Le véganisme ne s’imposera pas par en haut

Aimer les animaux, c’est ouvrir ses sens à la Nature, et le véganisme n’est pas la fin d’un processus, mais bien le départ d’une nouvelle approche de la vie.

Malheureusement, l’esprit de capitulation par rapport aux exigences du véganisme est si fort en France que prédomine l’approche menteuse et hypocrite de réformes censées aboutir à quelque chose on ne sait pas trop quand, mais en tout cas dans longtemps.

Les changements administratifs résoudraient tous les problèmes. Pourtant, ces derniers jours témoignent du caractère fondamentalement erroné de la méthode consistant à tenter de faire passer des « réformes » par en haut.

Le seul résultat est la diffusion d’illusions ; dans le concret, cela ne change rien, ou bien les apparences seulement. Prenons par exemple l’amendement Glavany, adopté par l’Assemblée nationale le 15 avril 2014, qui était censé accordé un « statut juridique » aux animaux.

Cela a été considéré comme un triomphe par l’ensemble des réformistes, et parfois présenté comme une sorte de révolution intellectuelle. Or, le sénat vient simplement de le supprimer, aussi simplement que cela.

Pour mémoire, lorsqu’une loi doit passer, elle fait la navette assemblée nationale > sénat > assemblée nationale, et donc l’amendement pourra théoriquement encore passer. Mais déjà que le contenu ne disait pratiquement rien, si en plus le sénat le « retoque », il y a peu de chances, et en tout cas cela casse toute une « dynamique » dont, finalement, personne n’aura rien vu.

Un autre fait concerne la vivisection. Officiellement, l’Union Européenne est censée suivre la direction 3 R – réduction, raffinement, remplacement. En clair, la vivisection est censée être réduite au « strict minimum », selon bien entendu des critères aussi opposés aux animaux que par ailleurs imprécis.

Or, on est en train de s’apercevoir qu’un arrêté préfectoral a autorisé « l’élevage » de primates de Niederhausbergen dans le Bas-Rhin de passer de 800 à 1 600 animaux. Aussi simplement que cela.

C’est dire la tendance actuelle ; en France, la vivisection n’est pas menacée, elle est tout à fait intégrée à l’idéologie dominante. En France, on torture des ouistitis, des macaques…

Regardons encore un autre fait, et citons ici le site de Nantes NALO :

L’association L214 avait fais un petit buzz il y a quelques temps en publiant des images tournées entre autre au sein de l’usine vendéenne Ernest Soulard, qui produit du foie gras donc. Les images sont effectivement insoutenables.

En se basant sur ces images, l’association a porté plainte contre l’entreprise pour «actes de cruauté». Le procès avait lieu la semaine dernière à la Roche-sur-Yon. Sans grande surprise, le procureur de la République a requit la relaxe pour l’entreprise. Il a élégamment requis 10 000€ d’amende… contre L214 ! (pour dégradations)

Que d’énergie gâchée, encore une fois. Comment peut-on se faire d’illusions sur le droit et penser qu’il suffirait de trouver des failles pour changer la réalité des faits ?

Tout le monde sait bien que le droit ne reflète jamais qu’un rapport de force : s’il y a une grande pression populaire ou bien un activisme très large exerçant une pression flagrante, alors là le droit se négocie, n’importe quelle grève le prouve.

Ce n’est pas une question d’avocat ou de faille juridique, c’est une question de rapport de force. Ainsi, l’idée de changer les mentalités par les institutions n’a aucun sens, puisque ces institutions ne sont pas neutres, mais dépendantes et tributaires de forces sociales.

Prenons par exemple l’arrêté préfectoral : c’est le préfet qui décide, comme bon lui semble. Il n’est pas élu. Ce qu’il décide, il le décide selon des critères d’efficacité et d’ordre public. Pareillement, le sénat est élu mais d’une telle manière qu’il est uniquement composé de notables, puisque les sénateurs sont élus par les élus.

N’importe qui observant cela se doute bien que là il n’y a que des situations de blocage de tout qui pourrait provoquer des « soucis » aux institutions… Enfin, pour ce qui concerne le procès de la Roche-sur-Yon, il est évident que ce n’est pas un tribunal local qui va se lancer dans une grande opération de rébellion contre l’ordre public et ses « traditions »…

Il n’y a franchement rien de démocratique à espérer passer par les institutions, et finalement on comprend pourquoi les réformistes usent et abusent d’images glauques et d’approches « spectaculaires » (comme le marquage au fer rouge de « 269 »).

Il ne s’agit pas de convaincre un maximum de gens pour que leur point de vue change et qu’ils se confrontent à l’exploitation animale à tous les animaux. Il s’agit, dans une mentalité très religieuse, d’exiger que le système s’auto-réforme, par en haut, en passant par-dessus la tête des gens.

L’approche des réformistes c’est de dire : changeons le menu de la cantine ici, faisons une loi sur le bien-être animal là-bas, vendons ici des produits « simili-carnés », utilisons là-bas des personnalités notamment du show-biz.

C’est la recherche perpétuelle d’un « truc » pour prétendre faire avancer les choses, sans jamais reconnaître la vérité en face, une vérité très simple : à l’échelle planétaire, l’exploitation animale est en croissance exponentielle.

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