“La libération animale, quarante ans plus tard” à l’université Rennes 2 cette fin mai 2015

Nous en parlons régulièrement : les chiffres sont formels, l’exploitation animale est en pleine expansion à l’échelle mondiale. La Nature se fait attaquer sans commune mesure, les destructions sont innombrables.

Pourtant, certains feraient bien de cette réalité leur arrière-plan. Nous ne parlons pas ici de ceux qui profitent directement de l’exploitation animale, mais des intellectuels en soif de reconnaissance, qui sont ravis de pouvoir critiquer le monde mais en l’acceptant, de l’intérieur.

Quand une conférence sur la “libération animale” est soutenue par les institutions, comme ce le sera fin mai 2015, peut-on penser pourtant autre chose que cela ne vise qu’à intégrer cette cause dans l’ordre dominant, de faire en sorte de jeter de la poudre aux yeux afin de faire croire que les choses “peuvent” changer, voire qu’elles changent?

Ces intellectuels, méprisant le peuple, sont bien utiles pour parler d’oppression là où en réalité tout est issu de l’exploitation animale, permettant de dévier la lutte vers des culs-de-sac à coups d’actions “témoignages” ne touchant pas aux fondements du problème…

Le programme de cette escroquerie morale (et intellectuelle), où l’on trouvera Peter Singer ou encore Yves Bonnardel, se trouve ici. Le site qui lui est consacré est . Voici une présentation générale du “programme” (et rappelons qu’à Rennes se déroule une initiative “L’homme et l’animal” sur la même base).

L’équipe d’accueil Anglophonie : Communautés et Écritures (Université Rennes 2), le Centre de Recherche en Éthique (centre interuniversitaire québécois) et le laboratoire Conflits, représentations et dialogues dans l’univers anglosaxon (Université de Rouen) organisent les 28 et 29 mai 2015 à l’Université Rennes 2 un colloque intitulé « La libération animale, quarante ans plus tard ». Peter Singer, Ira W. Decamp Professor of Bioethics in the University Center for Human Values, Princeton University, ainsi que Jean-Yves Goffi, professeur émérite de l’Université de Grenoble II, France, y participeront à titre de conférenciers invités.

Dans son ouvrage intitulé La libération animale, le philosophe utilitariste Peter Singer développe trois grandes idées : le principe d’égale considération des intérêts, présenté comme le véritable fondement de l’égalité au sein de l’espèce humaine et pour tous les êtres sensibles ; le rejet du spécisme (la discrimination fondée sur l’espèce); et la conséquence pratique de ces deux idées, à savoir la nécessité de mettre un terme à certains types d’exploitation des animaux, notamment ceux qui ont trait à la recherche et l’élevage industriel. Cette œuvre phare a connu un retentissement immense.

À tel point que la publication de La libération animale, en 1975, a été présentée comme le moment clef dans l’émergence du mouvement éponyme. Cependant, le mouvement de libération animale ne saurait se réduire à la seule pensée singerienne.

D’une part, il est extrêmement protéiforme et fait l’objet de débats intenses à l’interne, entre les défenseurs des animaux eux-mêmes qui privilégient des approches diverses et dont les conclusions respectives s’avèrent parfois incompatibles, comme à l’externe, entre ceux qui cherchent à améliorer le sort des animaux et ceux qui défendent le statu quo ou contestent les arguments animalistes. D’autre part, il est sensiblement façonné par les cultures au sein desquelles il se développe.

L’objet de ce colloque sera de revenir sur le lien entre le mouvement de libération animale et les théories de Peter Singer qui, à tort ou à raison, en est perçu comme le père fondateur. Comment l’éthique animale de Peter Singer a-t-elle été accueillie depuis la publication de La libération animale ?

Quels échos a-t-elle trouvés dans les mouvements animalistes ? Quelles ont été les évolutions conceptuelles et pratiques de la libération animale contemporaine ? Quelle place la doctrine utilitariste, et son principe fondateur conséquentialiste, occupent-ils dans le travail de Singer et dans les débats qu’il a engendrés ? Quels sont les types d’approches en éthique animale auxquelles a mené la publication de Singer ?

Dans la perspective de cette rencontre, nous encourageons la confrontation de points de vue interdisciplinaires (études sur les aires anglophones, philosophie, sociologie, droit, histoire etc.).

Nous souhaitons par ailleurs que s’engage un dialogue entre les différentes approches théoriques : libération animale, droits des animaux, welfarisme, études critiques, statut politique des animaux, approche continentale etc.

On pourra notamment se pencher sur les thématiques suivantes (non exhaustives) :

L’antispécisme
Le principe d’égale considération des intérêts
Les analogies entre le spécisme et autres formes de discrimination
L’argument des cas marginaux
Le statut moral et juridique de « personne »
le débat qui oppose le fait de tuer et celui de faire souffrir
Les choix alimentaires : végétalisme, végétarisme, flexitarisme, régime omnivore (consciencieux ou non)
La question du remplacement des êtres tués
Les liens qu’entretient l’éthique animale avec les autres domaines de l’éthique appliquée : éthique de l’environnement, bioéthique, éthique médicale, etc.
L’utilitarisme vs. le déontologisme, l’éthique des vertus
La justice animale vue sous l’angle du libéralisme, du néo-conservatisme, du marxisme, de l’anarchisme, etc.

Les intervenants pourront s’exprimer en français ou en anglais.

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