« ISIS tue les pigeons et emprisonne, exécute ceux qui les élèvent »

Voici une image très particulière et qui mérite réflexion. C’est un tweet d’un organisme dépendant du gouvernement des États-Unis, et visant à critiquer les djihadistes.

Le texte dit :

« Les gens sans pitié d’ISIS [l’État islamique] tuent les pigeons et emprisonnent, exécutent ceux qui les élèvent ; les Kurdes les nourrissent – un fort contraste »

Il y a là quelque chose de très révélateur : on ne peut pas passer pour les « bons » sans aimer les animaux. Les gens aiment les animaux et montrer qu’on ne les aime pas ne passe pas. C’est pour cela que prétendre les aimer fait partie de la tradition du showbusiness (ce que PeTA feint de ne pas comprendre).

En pratique, pourtant, de manière organisée, la société des États-Unis est comme celle en France : elle considère les pigeons comme des nuisibles. En France, les mairies organisent les captures et les assassinats de pigeons, par exemple dans des mini chambres à gaz. C’est du meurtre, voire du génocide, dont le parallèle avec le meurtre industriel organisé à Auschwitz est évident.

Il est donc totalement hypocrite de prétendre que les gens d’ISIS seulement seraient des assassins concernant les pigeons. Cela montre le double jeu dès qu’il est parlé des animaux. C’est un peu comme le droit français qui reconnaît désormais les animaux comme des êtres vivants doués de sensibilité, sans que cela ne change rien à leur situation, puisqu’il s’agit légalement de marchandises et qu’une marchandise, par définition, s’achète, se vend, se loue, etc.

Ce n’est que par risque de trouble de l’opinion publique que l’État intervient, non pas en faveur des animaux « domestiques », mais en faveur de leur gestion.

Pour en revenir à ce dont parle le tweet, ce qu’il se passe est que dans les zones qu’ils contrôlent, les gens d’ISIS font régner la terreur. Une de leurs mesures, à laquelle il est ici fait allusion, concerne « l’élevage » de pigeons considéré désormais comme illicite.

Les gens d’ISIS ont condamné des gens le faisant, et ont apparemment au moins dans un cas enfermé les pigeons dans un sac et incendié le sac. L’histoire reste à vérifier, car elle rentre en contradiction formelle avec le principe connu de l’Islam selon laquelle aucune violence ne doit être faite « gratuitement » contre les animaux.

Après, l’Islam n’étant pas une religion centralisée, de multiples interprétations sont possibles : les pigeons ont pu être considérés comme des « idoles », et d’ailleurs l’Islam connaît de multiples rejets de l’élevage des pigeons, qui reste cependant une tradition forte voire reconnue dans des pays comme l’Iran ou le Pakistan.

Bref, tout cela montre encore une fois le rapport tortueux, et destructeur, que l’humanité entretient avec les animaux. Cela montre aussi que les religions sont une erreur profonde, car elles n’exposent pas, contrairement à ce qu’elles prétendent, de principes clairs concernant le rapport aux animaux.

Et quand on dit clairs, de notre côté nous voulons dire également : harmonieux, non destructeurs. Mais cela passe bien sûr par reconnaître que contrairement à ce que dit la religion en général, l’être humain est bien un animal. C’est un animal qui a développé certaines capacités, mais qui justement, par conséquent, a des responsabilités, un devoir de protection.

Dans les films de science-fiction, on a souvent le scénario des restes d’une humanité prenant un vaisseau spatial et s’enfuyant loin d’une planète en perdition. Une telle vision anthropocentriste est absolument intolérable. L’humanité doit protéger la planète, elle en est une composante ; son premier devoir d’ailleurs est désormais de reculer, pour que la planète redevienne bleue et verte.

Après, elle peut amener la vie sur d’autres planètes qui ne la connaissent pas, bien sûr, mais la Terre-mère est d’une importance absolue. C’est elle qui héberge la vie comme ensemble complexe, où tous les êtres vivants sont liés, où la vie s’est développée et multipliée dans un processus si long.

Hors de question d’accepter une humanité qui vient tout détruire en l’espace de quelques centaines d’années !

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