La sanctuarisation et non la “compensation”

Le fait d’utiliser le terme de « Gaïa » pour désigner la planète Terre comme hébergeant la vie, qui elle-même forme un « grand ensemble » a bien entendu ceci de mauvais qu’il s’agit d’une personnification de type humaine, et donc ainsi réductrice, prétexte à d’éventuelles interprétations religieuses.

Cependant, cet aspect est tout à fait secondaire par rapport au fait de mettre en avant la Terre comme une entité réellement existante, comme quelque chose de tout à fait concret… et de tout à fait « sacré ».

Si quelqu’un critique l’emploi du terme de « Gaïa », soyez sûr d’y voir de la mauvaise foi, un simple prétexte pour célébrer l’ego d’une personne humaine se rêvant « unique », « indépendante » de tout, « libre » de ses choix. Si quelqu’un critique la Nature, soyez certain et certaine d’y voir quelqu’un refusant l’humanisme et les Lumières au nom d’une modernité où l’individu dispose d’une liberté « absolue ».

D’une liberté absolue comme celle de détruire une composante de la Nature et de la « compenser », dans un élan destructeur et une mentalité d’apprenti sorcier. Voilà pourquoi au terme de « compensation », il faut opposer le terme de « sanctuaire ».

Selon la définition du wiktionnaire, le terme de « sanctuaire » désigne plusieurs choses:

1. Lieu le plus saint d’un temple ; partie interdite aux profanes dans les temples consacrés aux divinités du paganisme.

2. (En particulier) (Christianisme) Partie de l’église où est le maitre-autel et qui est ordinairement entourée d’un chancel.

3. (Par extension) (Histoire) Lieu où la puissance temporelle de l’État ne s’exerçait pas.

4. (Par extension) Édifice ou lieu consacré aux cérémonies d’un culte.

5. (Figuré) Lieu où s’exerce une activité profondément respectée ou particulièrement révérée.

Les sanctuaires pour animaux ne sont ici pas précisés ; le Larousse donne à peu près la même chose, mais avec en plus « Lieu protégé contre toute agression ».

Il y a également le verbe « sanctuariser », dont voici pareillement deux définitions du wiktionnaire :

1. Donner à un lieu, une chose le caractère sacré d’un sanctuaire.

2. (Par extension) rendre permanent, intangible.

Comme on le voit le terme de sanctuaire est lié à la religion, désignant quelque chose de « sacré ». Mais nous aussi nous devons dire qu’il y a des choses « sacrées » selon notre morale. Naturellement, les individualistes ne veulent pas de choses « sacrées » et encore moins de « morale », ils veulent des choix.

Mais tout choix est une illusion anthropocentrique. L’humanité ne peut pas vivre à côté de Gaïa. L’harmonie avec l’ensemble de la Nature est inévitable, et soit on sanctuarise des parties de la planète, soit on sancuarise des zones du type Tchernobyl et Fukushima.

Là où l’humanité dit de manière arrogante : on gère, on compense, on doit répondre : non, la Terre d’abord ! C’est la Terre qui doit décider, et pour comprendre ses décisions, c’est-à-dire sa nature, qui est précisément la Nature, il faut une humanité tournée vers elle et la reconnaissant comme existante.

La reconnaissance de Gaïa comme réalité est la réalité inéluctable du 21ème siècle, que ce soit par les catastrophes dûes aux déséquilibres provoqués par l’humanité, ou par une science authentique débarrassée de l’anthropocentrisme.

S’il fallait d’ailleurs ici résumer le concept de « Earth first ! », de « la Terre d’abord ! », ce serait ainsi le concept de « biocentrisme ». Ce qui compte c’est la vie comme processus général, et non pas le point de vue d’un individu humain ayant fait le fétiche de sa propre existence, de ses caprices, de son ego.

C’est l’ensemble qui compte, et l’ensemble de la vie, c’est le système-Terre. La reconnaissance de Gaïa est inéluctable, la généralisation des sanctuaires également.

Articles pouvant vous intéresser