L’abattoir d’Alès : massacre à la chaîne

D’une certaine manière, c’est du quitte ou double. Soit l’association L214 réussit sa marche forcée dans les institutions et fait basculer la société dans une transition au végétarisme, puis au véganisme…

Soit elle n’aura fait qu’aider l’exploitation animale à se moderniser. Ce type de débats n’a rien de nouveau: c’est le même que celui, il y a cent ans, entre les socialistes et les communistes, entre les partisans de la transition par le gouvernement et ceux considérant que sans révolution rien n’est possible.

Les images révélées par L214 sont indéniablement terrifiantes ; on y voit ce qui se passe dans un abattoir à Alès, et c’est sordide au possible. C’est l’enfer de Dante, comme on dit.

Voici comment Le Figaro présente la chose:

“On peut notamment y voir un employé découper la patte d’un cheval encore vivant, dans cet abattoir municipal où chaque année, 3000 chevaux, 20.000 cochons, 40.000 moutons et 6000 bovins sont tués et qui fournit les boucheries locales, mais aussi des collèges, des lycées et des hôpitaux, précise l’association ainsi qu’une filière bio. D’autres équidés, mal étourdis, reprennent conscience sur la chaîne d’abattage. De nombreux chevaux refusent de rentrer au poste d’étourdissement, certains reçoivent des coups de bâton, d’autres se cognent à la porte du box qui se referme sur eux. (…).

Par ailleurs, la violente asphyxie des cochons gazés est filmée dans la fosse à CO2. Ils sont placés dans des nacelles surchargées. Les comportements de panique et les manifestations de douleur sont patents. (…)

Les moutons sont quant à eux égorgés en pleine conscience dans un tonneau rotatif avec pleine vue sur la salle où sont découpés leurs congénères. Les animaux sont sortis du tonneau encore conscients, certains tentent de se relever après avoir eu la gorge tranchée.”

Mais est-il dans l’ordre des choses, justement, que l’information soit reprise et diffusée très largement par Le Figaro, Libération, Le Monde, Le Parisien?

Selon L214 oui, selon nous, non. Car il est évident que si cela passe comme information, c’est pour réduire cela à quelque chose qui serait anormal au sein du système lui-même. Ce n’est pas le système qui est remis en cause, c’est quelque chose montré comme une anomalie.

L214 est également très circonspect dans son approche, appelant au végétarisme.

C’est comme le principe voulant que désormais en raison de la loi d’Avenir agricole du 13 octobre 2014, chaque particulier vendant un chaton ou un chiot devra avoir un numéro Siren (Système Informatique du Répertoire des Entreprises), demandé à la chambre d’agriculture de son département.

Les sites de petites annonces sur le net devront obligatoirement exiger ce code du vendeur. En théorie, on se dit qu’il y aura moins de vendeurs. En pratique, cela veut dire uniquement que ce sont les vendeurs industriels qui vont l’emporter.

Au sein d’une société fondée sur le profit, une remise en cause locale ne change rien en général et ne profite qu’au gros capitalistes.

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