“écologistes !”

Ces histoires électorales sont une tambouille bien indigeste, mais il faut bien en parler, pour ne pas se faire piéger…

Nous avions donc parlé tout récemment du fait que François Goullet de Rugy et Jean-Vincent Placé quittent EELV. Leur motivation est simple et directe : faire de la “politique”, et personne n’a jamais été dupe. Placé a, par exemple , toujours été un homme d’appareil (on a un aperçu très clair dans notre article “Beau bar de 47 cm pris au large à la ligne grâce aux conseils d’un maître pécheur“).

Celle qui mécontente, c’est bien sûr Duflot, qui est sur la même position mais qui entendait qu’EELV ait un candidat au premier tour de la présidentielle : elle-même. De Rugy et Placé sont eux sur la ligne de soutien direct à Hollande, dès le premier tour.

Duflot est une carriériste du même acabit, le plus bel exemple, que nous mentionnons souvent tellement c’est énorme, fut son “coup” lors de la conférence de Copenhague sur le changement climatique : partie là-bas en train devant les médias, elle en était revenue… dès le lendemain… en avion, pour une interview télévisée!

L’écologie est ici un prétexte à la modernisation et à la carrière. Voici ce que Duflot a expliqué dans Libération hier:

Avez-vous été surprise par les départs de Jean-Vincent Placé et François de Rugy d’EE-LV ?

Non, pas vraiment. Ils ont renoncé à la transformation écologique de la société et pensent qu’il faut simplement s’adapter au monde tel qu’il est aujourd’hui. Je le regrette d’autant plus que le chemin
a été long pour en arriver là ensemble. Chacun suit désormais sa route. Je pense, et je l’explique dans mon livre, que la mutation du monde appelle d’autres réponses que l’orthodoxie et les recettes éculées: il faut un grand virage vers l’écologie.

Vous vous préparez même pour la prochaine élection présidentielle…

C’est vrai. Mais je ne souhaite pas que les écologistes reproduisent les mêmes erreurs que lors des trois dernières présidentielles. Est-ce que j’ai décidé de ma candidature ? Pas du tout. Ma priorité
c’est la déminorisation de l’écologie, c’est-à-dire construire une force capable d’exercer pleinement le pouvoir.

Comment peut-on dire qu’on se prépare pour la présidentielle et qu’en même on n’a pas décidé d’être candidat? C’est totalement délirant. Quant au contenu, il n’y en a pas.

Au moins, De Rugy et Placé ne font pas semblant. Ils ont annoncé leur parti, qui n’en est pas un, juste une “fédération” qui d’ailleurs n’existe pas encore. Il y a quelques jours, cela devait s’appeler “Union des démocrates et écologistes”, maintenant cela doit s’appeler “écologistes !”.

Il n’y a pas de contenu, aucun programme, aucune valeur, simplement un logo.

C’est même assumé, voici la réponse de De Rugy à une question d’Ouest France:

Vous en êtes le fondateur, le président ?

Oui, parce qu’il en faut un, on va dire ça comme ça. Le premier animateur. Il n’y a pas d’organigramme. C’est la première pierre que l’on pose : un nom, un logo, un site internet.

Il n’y a même pas de site internet, car il faudrait le remplir… mais de quoi? D’ailleurs, les portes sont ouvertes à tout le monde, comme il est dit d’une manière ultra-opportuniste, toujours à Ouest France:

Tout le monde est le bienvenu ! Ce qu’on veut, c’est être aussi ouvert que possible, en tant qu’organisation, et surtout du point de vue de l’état d’esprit. C’était d’ailleurs l’ambition au départ de Dany Cohn-Bendit, qui s’est complètement perdue en route. Nous, on appellera ça un réseau, pour des gens qui ne veulent pas s’engager directement dans un parti politique, qui permettra de fédérer des gens qui soit sont engagés ailleurs, soit qui souhaitent rester en dehors d’un appareil.

Si ce n’est pas du racolage! Guère étonnant que dans ce projet vide, ils ont été rejoint par Jean-Luc Bennahmias et Christophe Madrolle , tous deux ex Verts et ex MODEM, ayant fondé un “front démocrate”.

Car le seul sens de ce projet, c’est de participer au “front” électoral de Hollande, qui compte bien à la présidentielle apparaître comme le représentant de “l’union de la gauche” face à Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen.

Rien sur le plan du contenu, sur plan de la morale, rien sur le plan de la culture… Mais est-ce étonnant? Notre époque a besoin d’un esprit de soulèvement, d’une indignation morale allant jusqu’à la pratique, critère de vérité : le véganisme. Allant jusqu’à l’affrontement avec la décadence et les destructions, avec la pratique comme critère de vérité, encore, le straight edge!

On ne peut pas défendre ces valeurs positives et être dans l’esprit de participer aux institutions, à une société aux valeurs agonisantes, n’existant que par son antagonisme à notre mère la Terre.

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