La mairie de Paris veut exterminer les corneilles

C’est encore une fois une chose inqualifiable à laquelle on a droit, et la France atteint un niveau toujours plus effrayant dans l’antinaturel le plus primaire. La mairie de Paris a décidé d’exterminer les corneilles, et il est également beaucoup parlé des rats parisiens ces derniers temps dans les médias.

Ainsi, on a Paris qui est une ville d’une saleté repoussante. Un exemple connu est par exemple le parc des Buttes Chaumont, qui est d’ailleurs une construction artificielle de bout en bout avec une fausse cascade, etc., qui regorge de saletés les plus diverses, de détritus dispersés un peu partout, dans l’herbe comme dans les buissons.

Ajoutons également à cela des abandons réguliers d’animaux là-bas, avec en plus parmi ceux-ci des abandons issus de rituels de magie noire africaine (ce qui amène la présence de poules entre autres), etc. Ou encore que la mairie ne nourrit même plus les oiseaux présents, comme les canards, mis là-bas pour faire décoration (et donc que l’on a mutilé pour qu’ils ne puissent pas voler).

Mais ce qui est vrai pour les Buttes Chaumont est valable pour les autres parcs : les Français ont une notion très personnelle de l’hygiène et Paris n’est ni la ville suisse de Genève, ni la ville autrichienne de Vienne, où disperser ses ordures ailleurs que dans les poubelles est pratiquement considéré comme criminel…

Par conséquent, les humains n’étant pas les seuls êtres vivants, de nombreux animaux se procurent leur nourriture en profitant de l’aubaine. Le cas des renards est connu pour Londres, mais ceux-ci sont également massivement présent au bois de Vincennes en périphérie de Paris, et ils fouillent également les poubelles des alentours…

Tout cela, cependant, n’est connu que des gens s’investissant pour les animaux.

Cela n’intéresse nullement la mairie de Paris, qui n’en a simplement rien à faire des animaux alors qu’elle aurait largement de quoi s’organiser pour les protéger.

Donc au lieu de rendre la ville plus propre, la mairie de Paris choisit l’extermination. La corneille est classée « espèce nuisible », dans un nouveau pathétique et criminel combat contre la Nature.

Dans ce contexte, les médias ont d’ailleurs repris une argumentation déjà présente depuis quelques temps, et digne du film à sensations de Hitchcock, Les oiseaux. Il a ainsi été question d’une caissière de supermarché qui a été attaquée et hospitalisée pour traumatisme crânien, et des promeneurs dans le même quartier (dans le parc de la Cité universitaire) auraient eux aussi subi des attaques.

Le journal gratuit métro raconte d’ailleurs:

« Une quinquagénaire qui marchait sous les arbres de la Cité universitaire (14e arrondissement) a ainsi été prise pour cible, déséquilibrée et blessées par les oiseaux agressifs. »

C’est subtil comme construction, cela rappelle les nazis dans le principe de généralisation irrationnelle, d’interprétation délirante.

Et la mairie de Paris s’appuie là-dessus… Alors qu’elle dit pourtant sur son site, sur une page consacrée à la biodiversité et aux corneilles en particulier:

« Pendant la période de reproduction, après la naissance des petits, aux alentours de la mi-mai à la mi-juin, les parents défendent les oisillons des menaces éventuelles. Les corneilles sont alors susceptibles d’exprimer un comportement défensif si on s’approche de leur progéniture (souvent cachée dans un bosquet). »

Citons d’ailleurs ici un article du Parisien datant de juin; la première citation est celle d’une personne du XIVe arrondissement qui réagit de manière irrationnelle, la seconde donne une explication sérieuse…

« Je me baladais avec mon chien, raconte Véronique. Tout à coup, un oiseau noir a foncé sur nous. J’ai eu le temps d’attraper mon chien dans mes bras. Mais la corneille revenait vers nous pour nous attaquer. J’ai pris la laisse et je l’ai brandie en mode lasso pour la faire fuir ! Ce sont vraiment des sales bêtes ! »

« Elles sont en pleine période de reproduction, décrypte Jacques Cuisin, spécialiste des oiseaux au Muséum. Elles nichent dans les arbres et défendent leur nid. La corneille est une sorte de corbeau des villes. A l’origine, c’est un oiseau charognard qui aime les poubelles. Leur existence dans la capitale est liée aux deux forêts, de Vincennes et Boulogne. »

Ainsi, c’est tout simple. La ville de Paris est sale et les corneilles se procurent aisément de la nourriture. En conclusion Paris n’a qu’a être propre. Ensuite, les gens découvrent que dans les endroits naturels, dans la mesure où les parcs parisiens peuvent l’être, il y a des animaux, qui vivent leur vie, et protègent leurs enfants…

C’est une logique anti-naturelle exterminationniste. Et la palme du pathétique revient ici à Carine Petit, maire socialiste du XIVe arrondissement, qui se la joue « scientifique » dans son discours d’extermination:

« la corneille joue aussi un rôle de régulation de l’écosystème qu’il faut également prendre en compte que (…) cet oiseau fait partie des rares prédateurs présents à Paris qui participent au contrôle de certaines espèces susceptibles de devenir gênante comme les pigeons ramiers ».

C’est toute une vision du monde dénaturée qu’on voit ici, fondée sur l’anthropocentrisme et sa dimension exterminatrice.

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