L’explosion du trafic de drogues à Lille

La Voix du Nord a publié quelques articles au sujet du trafic de drogues, notamment d’héroïne, à Lille… Un panorama terrifiant. En voici quelques extraits, édifiants.

Rappelons encore une fois que ce genre de reportage est exactement ce que nous devons faire, nous les gens combattant les drogues, luttant en faveur des animaux… Présenter les faits, montrer la réalité pour que l’on réfléchisse dessus, voilà ce qu’il faut! En présentant bien entendu des solutions positives. Sans quoi aux bobos de “gauche” succéderont par ailleurs les fachos…

Voici un témoignage sur la vie quotidienne.

Mohammed (prénom modifié) habite dans un HLM de Moulins, le quartier lillois le plus impacté par les trafics de drogues. « Dans mon entrée d’immeuble, c’est Auchan ! Une dizaine de jeunes vendent de tout (héroïne, cocaïne, cannabis), jour et nuit. L’été, ils font des barbecues devant la porte d’entrée. Ils ont tagué le hall et cassé des faux-plafond pour cacher leurs produits. Les passages de toxicomanes sont incessants. Et on ne peut rien dire… »

Ici, le point de vue d’un dealer sur la situation.

Et oui, Lille est une plaque tournante [du cannabis] : « Du coup, les prix sont 30 % moins chers qu’ailleurs. Il y a environ 700 personnes qui en vivent directement. Il y a moins de fusillades qu’à Marseille, par exemple, parce que c’est bien organisé et que les frontières des secteurs sont, en gros, respectées. Après, il y a de plus en plus d’armes et les mentalités changent, la stabilité ne va donc peut-être pas durer éternellement. »

La Voix du Nord présente ici l’ampleur financier de la question…

On connaissait le boulevard du shit, à Hem, près de Roubaix. Voilà désormais les boulevards de la poudre, à Lille. De la porte de Valenciennes au boulevard de Metz, dans les quartiers populaires au bord du métro et du périphérique sud, elle s’écoule en quantité astronomique : une tonne d’héroïne vendue par an sur cet axe, soit onze millions d’euros de bénéfice (!), d’après une évaluation confidentielle menée par la police en 2015.

Ici, un consommateur d’héroïne exprime son point de vue.

Face à la demande, l’offre s’est accrue. « Avant, je pouvais galérer jusqu’à 16 h pour trouver un dealer. Maintenant, dès 8 h, il y a des plans. Ça tourne H 24. Il suffit d’aller près du métro, de la porte de Valenciennes au CHR. La vente se fait dans les immeubles, ça défile dans les escaliers. »

Pascal veut tourner la page. « J’ai commencé à 18 ans, dans les boîtes belges. » La consommation festive (speed, ecstasy…) a viré à la dépendance. Une descente aux enfers : perte de boulot, désocialisation, périodes SDF. « Je n’en peux plus. »

Il fréquente Ellipse, un centre d’aide pour toxicomanes à Moulins. Et veut tourner la page. « Si à 50 ans, je ne suis pas sorti de cette merde, je mettrai fin à ma vie. »

Voici un témoignage sur la manière dont l’héroïne est consommée.

C’est un discret sentier boisé, entre un mur bordant le périphérique et les barres HLM Herriot-Naquet, plaque tournante du trafic d’héroine et de cocaine de Moulins, Porte de Valenciennes. Chaque jour, de nombreux drogués s’y défoncent dans des conditions épouvantables. Un tapis de seringues jonche le sol.

Des salariés d’Ellipse, un centre d’aide aux toxicomanes, en ramassent plusieurs centaines par semaine. Une réalité crue, qu’ils veulent montrer pour éclairer un débat d’actualité. « Les gens contre les salles de shoot, il faut les emmener ici. »

Voici enfin une présentation d’une révolte populaire qui a échoué.

Leur mobilisation avait fait le tour des médias du pays. Durant l’hiver 2012-13, des habitants de la tour HLM Charles-Six, à Wazemmes, s’étaient révoltés contre les dealers qui squattaient leur entrée. Assurant la sécurité eux-mêmes, ils occupaient chaque soir le hall pendant plusieurs semaines.

Trois ans plus tard, les dealers sont toujours là, mais les habitants sont résignés : « Du matin au soir, des jeunes, parfois une vingtaine, squattent l’entrée et le parking, explique Sofiane (prénom modifié). Ils vendent de la drogue, cachée dans les appartements, crient, mettent de la musique, sifflent, fument.

C’est arrivé qu’ils fassent du scooter dans les parties communes. Leurs restes de sandwichs sont jetés à terre.On passe dans des nuages de fumée de cannabis. Il y a déjà eu du vomi dans les escaliers, des excréments dans l’ascenseur. Le hall a été saccagé et tagué. La sécurité n’existe pas. On se sent abandonnés. »

Qu’aurait-il fallu pour que la lutte des habitants réussisse? Une vaste campagne, un appel démocratique contre les drogues… Isolé, on ne peut que constater qu’on est impuissant face à la véritable déchéance morale et psychologique de la société…

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