« Ne ramassons pas les oisillons »?!

Voici un article publié par Ouest-France qui est extrêmement discutable, pour ne pas dire même franchement faux, au moins dans la présentation qui est faite.

Le thème est d’une très grande importance, il y a lieu de s’y attarder avec discernement.

Animaux. Ne ramassons pas les oisillons

Quoi de plus attendrissant qu’un petit oiseau tombé du nid, tout seul, qui piaille. Difficile de l’abandonner. Et pourtant…

« Souvent, mieux vaut le laisser sur place, prévient Anne-Laure Dugué, de la ligue de Protection des oiseaux (LPO). Ils sont rarement orphelins. Les parents ne sont pas très loin. »

Souvent, ils sont aux alentours, en train de chercher de la nourriture. « Pour en être sûr, mieux vaut s’éloigner et regarder. Si vous restez à côté, les parents ne viendront pas. » Pourtant, ils sont les plus à même d’élever leur couvée.

« Dans les centres de sauvegarde, ces oisillons tombés du nid constituent 40 % des effectifs. Et cela mobilise énormément de bénévoles. »

Une mésange doit recevoir la becquée toutes les deux heures.

Si un danger menace l’oisillon, comme un chat errant, une route fréquentée, mieux vaut le placer en hauteur sur une branche, un muret, le replacer dans son nid ou le cacher sous un buisson.

Ses parents ne seront pas gênés par votre odeur.

Si l’oiseau est blessé, il faut contacter la LPO ou un centre de sauvegarde.

Le fait de dire que les parents ne seront pas gênés par l’odeur humaine est tout à fait discutable. Il n’y a pas de point de vue scientifique clair à ce sujet.

Et quand nous parlons de scientifique, nous ne parlons pas ici des gens pratiquant la vivisection, mais des gens s’y connaissant dans la solidarité avec les oiseaux.

Ce qui est par contre indiscutable, c’est que prétendre qu’il ne faut pas ramasser les oisillons est criminel. Exception faite pour les bébés chouettes qui quittent leur nid en étant incapables de voler et en ayant encore du duvet. L’article sous-tend d’ailleurs clairement que les oisillons sont une grande charge pour l’association… C’est particulièrement glauque.

C’est carrément un appel, dans un esprit cynique, au dédain pour les oisillons. Le coup de cacher l’oisillon sous un buisson non seulement est d’une stupidité sans bornes, mais c’est même pratiquement de la bonne conscience catholique à l’extrême…

Ne sont pas rares les témoignages de personnes ayant trouvés des oisillons au sol, qui expliquent que la LPO conseille de les laisser sur place, malgré le danger des « prédateurs » et la survie impossible de l’oisillon tombé au sol. Le tout sous prétexte que ce serait « la nature »…

On peut même constater que derrière tout cela, il y a une approche masquée : celle du néo-darwinisme qui dit que seuls les plus aptes doivent survivre car telle serait le mouvement de l’évolution, etc. Ce n’est ni plus ni moins que du capitalisme appliqué à la Nature.

Là où c’est également honteux, c’est que la Ligue de Protection des Oiseaux nie les pigeons. A ses yeux, ils n’existent pas. Or, il est évident que les oisillons qu’on trouve le plus, ce sont justement des petits pigeons…

Dans les villes, il est impossible de ne pas tomber parfois (u régulièrement) sur un pigeon blessé, voire sur un oisillon tombé du nid.

Sans compter les gens faisant des travaux et se débarrassant des pigeons en les mettant dans un carton à côté d’une poubelle, au mieux !

Dans les campagnes, un incident peut arriver et l’oisillon peut tomber, et on devrait l’abandonner ?! On ne devrait pas s’attendrir, éprouver de la compassion, et l’aider ?!

On a là une idéologie terrible. Que des gens osent écrire et dire cela, c’est révoltant. Sacrée époque que la nôtre où le chacun pour soi l’emporte, où le repli nationaliste se développe, où on massacre sous prétexte de religion.

L’humanité est gorgée d’anthropocentrisme, d’égoïsme, d’individualisme, d’esprit du type « malheur aux vaincus », « seuls les forts survivent », etc.

On enseigne aux jeunes le scepticisme, le relativisme, le cynisme. C’est intolérable.

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