“Six mois ferme pour actes de cruauté sur les chats”

En France, il est interdit de commenter une décision judiciaire. Comme c’est pratique! Cela vise à protéger les gens de la vindicte populaire (qui peut être juste, comme manipulée par les populistes), mais également à ne pas voir les problèmes sociaux en face.

Parce que ce qui est raconté là et tiré des “chroniques judiciaires” d’un blog du Monde, c’est absolument dramatique, pas seulement pour les chats tués, mais également pour la personne qui a commis les crimes. Il y a ici un problème de fond, on ne peut pas s’en sortir en disant qu’il est “fou”.

C’est la société, ici, qui est clairement responsable. Condamner un “cassos” à l’emprisonnement, c’est dans le cas présent un refus d’aider, une manière de se dédouaner sur le dos des gens du peuple qui souffrent.

Un jeune homme condamné à six mois ferme pour actes de cruauté sur les chats

Tristan le chat a été tué à coups de marteau le 4 août 2015. Kiki et Mimi avaient connu le même sort funeste un an plus tôt, à coups de couteau. Sébastien Labat-Gest, 20 ans, a comparu mercredi 23 septembre devant le tribunal correctionnel de Marseille pour « actes de cruauté » envers les animaux, une peine passible de deux ans d’emprisonnement.

Du jeune homme, on n’a vu qu’un visage blême aux traits fins, de longs cheveux châtain retenus en queue-de-cheval et un regard absent. Il a opposé le silence à toutes les questions que le président Fabrice Castoldi a tenté patiemment de lui poser et il a disparu au fond du box.

Le 4 août avait été pour lui une journée d’ennui ordinaire. Le jeune homme s’était levé tard et avait joué tout l’après-midi à l’ordinateur. Quand sa mère lui a refusé les dix euros qu’il lui demandait pour s’acheter du shit, il s’est fâché. Elle est sortie de la maison.

A son retour, elle a trouvé un sac dans un coin recouvert d’une couverture. Le cadavre du chat Tristan était dessous. Elle l’a emmené à la SPA pour le faire autopsier, puis elle est allée au commissariat pour porter plainte contre son fils.

Quand les policiers sont venus l’interpeller, tard dans la soirée, Sébastien s’était remis à jouer à l’ordinateur. Il leur a dit qu’il ne savait pas pourquoi il avait tué le chat.

Quand sa petite sœur de 10 ans a raconté qu’il en avait déjà tué deux autres avant, et qu’il lui avait même montré leur queue coupée, Sébastien a reconnu que ça aussi, c’était vrai.

Lorsque, en plein cœur du mois d’août, le président Castoldi avait vu arriver le jeune homme devant lui en comparution immédiate, il s’était inquiété de son état mental et il avait demandé à un psychiatre de l’examiner.

L’expert a considéré que Sébastien présentait « une réelle dangerosité sociale » mais que, au moment des faits qui lui sont reprochés, il ne souffrait ni d’abolition, ni d’altération du discernement.

Mercredi, faute de pouvoir dialoguer avec le jeune homme prostré, le président a lu ses déclarations à l’expert : « Je suis un bon à rien, je n’aurais pas dû naître, je suis une erreur de la nature. » De sa fratrie de quatre, tous nés de pères différents, il est le seul à ne pas avoir de relations avec son géniteur et il a « la haine contre lui ».

De sa mère, il dit qu’« elle préfère son chat à son fils ». Il a déjà un sérieux passé judiciaire : cinq condamnations en cinq ans pour avoir mis le feu près d’un collège, commis des vols avec violence, porté des coups contre sa mère.

Pour les chats, il a répété qu’il ne savait vraiment pas ce qui lui était passé par la tête, qu’il n’avait rien ressenti pendant qu’il les frappait mais que tout de même, il regrettait.

Six mois ferme, et douze mois de sursis révoqué

A l’audience, quatre avocats représentant six associations, dont la SPA, la Fondation Brigitte-Bardot, 30 Millions d’amis et une obscure association Stéphane-Lamart – « soutenue par la chanteuse Stone, de l’ex-duo Stone et Charden, qui est horrifiée » indique son communiqué – ont dénoncé des « actes de sadisme violents et barbares » et ont demandé chacun entre 500 et 2 000 euros de dommages et intérêts.

La procureure, qui aime aussi beaucoup les chats – « Je caressais le mien hier sur le canapé » a-t-elle confié – n’a pas caché son inquiétude. Estimant que les faits commis et le passé judiciaire du prévenu sont un très « mauvais présage », elle a requis un an d’emprisonnement ferme et la révocation des deux sursis prononcés lors des condamnations précédentes.

Après un rapide délibéré, le tribunal a condamné Sébastien Labat-Gest à six mois ferme pour les « actes de cruauté », auxquels s’ajoutent les douze mois de sursis révoqué, ainsi qu’une obligation de soins pendant trois ans et une interdiction définitive de détenir un animal.

Avant que les gardes ne l’emmènent, le président Castoldi lui a demandé s’il avait compris qu’il partait pour dix-huit mois en prison. Le jeune homme a murmuré que oui.

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