Drogues : 1,4 million de personnes interpellées entre 1990 et 2010

L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales a publié son nouveau rapport, où l’on apprend que les infractions à la législation sur les stupéfiants ont été multipliés par six entre 1990 et 2010.

C’est bien sûr le cannabis qui est à la source de la très grande majorité de ces infractions, comme le constate le document :

“Quelle que soit la qualification retenue, le cannabis 11 reste, sur la période étudiée, la drogue la plus fréquemment impliquée au regard du nombre d’affaires annuelles. Le volume des affaires liées à ce stupéfiant a été multiplié par 6.

Il atteint, en moyenne, plus de 18000 par an, sur les trois premières années de la période observée et près de 108200, en moyenne, sur les trois dernières années.

La part relative des affaires liées au cannabis représente ainsi de 70% à 90% de l’ensemble des affaires traitées sur les 20 années d’observation. Cette part évolue peu depuis le début des années 2000, même si le nombre d’affaires continue, lui, à progresser.”

Les autres drogues gagnent aussi du terrain, mais leur domaine est circonscrit à certaines pratiques :

“Avec en moyenne 12 moins de 400 affaires au début des années 1990, près de 1200 au début des années 2000 et 1700 à la fin, les affaires d’usage de cocaïne ont augmenté régulièrement au cours des vingt années observées. Leur part relative n’a néanmoins jamais représenté plus de 3% des procédures pour usage.

Comme on le verra infra, la cocaïne est pourtant une drogue beaucoup plus présente dans les affaires de trafic. Contrairement à l’usage de cannabis et d’héroïne qui sont plus fréquemment pratiqués sur la voie publique, l’usage de cocaïne relève essentiellement de la sphère privée.

Ce mode de consommation différencié explique certainement la faiblesse relative du nombre d’affaires d’usage simple lui étant lié.

Enfin, il faut noter que si les drogues de synthèse constituent une part marginale des affaires d’usage, elles ont néanmoins connu une expansion au début des années 2000.

Ainsi, de quelques dizaines d’affaires au début des années 1990, on en dénombre en moyenne près de 900 dix ans plus tard. Leur part relative ne dépasse néanmoins jamais les 2% sur l’ensemble de la période.”

Il est impressionnant de voir le nombre de personnes concernées : on a, entre 1990 et 2010, 2 250 243 personnes interpellées dans le cadre des 1 394 942 affaires traitées, chiffre à ajuster en raison des multirécidivistes, amenant ainsi au chiffre de 1 387 059 personnes.

Un million 400 000 personnes ont été interpellées en vingt ans en raison des drogues!

C’est un chiffre énorme, témoignant de l’impact des drogues dans notre pays, du poids culturel du cannabis, de son importance qui fait que les entreprises transformeraient bien cette pratique en machine à profit… Cela aux dépens de la santé, physique comme psychologique.

L’Etat n’est pas seulement en faillite économique : il l’est aussi culturellement et dans le domaine de la santé ; totalement aux mains des entreprises, on voit mal comment on échapperait à la mise en place d’un référendum pour la légalisation du cannabis, ce dernier devenant un business comme les autres…

On peut certainement commencer à envisager à s’opposer à ça!

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