La croissance de l’exploitation animale : quelques données

Comme c’est la rentrée, il y a lieu de comprendre quelle va être la tendance annuelle en ce qui concerne la « viande ». On a le choix entre soit faire dans l’autosatisfaction et voir que la consommation de « viande » baisse un peu, soit être réaliste et voir que sur le plan mondial c’est la catastrophe.

En fait, tout prend une telle proportion que les gens qui en France font dans le sentimentalisme et le témoignage chrétien au sujet des animaux vont rapidement être démasqués. Le monde tel que nous le connaissons n’est rien comparé à ce qui attend la vie sur Terre.

Pour saisir ce qui se passe, on peut profiter de ce qui a eu lieu il y a quinze jours : le “Congrès international des Sciences et Technologies des viandes”, accueilli par l’INRA de Clermont-Ferrand, avec comme « sponsors » notamment Fleury Michon, Bigard, Interbev, Inaporc…

Les partenaires directs de l’organisation du congrès, avec surtout l’unité Qualité des Produits Animaux (QuaPA) de l’Inra, ont été l’université d’Helsinki, l’ENV Toulouse, la Kentucky University, l’Institut de l’élevage, le Comité interprofessionnel de la dinde française, l’Institut français du porc, l’Institut technique agro-industriel des filières viandes et le Centre d’information des viandes.

500 chercheurs de 43 pays ont débattu du moyen de développer la production de « viande ». Voici comment Véronique Santé-Lhoutelier, directrice de recherche à l’Inra et organisatrice du congrès, a par exemple annoncé la couleur :

« Il s’agit d’échanger sur la science mais aussi de faire connaître le patrimoine français (…) Il y a un vrai potentiel d’innovation dans certains organes [il s’agit des « coproduits » (os, viscère, peau…)]. »

Lors d’une conférence à ce congrès, l’agroéconomiste (sic) belge Erik Mathijs a évalué la situation de la manière suivante :

« La tendance attendue est une augmentation de la consommation mondiale de viande de 1,6% par an lors des dix prochaines années. »

Pourquoi dit-il cela? Regardons quelques tableaux. D’abord, voyons la consommation de “viande” par pays, par kilo et par année. Comme on peut le voir, hormis certains pays particulièrement producteurs (comme le Brésil) qui sont déjà en avance, les pays peu développés économiquement sont loin derrière le style de vie “moderne”. Or, la tendance est de le rattraper.

Par exemple, la consommation de “viande” de boeuf et de porc en Chine va augmenter d’entre 20 et 30% d’ici 2023, selon l’ONU. Ces dernières années, la “production” de boeuf en Indonésie a augmenté de 35%.

Dans la même logique, les entreprises japonaises Itoham Foods et Yonekyu, 2ème et 7ème producteurs du pays, vont fusionner, formant une nouvelle entité valant 5,24 milliards de dollars. C’est une économie en expansion, avec un énorme potentiel.

Voici un tableau montrant justement la consommation de viande par habitant et par pays. Si l’on dit que la majorité de la population mondiale, laissée à l’écart de l’exploitation animale “moderne” pour ainsi dire, la rejoint…

Voici un tableau montrant l’augmentation annuelle de la consommation de viande, pour voir que lentement mais sûrement, l’exploitation animale grandit.

Maintenant regardons deux tableaux montrant la prospective à plus long terme. Rappelons ici, pour comprendre la tendance, que la consommation de viande est passée de 23,1 kilos par personne et par an en 1961, à 42,2 kilos en 2011.

Enfin, concluons sur une note relativisant le fait que l’exploitation animale recule dans les pays développés, avec le tableau de la consommation et de la production de “viande rouge” et de “volaille” aux Etats-Unis.

La consommation a repris, quant à la production bien sûr elle augmente, comme partout.

La conclusion est simple. Soit on joue à la personne qui se donne bonne conscience individuellement, soit on assume la vie animale au sein de Gaïa comme un tout… Et alors on a une rage terrible, sans compromis.

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