Les douanes saisissent des animaux empaillés

Les douanes ont de nouveau saisi des animaux empaillés, dont le trafic est en hausse en ce moment, comme on peut s’en douter dans notre époque barbare. Voici un extrait du communiqué des Douanes :

Trois lions de Tanzanie et du Botswana, trois léopards du Zimbabwe et de Tanzanie, ainsi qu’un buste de crocodile du Nil sont remis le 16 février 2016 par la douane au Muséum national d’Histoire naturelle et viendront rejoindre la collection des grands animaux du Muséum.

La directrice générale des douanes, Hélène Crocquevieille, a été accueillie par Bruno David, président du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) de Paris, au sein du Muséum, pour lui remettre six grands fauves et un crocodile naturalisés, spécimens relevant d’espèces menacées d’extinction.

« Qu’il s’agisse d’animaux vivants ou naturalisés, ou tout autre spécimen, la douane considère qu’il est de son devoir de les confier à des entités susceptibles de leur apporter une seconde vie, soit au travers d’expositions pour les animaux naturalisés, soit en leur offrant une place dans un zoo lorsqu’il s’agit d’animaux vivants.
La douane reste ainsi mobilisée pour lutter, en partenariat avec tous les services partenaires et notamment le Muséum, contre les trafics et pour préserver la richesse de notre patrimoine, mais aussi et surtout pour les générations à venir. »

Hélène Crocquevieille
directrice générale des douanes et droits indirects

Un dossier de presse a été réalisé par les douanes à ce sujet. On y apprend cette chose très intéressante : c’est grâce à une personne conscientisée que le crime a pu être constaté.

Cette affaire a débuté grâce à un renseignement transmis par un particulier, sensibilisé à la protection animale, concernant de nombreux animaux sauvages empaillés stockés dans une maison en vente.

Sur la base de ce renseignement et à la suite de recoupements d’informations supplémentaires, les agents acquièrent la certitude que plusieurs de ces animaux empaillés proviennent d’espèces protégées par la convention de Washington et pourraient être détenus sans les permis justifiant leur détention. Une ordonnance de visite domiciliaire du TGI de Besançon est obtenue par les services douaniers de Besançon.

Le 28 mai 2015, les agents de la brigade des douanes de Besançon procède au contrôle du domicile de l’infracteur présumé et découvrent 64 animaux ou parties d’animaux provenant d’une collection de trophées de chasse, parmi lesquels 11 sont expertisés comme inscrits aux annexes I et II de la convention de Washington :
– une tête et des pattes de crocodile du Nil
– trois léopards naturalisés
– trois lions d’Afrique naturalisés
– deux défenses d’éléphant d’Afrique sur un socle
– deux défenses d’éléphant d’Afrique, chacune montée sur un socle
Selon le propriétaire, ces animaux, hérités de son père, sont issus de chasses réalisées en Afrique.
Cependant, en l’absence des justificatifs CITES applicables, permettant la détention des spécimens,
les animaux sont saisis et une amende lui est infligée.

L’importance des douanes en ce domaine est soulignée. Il va de soi que pour faire les choses vraiment bien, il faudrait bien plus de moyens, un choix totalement clair de la part de la société, une fermeté complète…

Les espèces protégées sont considérées comme des produits sensibles, au même titre que les stupéfiants ou les contrefaçons. Leur importation en contrebande est donc considérée comme un délit douanier entraînant leur confiscation totale et une amende. Le code des douanes est l’outil juridique le plus sévère concernant ce type de trafic.

De nombreuses constatations d’infractions sont réalisées à l’encontre de voyageurs, mais aussi dans le fret commercial (en majorité dans les aéroports franciliens), dans des magasins spécialisés ou encore dans des colis. Par ailleurs, les Services régionaux d’enquête (SRE) de la douane et les
agents de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), sont compétents pour initier des enquêtes CITES administratives dans le but de démanteler des trafics régionaux, nationaux et internationaux.

La douane conseille aux voyageurs de ne prélever, dans les pays de villégiature, aucune espèce animale ou végétale, dont certaines peuvent être en voie de disparition (coraux, ivoire, tortues notamment) ou dangereuses pour l’écosystème européen. Prélever des espèces animales ou végétales peut localement encourager le commerce de ces espèces au détriment de la biodiversité.

Voici les chiffres des saisies pour 2014.

– 1 392 animaux vivants [contre 554 en 2003 ! – NDLR]
– 269 animaux naturalisés
– 234 kg et 470 pièces d’ivoire
– 500 coquillages et coraux et 915 kg de mollusques protégés
– 6 146 articles et 993 kg de produits divers, issus d’espèces protégées (écailles de pangolin,
hippocampes séchés, ossements etc.) dont 2 477 articles en cuir ou peaux
– 840 kg de civelles [les petits de l’anguille européenne – NDLR]

Comme on le voit, on a ici une question d’une grande importance dans la défense des animaux. Cela montre que les réformes ne suffisent pas : il faut une rupture claire, à tous les niveaux, au plus bas comme au plus haut, pour que l’on puisse protéger les animaux il faut disposer de moyens et de volontés.

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