La “revue d’Ecologie intégrale Limite”

Avec son encyclique à prétention écologiste Laudato Si, le pape a lancé le début d’une offensive religieuse sur l’écologie, en mode décroissance, sobriété, retour à la terre, etc. On aurait tort de penser que cela n’a pas d’effets.

Déjà parce que les catholiques disposent d’une très riche tradition dans le genre datant des années 1920-1930, ensuite parce qu’ils sont aidés indirectement par les zadistes, qui racontent peu ou prou la même chose.

On a donc tout intérêt à se pencher sur la Revue d’Ecologie intégrale Limite, titre faisant très peur car la seule fois que le terme intégral a été employé dans un tel cadre, c’est pour le « nationalisme intégral » de Maurras.

A vrai dire, on en est pas loin, mais de manière masquée, derrière l’inévitable défense du terroir, la critique de l’usure, etc. On est là dans la ligne catho réac mais sympa, dans la figure du scout ou du militant de la Manif pour tous, qui est social, convivial, mais conservateur.

Dans un article on trouve exposée la perspective de front de la revue, dans un article parlant d’un rassemblement :

« Anticapitalistes, libertaires, zadistes de Notre-Dame-des-Landes, élus, chrétiens écolos, ou simples citoyens sensibles à la beauté de la nature… les visages de la décroissance sont multiples. »

A côté de multiples éloges de la décroissance (le concept, comme le journal), on y trouve également appel de chrétiens contre Notre-Dame-des-Landes, évidemment avec de nombreuses références à Laudato Si.

Voilà exactement le but des cathos « écolos » : aider à la formation d’une critique du « monde moderne » qui passe par les idées de conservation, de localisme, d’autogestion, de sobriété, etc.

Un retour à la France des années 1960, voire 1930-1940 pour les idées « communautaires ». On lit par exemple dans la revue :

« Nous préférons un monde divers, multiple, riche de l’incroyable variété de ses paysages et des sociétés qui la peuplent. Et si nous voulons résolument nous réenraciner, si tout ce qui est jet set, offshore, Sofitel et CAC 40, bref, hors-sol ou indifférencié, nous est étranger, voire odieux, c’est que nous sommes nous-mêmes d’une génération précarisée, éparpillée. »

Le monde moderne nous a individualisé, nous allons nous reconquérir notre « identité », qui est forcément ici localiste-régionaliste, « enracinée », etc. bref le discours des années 1930.

On a ici du zadiste de droite, ou plutôt devrait-on dire que les zadistes sont des cathos réacs de gauche. Car on reste en terrain éminemment religieux, proche de médias comme Philitt ou Le verbe.

Voici un exemple, lyrique et mystique, de ce qu’on peut trouver dans la revue Limite :

« Voilà ce que le dinosaure en peluche insinue au petit enfant, lequel, devenu grand, n’a plus guère d’autre alternative : ou bien se jeter dans les divertissements du désespoir, ou bien s’ouvrir à une espérance divine, qui l’entraîne à cultiver cette terre précisément parce qu’elle ne durera pas toujours, et parce que c’est la gloire de l’Éternel de prendre soin des éphémères. »

De notre côté, nous préférions que les enfants en profitent pour apprécier les oiseaux qui sont le prolongement des dinosaures, mais bon on l’aura compris les catholiques ne quittent pas l’anthropocentrisme.

Les animaux restent un thème absolument inaccessible. Ces gens savent que, dans ce domaine, on ne peut pas faire semblant, alors ils n’en parlent pas.

Reste que la revue, bien faite, avec des articles construits, présente une tendance réelle, conforme à tout un pan de la société française hostile à l’universalisme, au véganisme, au rejet de l’anthropocentrisme. Il y a donc tout lieu de s’y intéresser et de s’y confronter.

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