Les choses importantes à savoir sur la physiologie des cochons d’Inde

Il est vraiment dommage que les vétérinaires soient une caste, qui se prive de la très riche expérience quotidienne des gens connaissant les animaux.

Il est vrai que l’accès aux médicaments doit être supervisé, pour autant la diffusion de connaissances est tout autant nécessaire que la capacité d’effectuer des soins.

Cela est par exemple d’une très grande importance pour le cochon d’Inde : souvent, on ne s’aperçoit que lorsqu’il est trop tard qu’il y a un souci…

Le travail en amont est d’une grande importance et ici il y a une contradiction entre les exigences démocratiques et la caste des vétérinaires!

Voici un long passage très intéressant sur nos amis cochons d’Inde,  qui constate bien cette contradiction et qui fournit également les aspects essentiels à connaître au sujet des cochons d’Inde.

Il est tiré d’une thèse intitulée « Physiologie et pathologie digestive du cobaye domestique », faite à l’école nationale vétérinaire de Toulouse et disponible en ligne ici, qu’il est toujours très utile de consulter pour en savoir davantage.

Ce passage résume que :

Les cobayes sont souvent présentés à la consultation pour des problèmes digestifs. Ces affections représentent, avec la pathologie respiratoire, 50% des motifs de consultation, les problèmes dentaires et les diarrhées figurant en tête.

Le tractus digestif du cobaye est en effet particulièrement enclin aux perturbations, du fait de la longueur de son intestin qui dépasse deux mètres, de la lenteur de son transit qui dure jusqu’à une semaine, et de la sensibilité de sa flore au moindre déséquilibre.

Outre ces facteurs prédisposants anatomiques et physiologiques, les pathologies digestives sont très souvent la conséquence de conditions d’entretien inadaptées, d’erreurs alimentaires ou de thérapeutiques inappropriées.

Cela explique que l’éventail des pathologies digestives du cobaye domestique est bien plus large que celui du cobaye de laboratoire soumis à des conditions sanitaires et alimentaires codifiées.

Aussi, comme les études sur la pathologie digestive ont été réalisées, dans leur majorité, sur des animaux d’élevage ou de laboratoire, la simple transposition à nos cobayes familiers est insuffisante puisqu’elle ne tient pas compte des nouvelles maladies liées aux conditions d’entretien défaillantes, aux régimes alimentaires inadaptés ou à la vieillesse.

Le cobaye est un animal plutôt robuste, le motif de consultation est en général plutôt grave, il met souvent en jeu la vie de l’animal. Un diagnostic précoce et un traitement efficace doivent alors rapidement être mis en œuvre pour prévenir une évolution fatale.

Une règle d’or peut d’ores et déjà être énoncée : la première chose à faire face à un cobaye malade, est de lui administrer systématiquement de la vitamine C en sachant que ses besoins augmentent durant la convalescence. (…)

Réputé robuste, il présente néanmoins un point faible : sa fragilité digestive.

En effet, les problèmes digestifs tels que les diarrhées ou les malocclusions dentaires sont des motifs de consultation fréquents et souvent graves.

Ce talon d’Achille s’explique par quelques particularités anatomiques et physiologiques qu’il est bon de connaître pour aborder la consultation sereinement.

Le cobaye se distingue des autres rongeurs, majoritairement omnivores, par son régime végétarien.

La présence d’un tube digestif très long, d’un transit très lent et d’une microflore intestinale très vulnérable le rend sensible tant au rythme de distribution qu’à la qualité des aliments reçus.

La ration doit apporter suffisamment de fibres pour permettre le bon déroulement de la digestion et suffisamment de vitamine C pour couvrir les besoins journaliers, le cobaye étant incapable de la synthétiser.

Le rendement digestif est optimisé par le comportement de coprophagie commun aux Rongeurs et aux Lagomorphes.

Très souvent, l’alimentation est le point de départ ou le facteur favorisant de maladies digestives, du fait de la méconnaissance ou de la négligence des propriétaires quant aux conditions d’entretien, d’alimentation ou d’abreuvement de leur protégé.

Pourtant, le cobaye est un petit animal peu exigeant et facile d’entretien [sic] pour peu que sa ration couvre l’ensemble de ses besoins et que son environnement soit stable.

C’est un animal très sensible au stress et aux moindres modifications de ses habitudes. Lorsqu’il est malade, le premier signe annonciateur est une baisse d’appétit.

Elle passe malheureusement souvent inaperçue, et le ‰cobaye n’est présenté à la consultation que lorsque son état général s’est déjà fortement dégradé.

C’est un animal assez difficile à soigner compte tenu de sa petite taille, de la symptomatologie souvent fruste et de l’évolution rapidement fatale de bon nombre de pathologies digestives.

La démarche diagnostique, souvent limitée au simple examen clinique, exige un sens clinique aiguisé. L’antibiothérapie doit toujours être raisonnée pour éviter de déséquilibrer la flore cæcale et d’engendrer des entérites iatrogènes mortelles.

De manière générale, la prévention reste le meilleur remède. Elle passe par l’information des propriétaires, rôle qui incombe au vétérinaire.

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