De nouveau sur les barbares de Nantes

Ecoeurement, révolte : ce qu’ont fait les agriculteurs à Nantes en montrant au grand jour la dimension arriérée de leur démarche et de leur culture. Les réactions sont nombreuses et virulentes, au point que Xavier Beulin, le président de la FNSEA, qui récemment dénonçait encore les « djihadistes verts », s’est vu obligé de dire que :

« Je considère que c’est une connerie et je ne cautionne pas ce genre de dérapage. »

Hypocrisie bien sûr: c’est un simple choix tactique pour paraître « responsable ». Mais c’est trop tard. Car à force de se comporter en fascistes et de célébrer leur corporatisme au moyen de coups de force divers et variés (comme avec les « bonnets rouges » incendiant ici et là), tous ces gens n’ont pas fait seulement exercer une « pression » : ils révèlent leur visage.

On a pu voir des hommes – et uniquement des hommes – vociférant, frappant des animaux sans défense, après les avoir transporté dans des caddies servant de cage, dans un rassemblement de masse dont le niveau culturel a été le même qu’il y a 2500 ou 3000 ans chez les barbares.

Sauf que cette barbarie, ici, a été « intellectualisée », elle se veut « justifiée » et prétend même représenter l’avenir ! Voici ce qu’a expliqué notamment Alain Bernier, président de la FNSEA 44, sans honte aucune :

«C’est scandaleux que tout le monde se focalise sur cette histoire alors que cette manifestation à risques a été gérée de main de maître, sans la moindre casse. Il y a visiblement un décalage profond entre les citadins et le monde rural.

Il faudrait que les citadins sortent un peu de chez eux, mettent des bottes, pour voir notre réalité. Les ragondins sont des animaux nuisibles! Ils détruisent les ruisseaux, les berges, les récoltes, véhiculent des maladies pour le bétail.

Ils peuvent aussi être dangereux et agressifs pour l’homme. C’est un fléau pour notre profession et nos campagnes. Ce n’est pas pour rien qu’ils sont piégés.»

Ce discours est typique ; il relève de l’esprit génocidaire fondé sur l’anthropocentrisme, esprit qui se veut « justifié » par la défense de l’humanité et de ses acquis. Comme si cette action représentait donc la défense de la civilisation, pas moins !

Et cette mentalité barbare, on la retrouve même chez des « défenseurs » des animaux. Par exemple, Ariane Ambrosini, qui est responsable du service juridique de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) a expliqué dans des médias que « Personne ne remet en question ce statut d’animal nuisible. La destruction peut se faire ».

La Ligue ROC dit pareillement que « La destruction du ragondin est possible mais coûteuse. Elle ne se justifie que lorsque les fortes densités de population provoquent localement des dégâts importants. »

De tels propos sont odieux, criminels. Car d’où vient le ragondin ? D’Amérique du Nord. Et comment est-on arrivé à ce qu’il soit présent désormais dans 70 départements français ? En raison de l’exploitation animale, en l’occurrence les « élevages » pour la « fourrure ».

Et donc l’humanité, après avoir exploité cette espèce, se donnerait le droit de l’exterminer comme bon lui semble ? Voilà une mentalité de « gestionnaire » totalement illusoire. La prétention de l’humanité à gérer la vie est criminelle et totalement vaine. La vie est un ensemble et il est absurde de penser que l’espèce humaine en serait la reine.

Le 21e siècle ne peut consister qu’en une remise en cause de toute cette prétention. Depuis le réchauffement climatique jusqu’à la barbarie à Nantes à l’encontre des ragondins, il y a la même logique destructrice.

Au nom du profit et de l’égoïsme, au nom de l’exploitation animale et de la barbarie, tout serait donc permis ? Impossible, la planète abrite la vie de manière trop complexe pour que l’humanité puisse aussi simplement que cela, en quelques centaines d’années, anéantir des millions d’années d’évolution.

L’humanité a accumulé des connaissances et des moyens, mais sans une reconnaissance de la Nature, elle se place elle-même hors de la réalité, elle se condamne, à la barbarie et à la destruction.







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