JBS, le nouveau “cartel de la viande”

L’entreprise brésilienne JBS pèse 37 milliards de dollars ; c’est l’un des principaux acteurs de l’exploitation animale. Comme dans les autres secteurs économiques, les fusions et acquisitions se généralisent.

Voici une information toute récente de l’AFP :

« La filiale américaine du groupe brésilien JBS, géant mondial de la viande, va racheter les actifs du groupe américain Cargill dans le porc aux Etats-Unis pour 1,45 milliard de dollars, ont indiqué les compagnies dans un communiqué mercredi.

JBS USA, filiale indirecte du groupe brésilien JBS S.A. via la société Pilgrim’s Pride Corporation, acquiert deux usines de Cargill dans l’Iowa (centre) et l’Illinois (nord), capables de traiter 9,3 millions de porcs annuellement. Le groupe rachète aussi quatre fermes d’élevage et cinq usines de production d’aliments, toutes basées aux Etats-Unis, indique le communiqué commun. »

Un rachat équivalent avait été fait par JBS, cette fois en Europe, il y a quelques semaines. Voici comment Le Monde présente la chose :

« La société brésilienne, JBS, leader mondial de la viande poursuit ses emplettes. Elle a choisi, cette fois, de se renforcer en Europe. Elle a annoncé, dimanche 21 juin, l’acquisition de la société Moy Park, qui élève et commercialise poulets et dindes au Royaume-Uni, en Irlande, aux Pays-Bas et en France. Le montant de la transaction est évalué à 1,5 milliard de dollars (1,32 milliard d’euros).

Le vendeur est un autre groupe brésilien, concurrent de JBS sur le marché de la viande, Marfrig. Lui aussi s’est lancé dans une large offensive internationale à coup d’acquisitions. Avec son corollaire, une dette importante. Pour améliorer son bilan financier, Marfrig avait envisagé de mettre en bourse la société Moy Park, avant d’y renoncer. Elle a finalement préféré la céder à JBS. Elle lui avait déjà vendu sa filiale avicole brésilienne.

Par cette nouvelle acquisition, JBS, qui porte les initiales de son fondateur Jose Batista Sobrinho, confirme ses ambitions. La boucherie, créée en 1953, dirigée maintenant par son fils Wesley Batista, pèse 37 milliards de dollars et se classe dans le Top 10 mondial des entreprises agroalimentaires. »

Et il y a plus de six mois, en novembre 2014 précisément, JBS avait fait l’acquisition de Primo Group, présent en Australie et Nouvelle-Zélande et « spécialisé » dans la « production de jambon et de sauces ». Le prix : 1,25 milliard de dollars.

Voici comment le site Avenir agricole présente JBS. On y apprend deux choses essentielles : tout d’abord, la montée en puissance de JBS est récente.

Contrairement aux réformistes de la protection animale qui s’imaginent qu’on est en train de dépasser le problème, on est au contraire en train de l’affronter alors qu’il est de plus en plus grand.

JBS s’est grosso modo construit ces dix dernières années, portée par les capitalistes et avec l’intention de faire toujours « mieux »… Ce qui signifie toujours plus d’exploitation animale.

Ensuite, la question du développement et du style de vie est ici essentiel. On voit ici que c’est un gouvernement qui s’est voulu « de gauche », social, etc. qui a grandement contribué à donner naissance à un monstre. On est passé de l’exploitation animale du type primitif à la même exploitation animale du type primitif mais à l’échelle massive et qui plus est en se développant dans d’autres pays…

JBS Friboi : l’ogre brésilien parti
 à la conquête du monde

Premier exportateur mondial de viande bovine et leader planétaire de la volaille, le groupe JBS Friboi s’est taillé un empire sur cinq continents. A tel point que la presse brésilienne assimile la famille fondatrice, les Batista, à un “cartel de la viande”.

Dallas. Mais ça y ressemble. Remplacez le pétrole par la viande et vous aurez le nouvel eldorado d’une poignée d’acteurs puissants, prêts à tout pour contrôler le négoce planétaire. A l’image de la transnationale brésilienne, JBS Friboi. Dans ses 64 usines réparties dans 22 pays, elle abat 500 000 poulets à l’heure et plus de 40 000 bovins…

Des chiffres à la démesure d’un groupe, qui, en dix ans, a su conquérir le marché mondial de la viande grâce à une politique d’acquisitions agressives de plusieurs entreprises agroalimentaires. A l’intérieur du pays et hors frontière.

Du petit abattoir à la multinationale

Créé en 1953, par José Batista Sobrinho, à Anapolis (Etat de Goias), JBS n’est alors qu’un petit abattoir de province. “Mon père a commencé par acheter du bétail dans le centre du pays et à le vendre aux emballeurs de viande. Au fil des années, nous sommes devenus l’une des plus grandes entreprises du secteur au Brésil” aime raconter Wesley Batista, le fils du fondateur et actuel PDG du groupe JBS Friboi.

La suite de l’aventure, c’est à Lula qu’il la doit. Dès son entrée en fonction, en 2003, le nouveau président du Brésil souhaite transformer les entreprises locales en multinationales capables de concurrencer les grands groupes du Nord dans l’approvisionnement des marchés internationaux. JBS Friboi va alors bénéficier de fonds de la Banque Nationale du Développement, bras financier du Ministère de l’Industrie, pour s’internationaliser.

L’expansion de l’entreprise est spectaculaire. JBS rachète d’abord des usines de viande au Brésil puis en Argentine. En 2007, son entrée en bourse lui permet de lever 800 millions de dollars pour capitaliser l’entreprise.

JBS Friboi s’offre alors les meilleurs groupes américains : Swift, le numéro 3 mondial du porc. Pilgrim’s Pride, le leader mondial de la volaille. Il mène aussi une OPA sur Smithfield (porc) et National Beef (à l’époque numéros 4 et 5)…

Devenu transnationale, JBS conquiert pêle-mêle les titres de plus gros emballeur de viande d’Australie et des Etats-Unis, de la plus grosse entreprise de volaille des USA et du Mexique. La liste est longue. Et le chiffre d’affaires s’envole, passant de 1,2 milliard de dollars en 2002 à 30 milliards de dollars en 2012.

C’est un développement terrible… mais logique. Le Brésil est devenu un haut lieu de l’exploitation animale. Le pays se développe, mais d’une telle manière que tout est déséquilibré, que les pires tendances triomphent…

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