“Où est le porc français?”

La scène s’est déroulée dans un hypermarché près de Rennes, dans un coup d’éclat de la part des “éleveurs” dont on a l’habitude, avec à chaque fois, bien entendu, le soutien des médias qui apprécient tant le populisme que le spectaculaire.

En l’occurrence de la paille a été placée entre deux rayons, des porcelets installés, alors que les “éleveurs” posaient des graffitis sur la “viande” dont l’origine n’était pas indiquée. Leurs mots d’ordre étaient “Cochon sur paille oui, éleveur sur la paille non”, “Où est le porc français?”, “Exigez le logo VPF”..

Il y a peu, des gens se félicitaient que le code pénal inscrive dans ses lignes que les animaux sont des êtres sensibles. Voilà la réalité: les animaux sont des marchandises et leurs “droits” n’existent pas ailleurs que dans un rapport de force.

Les “éleveurs”, sachant que l’exploitation animale est parfaitement dominante, savent très bien ainsi qu’ils peuvent organiser de tels coups d’éclats, et qu’aucune plainte contre eux n’aboutira: jamais dans l’état actuel des choses un juge ira dénoncer leur attitude, leur maltraitance.

Il faudrait une pression énorme de la part de la population. On est loin, l’opinion publique étant parfaitement encadrée pour l’instant encore.

Regardons ainsi ces photos mises en avant dans les médias, qui sont absolument ignobles.

On a ici la négation de la réalité, l’expression d’esprits malades: montrer des porcelets à côté de produit issus du meurtre de cochons, c’est une démarche moralement honteuse, preuve d’une dénaturation complète, d’une logique de mort déréglant tout principe.

Et après certains parleront d’exploitation “correcte”? Mais c’est par définition impossible dans une logique d’exploitation, de mépris, de meurtre, de vente de “marchandises”.

“Régalez vous à la française” disent les “éleveurs”. Comme si le meurtre n’était pas le meurtre, comme si le meurtre “français” serait d’une portée différente sur le plan moral, sur le plan de la réalité pour le pauvre cochon assassiné!

Cette négation de l’universalisme, depuis Notre-Dame-des-Landes jusqu’aux “éleveurs” et autres apologistes du “terroir”, est significative: elle témoigne d’une époque malade, malade de ses crimes envers la Nature,  de son indifférence aux sens, au besoin et à l’envie de vivre!