« Halte à la surpopulation – Oui à la préservation durable des ressources naturelles »

En Suisse, ce week-end, il y a eu un référendum organisé à la suite d’une campagne d’Écologie et population (Ecopop).

De quoi s’agit-il ? C’est ici assez particulier. En fait, au nom de l’écologie, Ecopop a mené campagne en faveur de ce qu’on appelle le malthusianisme, une idéologie qui considère que la source des problèmes est la surpopulation.

Ecopop demandait ainsi que la Suisse limite le solde migratoire annuel du pays à 0,2 % de la population : cela signifie que chaque année, 16 000 personnes au maximum auraient le droit de s’installer en Suisse.

A cela s’ajoute que la Suisse devrait, selon Ecopop, consacrer 10 % de ses fonds d’aides au développement au contrôle des naissance dans le tiers-monde.

Voici les arguments d’Ecopop:

La population mondiale connaît la plus forte croissance de son histoire: une menace pour la planète

De 1,6 milliard en 1900, la population mondiale a augmenté à 7 milliards aujourd’hui: elle a donc quadruplé. La capacité écologique de la planète est mise à rude épreuve, les ressources naturelles se font rares.

Les pays les plus pauvres sont le plus durement touchés

Dans les 50 pays les plus pauvres du monde, les femmes ont en moyenne 5 à 6 enfants, souvent dès l’âge de 15 ans. Un fait qui compromet la santé des mères et freine l’évolution économique et sociale de ces pays. Nombreuses sont les femmes qui aimeraient pratiquer la contraception, mais n’y ont pas accès. La pauvreté et le chômage poussent les habitants à émigrer en Europe ou aux Etats-Unis, la Suisse faisant partie des destinations les plus attrayantes.

Forte augmentation de la population en Suisse

Depuis que les dispositions régissant l’immigration de citoyens européens ont été levées en mai 2007, la croissance annuelle de la population est de 1,1% à 1,4% en Suisse. Il est possible d’en imputer près de 80% à l’immigration. Cela signifie que le nombre d’habitants augmente cinq fois plus vite environ que celui de l’Europe, un taux de croissance qui atteint des valeurs comparables à celle de nouveaux pays industrialisés comme l’Inde.

Le bétonnage de la Suisse fait surgir une nouvelle ville de la taille de Saint-Gall tous les ans. Dans 20 ans, nous nous retrouverons ainsi avec une vingtaine de Saint-Gall supplémentaires, c’est-à-dire une tous les 15 kilomètres entre Saint-Gall et Genève. Si on y ajoute l’habitat déjà existant, nous obtiendrons un couloir urbain continu dans le Mittelland. Densifier la construction peut, dans une certaine mesure, remédier à cette situation: cependant, c’est une façon de lutter contre les symptômes qui engendre de nouveaux problèmes.

Dégradation de la nature et de l’infrastructure en Suisse

Bouchons sur les routes, trains bondés, loyers en hausse, terres agricoles construites, disparition des espèces: la pression démographique réduit la qualité de vie et évince la nature.

Les limites d’immigration exigées sont compatibles avec celles de l’UE

En moyenne, le solde migratoire de l’UE entre 1997 et 2007 se situait à 0,26%; si on ne tient pas compte de l’Espagne, de l’Italie et de la Grande-Bretagne, il était même inférieur à 0,2%. La limite exigée de 0,2% est donc compatible avec celle de l’UE, l’immigration nette resterait plus élevée en Suisse que dans la plupart des pays européens.

Économiquement tolérable, assez de personnel qualifié

En moyenne, 1,1% de la population quitte la Suisse tous les ans. Avec une limite de 0,2% d’immigration nette, la population suisse pourrait se renouveler à raison de 1,3%. Ainsi, une proportion plus importante de personnel qualifié pourrait immigrer en Suisse que dans la plupart des pays européens.

Préparons notre avenir – consolidons les bases de notre existence!

Le planning familial volontaire dans les pays en voie de développement facilite leur évolution sanitaire, économique et sociale et ménage la nature. Limiter l’immigration en Suisse permet de conserver des terres agricoles et de laisser davantage de place à la nature et à l’homme.

Le référendum – les demandes d’Ecopop ayant été résumé sous la formule « Halte à la surpopulation – Oui à la préservation durable des ressources naturelles » – a abouti à un échec : 74 % ont voté non. 1,9 million on voté non, 671 000 oui, la participation a été d’un peu moins de 50 %.

Pourquoi ? Tout simplement, parce que les gens ont bien compris que l’idée derrière tout cela, ce n’est pas la défense de la Nature, mais simplement le souhait de faire de la Suisse une sorte de gros bunker.

La société humaine mondiale connaît de profonds déséquilibres, et ces gens voudraient que la Suisse se maintienne à l’écart… Sauf que ce n’est pas possible, ni souhaitable, et les gens n’ont pas été dupes de la manip d’Ecopop.

Les médias ont d’ailleurs largement et facilement critiqué Ecopop et ses souhaits de couper la Suisse du reste de l’Europe. Tout cela est juste une question de stratégie pour garder ses gros sous: la Suisse aura-t-elle de bons coffre-forts bien remplis en fermant ses frontières un peu, moyennement, beaucoup, pas du tout?

SI l’on regarde les choses sérieusement, cela ne signifie pas bien sûr que la question de la population humaine et de son habitat n’est pas cruciale.

Si la planète doit redevenir bleue et verte, alors cela veut dire généraliser les sanctuaires et donc priver l’humanité d’interférence avec d’importantes zones. L’Amazonie, par exemple, doit devenir un sanctuaire.

Il est évident également que le bétonnage des pays, que ce soit la France ou la Suisse, doit être stoppé, et que cela va forcément avec une organisation différente des habitations.

La conception libérale où quelqu’un achète et construit où il veut car il peut appartient au siècle précèdent. Désormais, tout doit être organisé pour être en harmonie avec la planète.

Mais il serait faux de penser que c’est la croissance démographique le problème, alors que celle-ci est une conséquence de l’organisation sociale, économique, qui présuppose un certain rapport à la Nature.

Ainsi, si la Suisse est bétonnée, ce n’est pas en raison de l’immigration, mais de l’économie qui place des gens comme bon lui semble, en fonction des profits.

Pareillement, si des gens viennent par exemple de villages du Bangladesh pour vendre des fruits dans le métro parisien, ce n’est pas en raison de la croissance démographique, mais d’une situation sociale n’obéissant qu’aux lois du profit et de la destruction de la Nature.

La base de l’émigration, de l’immigration, c’est l’urbanisation massive aux dépens de la planète, et en fonction des besoins économiques des pays riches. Les bouleversements que cela implique jettent les gens dans un mouvement de migrations planétaires.

C’est pareil pour l’organisation des routes, qui dépend des besoins des entreprises : il faut être bien naïf, ou faussement naïf, pour penser comme Ecopop que l’immigration est la cause des bouchons sur les routes et des trains bondés !

C’est une question générale de mode de vie, de rapport à la Nature, d’une attitude profondément non harmonieuse de la part de l’humanité, comme le film Koyaanisqatsi le souligne si bien.

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