« A la SPA, tout le monde peut adopter »

Aujourd’hui et hier avaient lieu les journées portes ouvertes aux 56 refuges de la SPA. Nous espérons bien évidemment que plusieurs animaux ont trouvé une famille sérieuse et responsable qui saura choyer et assumer cet être vivant, et ce jusqu’au bout !

La campagne publicitaire de la SPA pour cette occasion vantait que « A la SPA, tout le monde peut adopter ». Ce principe, basé sur le refus de la non discrimination (l’on voit un couple d’hommes sur une de leurs affiches) pourrait être correct si l’on ne cherchait pas à caser les animaux à tout prix. Car disons le clairement, non, tout le monde ne peut pas adopter un animal.

Prenons par exemple l’affiche avec un homme âgé dessus. Pour commencer, cet homme n’est rien de moins qu’un éleveur, une personne qui participe à l’exploitation des animaux. Quand on se prend pour une association qui veut le bien des animaux, mettre en avant un éleveur comme une personne potentiellement digne d’adopter un chien, c’est loin d’être correct. Pourquoi ne pas en avant un chasseur pendant qu’on y est ?! Le respect du monde animal dans son intégralité est bien loin…

Pour en revenir au sujet, non tout le monde ne peut pas adopter, car un animal demande de l’attention, de l’énergie, de la disponibilité. Si il y a bien quelque chose de pas sérieux, c’est bien les personnes âgées et les animaux « domestiques ». Qui n’a jamais vu dans la rue une personne âgée marchant tant bien que mal avec sa canne et un petit chien ? Qui n’a jamais vu dans la rue une personne âgée complètement voûtée se faire traîner par son petit chien en laisse ?

Cette situation n’est pas correcte.  Alors l’on pourrait nous dire que ces animaux « domestiques » sont une compagnie pour ces personnes seules et souvent délaissées. Que ces animaux sont un bon prétexte pour que la personne garde un minimum d’autonomie et de vitalité en sortant son chien tous les jours.

Sauf que les animaux ne sont pas des distractions affectives et physiques. Les animaux des refuges sont parfois difficiles « à gérer » et une personne âgée ne peut pas être en mesure de faire cela, et ce n’est pas à elle de le faire.

Par exemple, en promenade dans la rue le petit chien de la personne âgée se retrouve confronté à un gros chien, le petit chien prend peur et s’enfuit, une personne âgée sera-t-elle capable de courir après son chien, de lui éviter de se faire écraser par une voiture ?

Si la personne âgée tombe, elle, gravement malade, que va devenir le petit chien ? A-t-elle de la famille qui souhaite s’occuper et prendre en charge cet être vivant qui n’a rien demandé à personne ?

Si le petit chien tombe gravement malade, la personne âgée sera-t-elle en mesure de faire des allers-retours chez le vétérinaire ? De faire des soins parfois difficiles avec un animal qui peut souffrir et devenir agressif ? La personne âgée sera-t-elle capable d’emmener son petit chien en urgence en consultation vétérinaire de nuit ?

Non, nous en doutons !

Et ce n’est pas aux animaux de compenser les manquements des humains. Les animaux ne sont pas des esclaves, des êtres vivants à exploiter pour faire ce que les humains doivent faire. La situation des personnes âgées est un scandale, un drame. On n’a pas y ajouter l’ignominie.

Ne plus adopter d’animaux à partir d’un certain est juste une question de bon sens. Il faut savoir être sérieux et penser à l’avenir court qui s’offre aux personnes âgées qui ont souvent déjà, bien dû mal à s’occuper correctement d’elles mêmes.

L’on pourrait encore nous dire que nous en faisons trop, que tout est exagéré, et que le principal est que les animaux sortent des refuges et qu’ils ne soient pas euthanasiés dans ces refuges-mouroirs.

Un tel principe relève du pragmatisme catastrophiste, qui en plus d’être moralement faux, est totalement inopérant dans les faits. Plus on réduit le statut des animaux, plus on fait empirer leur situation à moyen terme.

La réalité ne peut pas être « bradée », même au profit de « bons sentiments ». Les faits sont les faits et tout est une question de systématisation d’un rapport nouveau avec les animaux.

Est-ce sérieux de se dire Société Protectrice des Animaux est de véhiculer cette image où l’on veut vider les refuges à tout prix ? Est-ce sérieux de sous-entendre cette idée que les critères d’adoption ne sont ni très poussés ni très regardants envers les futurs adoptants et futures adoptantes ? De jouer sur les stéréotypes, d’ailleurs, lors du choix de l’animal à adopter?

Probablement que l’unique but de ces affiches était d’attirer la foule lors des portes ouvertes… mais c’est vraiment dommage, car ces affiches auraient pu être convaincantes et positives pour tous ces animaux qui attendent dans les refuges.

Mais non, dire que « tout le monde peut adopter » n’est pas réaliste, ni sérieux, on ne se débarrasse pas d’un être vivant à n’importe quel prix, on ne solde pas un être vivant, on ne fait pas adopter un être vivant au premier venu.

Ces animaux ont droit au respect et ils ont le devoir de vivre dans une famille sérieuse et responsable qui sera triée sur le volet. Si bien entendu les faits sont très complexes, il n’y a pas lieu, comme le fait la SPA (de Paris) ici, de les réduire à une « possibilité », de présenter l’accès à l’adoption comme d’une simple formalité, etc.

Si c’est très difficile dans les faits d’appliquer cela, en raison de la terrible situation des refuges, il ne faut pas pour autant capituler culturellement, sinon c’est la catastrophe à moyen terme!

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