Shell reconnaît le réchauffement climatique

C’est une information assez particulière. Les assemblées générales, tant de Shell que de BP, ont décidé que ces entreprises devaient assumer le réchauffement climatique. A la fin du mois, la question sera posée pareillement par les assemblées générales de Chevron et d’Exxon.

Un journal anglais, le Guardian, a révélé que dans un document interne de Shell, son PDG Ben van Beurden expliquait même ouvertement que :

« Tous les scénarios que l’on a étudié ne permettent pas aujourd’hui de limiter la hausse de température à 2 degrés – avec un calcul de 450 particules par million (ppm) de CO2 (gaz carbonique). Nous ne voyons pas les gouvernements prendre les mesures nécessaires dans ce sens pour le moment. »

Cela n’empêche pas la société en question de jouer de tout son poids pour empêcher que soit prise toute décision contraignante. Voici ce que dit à ce sujet le Guardian, repris par Courrier International :

« Les objectifs énergétiques adoptés par l’Union européenne (UE) en octobre 2014 vous ont paru manquer d’ambition ?

C’est normal. Ils ont été dictés par l’une des majors du secteur pétrolier : Shell.

Ses lobbyistes ont murmuré à l’oreille du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour exclure tout autre objectif contraignant en dehors des 27 % d’énergies renouvelables (ENR) à l’horizon 2030.

L’Europe vise donc désormais 40 % de réduction de ses émissions pour 2030 par rapport aux niveaux de 1990, sans avoir fixé les moyens d’y parvenir et sans objectifs par État, un point particulièrement contesté par le Royaume-Uni lors des discussions, rappelle le quotidien britannique.

[Celui-ci] s’est procuré plusieurs documents qui démontrent que certains points clés de l’accord figuraient dans des propositions des lobbyistes de Shell dès octobre 2011. Ces derniers auraient convaincu Barroso d’abandonner la formule préexistante, qui liait les objectifs à des lois contraignantes sur l’énergie.

Le principal argument des lobbyistes ? Une transition énergétique vers le gaz naturel (moins émetteur que le charbon ou le pétrole) permettrait à l’Europe des économies de 500 milliards d’euros par rapport à un tournant vers les énergies renouvelables. »

Dans la perspective mentionnée dans ces dernières lignes, Shell compte acheter BG Group, qui s’occupe d’explorer la recherche de gaz naturel et de la production de celui-ci.

Le président américain Barack Obama vient également d’autoriser les forages dans l’Arctique…Alors qu’en même temps, le Bureau américain de gestion de l’énergie provenant des océans, qui a donné son feu vert, reconnaît qu’il y avait 75 % de « chance » pour que se déroule une marée noire dans les 77 prochaines années !

Les forages exploratoires commenceront dès cet été dans les eaux proches de l’Alaska, les réserves étant estimées à 30 milliards de barils de brut… Et la banquise, mesurée à la fin de l’été, a déjà diminué de 45% depuis 1979, permettant l’accès à sans doute 30% des réserves mondiales de gaz et à 13% de celles de pétrole.

Non loin, au Canada, on a d’ailleurs l’Alberta, avec ses « fameux » sables bitumineux de l’Athabasca, dont les réserves sont de 1 800 milliards de barils, autant que le pétrole mondial actuel, mais avec pour l’instant seulement 10 % de potentiellement récupérables, 100 000 personnes s’affairant pour produire pas moins de 1,9 million de barils par jour en moyenne !

Beaucoup de Co2 est produit, parce qu’il faut chauffer les dépôts de sable afin de provoquer l’écoulement du bitume. Afin d’éviter cela, la société japonaise Toshiba travaille pour que soient installés là-bas, d’ici quelques années, des… mini réacteurs nucléaires pour aider à la production.

Cela n’empêchera pas toutefois la contamination de l’air et des sols, la production de boues toxiques… Tout va de mal en pis ! Pas pour les entreprises en tout cas : Shell, par exemple, c’est un chiffre d’affaire de pas moins de 459,6 milliards de dollars par an…

Concluons sur les derniers chiffres du réchauffement climatique. Voici la tendance pour ces dernières années, le point rouge indiquant la position en avril 2015.

Voici un autre graphique, se basant sur les prises dans les glaces et montrant l’évolution sur des milliers d’années, le point 0 étant l’année 1950.


Les faits sont les faits: l’anthropocentrisme a fait faillite. Seule la reconnaissance de la planète Terre comme ensemble primordial est cohérente, juste, morale, scientifique.

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