“Non au Zoo de Fréjus”

“Non au zoo de Fréjus” est une campagne lancée en ce moment par des gens ayant enquêté sur la situation des animaux là-bas et bien entendu elle est terrible.

De nombreux articles ont été publiés de-ci de-là, les médias en ont également parlé. Voici un article engagé publié sur un blog du Nouvel Observateur. Les photos associées à cette enquête sont notamment ici et là.

L’article n’exige pas la fermeture des zoos. C’est indéniablement une erreur: le principe même des zoos est une honte. La torture de l’enfermement est associé à une intolérable “distraction” anthropocentriste.

Il faut ici bien avoir conscience de ce qui se passe d’ailleurs. On se souvient la semaine dernière de la réaction officielle du zoo de Vincennes, d’un cynisme absolu, à la mort d’un lamantin (Barry, le lamantin assassiné au zoo de Vincennes). Cela c’est la version “ultra-moderne” d’un zoo “ultra-moderne”, une vision “clinique” maquillée en distraction du type “Disneyland”.

Les autres sont sans moyens, avec des aménagements périclitant… et avec la crise économique c’est simplement l’enfer.

Non seulement les moyens disparaissent et les zoos existent dans des conditions souvent illégales mais “tolérées” par les préfectures car “il en faut un”… Mais en plus les humains y travaillant acceptent tout, sont de plus en plus blasés, passifs et sans conscience, à l’image de la société.

Comme tristement d’habitude, la condition animale reflète les contradictions et l’indifférence humaine! Et il ne s’agit pas que de briser l’indifférence sur ce plan, comme le veut le réformisme, mais arriver à l’universalisme et reconnaître les animaux, la Nature, en tant que tel!

Éléphants assoiffés, loup blessé, ara déplumé… J’ai visité le zoo de Fréjus, une horreur

Ouvert depuis 1971, le parc zoologique de Fréjus accueille 110 espèces d’animaux sauvages sur 20 hectares. Lisa habite la région depuis toujours. À la suite d’une visite du zoo en juillet dernier, elle a observé des animaux assoiffés, sans ombre, parqués dans des enclos sales. Choquée, elle a décidé de lancer une pétition.

Je ne suis pas une habituée des zoos. Voir des animaux en cage, très peu pour moi. Mais j’habite Saint-Raphaël et il se trouve que le zoo de Fréjus est tout près de chez moi.

J’y étais déjà allée enfant et je l’avais trouvé triste, mais ce n’est qu’il y a un mois que les conditions de vie misérables des animaux m’ont littéralement sauté aux yeux.

J’ai bien conscience que je ne suis qu’une citoyenne lambda. Mais nul besoin d’être experte pour constater des lacunes des soins vétérinaires, la saleté repoussante des enclos, l’eau souillée et surtout l’air malheureux de tous ces prisonniers exploités.

Ce témoignage est celui d’une simple visiteuse qui a été profondément choquée par ce qu’elle a vu.

Un hippopotame nageant dans ses excréments

Le 2 juillet dernier, accompagnée d’une amie, j’ai décidé de remettre les pieds au zoo de Fréjus. Immédiatement, j’ai été surprise de constater qu’un grand nombre d’animaux avaient des gamelles d’eau vides.

Arrivée devant l’enclos des poneys, mon amie qui fait de l’équitation, m’a fait remarquer que les animaux n’étaient pas parés, c’est-à-dire que leurs sabots n’ont pas été entretenus et la pousse a donc été plus rapide que l’usure. À tel point que l’un des équidés se tordait le postérieur gauche quand il marchait. Ces soins ne devaient pas avoir été faits depuis plusieurs mois.

Face au bassin de l’hippopotame, j’ai été dégoûtée de voir qu’il nageait dans ses excréments. L’eau était croupie, verdâtre, et le pauvre animal tentait tant bien que mal d’y patauger. Nous sommes retournées au zoo le 21 juillet. Heureusement l’eau avait été changée entre mes deux visites, certainement suite à la publication des photos et vidéos.

Un loup blessé, un perroquet déplumé

Le loup, qui fait une tranchée du matin au soir devant le grillage comme un fou de désespoir et de solitude, avait lui les oreilles dans un piteux état et une vilaine plaie suintante sur le dos.

