regardons d’autres chiffres: 30% des terres de la planète sont dédiées à la production de « viande », 8% des terres agricoles sont destinées à une production directement pour les humains. 18% des gaz à effet de serre sont produits par l’économie de l’exploitation animale, avec 9% du Co2 et 37% du méthane.

Si on dit que la consommation de « viande » va doubler d’ici 10 ans,
alors on imagine facilement les conséquences!

Alors quel intérêt de mettre en avant les boeufs et d’appeler à les
remplacer? Il s’agit simplement, et on le voit facilement, de maintenir
les choses telles qu’elles sont, de repousser au plus tard possible
l’inéluctable prise de conscience de l’infâme logique où l’on s’est
enfermé.

Toute cette histoire de « développement durable » est un maquillage
et une tentative de moderniser l’exploitation animale. Les
réformes promettent beaucoup, mais n’engagent que ceux et celles qui veulent y croire, ou qui ont assez de naïveté pour penser qu’on peut s’en sortir sans remise en cause générale.

Mais c’est inévitable, il faut tout changer…

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