“Le foie gras a le vent en poupe”

“Le foie gras a le vent en poupe” : c’est le titre d’un nouvel article du Figaro. En voici un extrait, pour rappeler cette vérité de base, ou plutôt le fait que nous assumions cette triste vérité.

La conception selon laquelle il y a un recul de la production de “foie gras” est fausse. Elle se fonde sur l’idée erronée qu’on pourrait toucher une petite partie de consommateurs en s’appuyant sur un argumentaire réformiste au sujet de la souffrance animale.

L’enfer est pavé de bonnes intentions et cette démarche ne fait en réalité que s’insérer dans la généralisation absolue de l’exploitation à laquelle on est en train d’assister. Les faits sont là : il n’y a pas moins de production de “foie gras”, bien au contraire…

Que les gens qui en prennent conscience sont plus nombreux ne veut pas dire que l’exploitation animale s’amoindrit, bien au contraire!

Après une année 2013 en repli, la production française de foie gras a progressé de 1,3% en 2014 avec des exportations en hausse vers l’Asie, où Hong-Kong, Vietnam et Corée ont rejoint le club des clients sérieux, selon le bilan statistique du ministère de l’Agriculture.

En 2014 la production française de foie gras d’oie et de canard a atteint 19.300 tonnes, majoritairement localisée dans le Grand Ouest du pays (97% du total), précise le bulletin Agreste).

La consommation moyenne nationale (276 grammes par personne par an) s’est légèrement contractée (-1% sur un an, en baisse de 9% sur quatre ans), mais les exportations qui marquaient le pas depuis 2011 ont recommencé à progresser de 5% sur l’année à près de 5.000 tonnes, “proches du niveau record” enregistré en 2010, note Agreste.

[Note de LTD : l’article est ici imprécis voire erroné. Voici ce que dit le rapport Agreste que nous sommes allés consulter:

En 2014, la production française de foie gras de canard et d’oie a augmenté de 1,3 % par rapport à 2013. La consommation française, mesurée par bilan, est en légère baisse. Toutefois, les achats effectués par les ménages, pour leur consommation à domicile, ont augmenté de 3 % en volume et de 4 % en valeur, sur la même période.

Incompréhensible, n’est-ce pas? En fait cela veut dire que les gens qui consomment du “foie gras” en consomment plus, mais qu’un peu moins de gens en France en général en consomment, davantage bien sûr en raison du prix, parce qu’ils ne peuvent pas, que parce qu’ils ne veulent pas. On notera également le passage suivant:

À partir de l’année 2009, l’interprofession (Cifog) a mis en place une politique commerciale cherchant à étendre la période de consommation en dehors des fêtes de fin d’année en incitant les distributeurs à une mise en rayon plus précoce des foies gras. Dans ce but, elle a multiplié les campagnes de communication autour de la fête de la
Saint-Martin qui marque traditionnellement le retour du foie gras sur les marchés vers le 11 novembre.

C’est encore un témoignage de la progression culturelle du “foie gras”…]

Si l’Union européenne reste largement en tête des acheteurs étrangers, notamment en foie cru dont les ventes ont bondi de 12% – l’Espagne est le premier client européen avec près de 1.500 t, devant la Belgique – le Japon est de loin le premier client hors UE avec 600 tonnes, en hausse de 3% sur un an, et Hong Kong se place en troisième position (après la Suisse) avec des achats qui ont bondi de 40% par rapport à 2013, pour atteindre 200 tonnes.

Singapour et la Thaïlande, clients relativement récents en foie gras français, ont stabilisé leurs importations (autour de 80 t) mais le Vietnam les a quadruplés depuis 2013 (24 tonnes), la Corée du Sud les a triplés (18 tonnes) et les ventes vers l’Océanie ont aussi progressé de 13% (28 tonnes).

Surtout, les quatre premiers mois de 2015 confirment la tendance avec des exportations en hausse de 3% sur la période et même de 11% hors UE, avec de nouveaux marchés comme Taiwan, qui s’est ouvert fin 2014 et représente 11 tonnes en quatre mois, et la reprise attendue du commerce vers la Californie, qui autorise de nouveau les restaurateurs à proposer du foie gras à leur menu. Très limitées depuis 2010, les ventes américaines atteignaient 1.000 tonnes en 2009.

La France continue de dominer la production mondiale, qui a atteint environ 26.600 tonnes en 2014, en progression de 600 tonnes sur un an, selon l’Institut de l’aviculture (Itavi), dont près de 25.500 tonnes pour l’Europe avec, outre la France, la Bulgarie (2.600 t) et la Hongrie (2.500 t).

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