Ouverture de la COP21

La COP21 commence une journée plus tôt que prévu, officiellement à la demande des deux co-présidents du groupe de rédaction du protocole devant être signé à la fin des discussions. L’idée est de :

« permettre un meilleur usage possible du temps très limité dont disposent les délégués pour finaliser le projet d’accord. »

Est-ce déjà le grand stress, la peur de l’échec que tous les observateurs attentifs redoutent ? En tout cas, il y a déjà une porte de sortie de trouvée : les accords ne seront pas signés le 11 décembre, mais seulement « avalisés », la signature se déroulant un mois après, lors d’une cérémonie organisée par l’ONU.

En cas de souci, il y aura donc de la poudre aux yeux le 11 décembre, puis des négociations derrière, avec une hypothétique signature. On peut bien se douter, en effet, que les négociations ont déjà eu lieu et que si tout allait bien, la confiance régnerait… S’il y a déjà de la crainte, c’est qu’on sait que les intérêts sont trop divergents.

Trop de nations, trop de concurrence économique, trop de divergences égoïstes : l’humanité n’est clairement pas en mesure d’affronter le changement climatique et cela en raison de sa vision anthropocentriste du monde. Il faut se soumettre à Gaïa, mais cela, l’humanité n’y est pas prête…

Donnons un exemple de ce qu’il faudrait faire. La page officielle de la COP21, à la page entreprises et mécènes, nous explique que :

« Les entreprises contribuent directement ou indirectement au réchauffement climatique et sont donc naturellement des acteurs incontournables dans l’élaboration de solutions efficaces qui permettront de rester sous la limite d’une augmentation des températures de +1,5 à +2°C. »

Ce qu’il faudrait donc, c’est prévoir et exiger, afin d’empêcher de continuer à produire des gaz à effets de serre. Le problème est que le capitalisme, par définition, s’oppose tant à « prévoir » que « exiger »…

L’irrationalité des individus et des entreprises et des nations s’oppose à la rationalité écologiste d’une humanité unifiée, forcément pacifiée, logiquement végane…

Pour en revenir au programme, la COP21 commence aujourd’hui, alors qu’hier, le lieu de négociations au Bourget, en périphérie de Paris, non loin de l’aéroport, a été remis symboliquement à l’ONU, le ministre des Affaires étrangères et futur président de la COP21 Laurent Fabius remettant des clefs à Christiana Figueres, Secrétaire exécutive de la CCNUCC (Convention des Nations unies sur les changements climatiques).

Ce lieu de discussion est appelé « zone bleue » et est désormais supervisé directement par l’ONU, avec des gardes bleus, équivalents des casques bleus en quelque sorte. Y sont attendus 20 000 personnes : les délégations des 196 « parties » (195 États et l’Union européenne), les journalistes, mais aussi lundi les chefs d’États, etc.

Pour cette raison, en raison de la sécurité exigée en ces cas là, l’État a demandé aux gens de ne pas se déplacer du tout, fermant des tronçons d’autoroute, faisant en sorte que les transports soient gratuits à Paris jusqu’à lundi, tout en demandant en même temps… de ne pas les utiliser.

Dans la foulée de l’état d’urgence, mais en passant donc des islamistes à l’extrême-gauche, l’État a également assigné à résidence 24 personnes, accusées de vouloir perturber l’ordre public à l’occasion de la COP21. Cela signifie qu’elles ne pourront plus sortir de chez elles pendant quinze jours…

Au passage, la police ne s’est pas privée de mener de multiples opérations de perquisitions en même temps, rentrant par la force, menottant, menaçant par les armes, intimidant, utilisant du matériel sophistiqué pour inspecter les téléphones, les ordinateurs, etc. etc.

Tout doit être le plus lisse possible : la COP21 ne doit être rien d’autre qu’une opération de communication, servant à renforcer la légitimité de l’État et des entreprises.

Mais l’État fait ici une lourde erreur, tout autant que les zadistes d’ailleurs. Un statu quo est impossible, tout comme le fait de revenir en arrière à la petite production. Le changement climatique est la preuve du défi qui se formule, et qui exige un changement radical : c’est pourquoi l’idée nouvelle, celles de la défense de notre mère la Terre par une humanité unifiée, est la seule qui tienne et elle va se diffuser inéluctablement…

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