Je ne suis pas vétérinaire et je serais dans l’incapacité de vous en donner les raisons. Mais lorsque j’y suis retournée trois semaines plus tard, l’animal ne semblait pas avoir été soigné.

’ai demandé à une soigneuse une explication pour ces blessures. Elle m’a répondu que c’était lié au stress, qu’il n’avait pas toute sa tête et qu’on lui administrait du Nervosil, un médicament homéopathique. Seulement ? Pas d’antibiotique ?

Et puis, il y a eu ce Ara à qui il manque trois doigts et un perroquet qui ne cesse pas de se piquer. Stress ou maladie ? Je ne sais pas.

J’ai essayé de comprendre

Profondément choquée, j’ai décidé en rentrant chez moi de créer une page Facebook “Non au Zoo de Fréjus“, une pétition sur change.org  et surtout d’avertir les autorités sanitaires concernées. J’ai alors appris qu’une pétition avait déjà été lancée par G.A.L.A deux ans plus tôt et qu’une enquêtrice de la Fondation Brigitte Bardot était intervenue en 2011. Je suis rentrée en contact avec elle.

J’avais pris des photos pendant ma visite pour les faire examiner par des experts et pour les montrer aux associations de protection animale.

La plupart des autorités (mairie, associations, etc.) étaient au courant des conditions désastreuses de ces animaux, mais on m’a expliqué qu’elles ne pouvaient rien faire car il s’agissait d’un zoo privé.

Je voulais aussi savoir si j’avais été la seule à observer de telles négligences. Les témoignages ont afflué sur la page Facebook. Des anciens soigneurs, des visiteurs comme moi, des associations, tous appuyaient mes accusations. Les critiques publiées sur Tripadvisor sont elles aussi édifiantes.

En moins d’une semaine, notre pétition a réuni plus de 10.000 signatures.

Un éléphant qui tourne en rond

Le 21 juillet, lors de ma seconde visite, et peut-être avec l’engouement de notre page Facebook, certaines choses s’étaient améliorées, mais pas toutes.

Exemple, il y a à Fréjus deux éléphants mais qui sont séparés, chacun dans un enclos de 500 m2. Ils n’ont ni ombre, ni point d’eau adapté, ni végétation. Gina tourne inlassablement en rond, laissant des marques au sol et Kim secoue la tête en permanence, tous deux victimes de tocs. Mais qui n’en aurait pas avec un tel stress ?

On m’avait signalé entre-temps l’existence d’une panthère. Je ne l’avais pas remarquée lors de ma première visite et pour cause elle se trouve dans un enclos caché aux yeux de tous. Il faut monter tout en haut des gradins de l’ancien espace dédié aux spectacles de fauves pour pouvoir l’apercevoir.

Elle est seule, sans ombre encore une fois, le ventre tombant par terre. J’ai demandé une explication. On m’a répondu qu’elle était vieille. Puis, une autre personne m’a dit qu’elle avait eu des bébés. Je n’ai pas vu de bébés.

Je n’ai pas vu non plus vu Jimmy le chimpanzé, qui s’était enfui de son enclos mi-juin provoquant une panique parmi les élèves de maternelle qui se trouvaient là. Le zoo respecte-t-il réellement les normes de sécurité, étant donné que ce n’est pas la seule évasion qui ait été constatée ?

En rentrant, j’ai décidé d’adresser une lettre ouverte au zoo pour réclamer des explications. Personne ne m’a répondu depuis.

Impossible de fermer les yeux

Je ne sais pas comment expliquer cette situation. S’agit-il d’un problème de budget, de soins, de gestion ou de place ? Peu importe, ce n’est pas à moi de trancher, mais il n’est pas question que je ferme les yeux sur ce qui se passe.

Le 11 août, nous avons eu un rendez-vous avec la direction départementale de la protection des populations (DDPP) pour leur expliquer la situation car ils sont les seuls en droit d’intervenir. Ils nous ont assuré une réponse d’ici fin septembre. Si rien ne change, nous irons manifester devant les locaux de la DDPP à Toulon.

Je ne demande pas nécessairement la fermeture du zoo, simplement que les autorités agissent, et vite. Qu’on aime ou non les animaux, on ne peut pas, ne serait-ce que par dignité, les laisser dans cette situation.

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