Le Canada capitule devant le cannabis

La ministre de la santé du Canada a tenu un discours à New York, lors d’une session plénière extraordinaire de l’ONU sur les drogues. Elle y a expliqué que le Canada allait mettre en place l’année prochaine une loi pour légaliser le cannabis.

C’est un pas de plus dans l’intégration de cette drogue dans le capitalisme… Voici le document retranscrivant les propos de la ministre.

Déclaration en plénière pour l’honorable Jane Philpott ministre de la Santé – SEAGNU sur le problème mondial de la drogue
20 avril 2016

SEULE LA VERSION PRONONCÉE FAIT FOI

Monsieur le président, chefs d’État et de gouvernement, ministres et distingués délégués. C’est pour moi un honneur de participer à cette session extraordinaire à l’Assemblée générale des Nations Unies. Ce rassemblement est une excellente occasion de revoir nos efforts à l’égard des politiques mondiales concernant la drogue.

Il y a quelques semaines, j’ai rencontré un groupe d’ONG à Ottawa en vue du présent rassemblement. Ce groupe se composait d’avocats, de médecins et d’activistes très articulés, mais la voix qui s’est le plus démarquée est celle d’une mère.

Elle nous a raconté l’histoire de sa fille, qui est décédée des suites de complications liées à la toxicomanie. Elle a décrit comment elle avait vu sa fille s’éteindre alors qu’elle avait de la difficulté à accéder au traitement et aux services qui auraient pu sauver une vie fragile.

Des histoires comme celles-ci sont trop courantes. De nombreuses vies prennent fin trop rapidement en raison de surdoses de drogues licites et illicites. Aujourd’hui, je m’adresse à vous en tant que ministre de la Santé du Canada pour vous dire que nous devons faire mieux pour nos citoyens.

Je suis fière de défendre une politique à l’égard des drogues qui se fonde sur des données probantes scientifiques. Une politique axée sur la santé publique qui vise à sensibiliser au maximum le public et atténuer au minimum les risques.

En tant que médecin qui a pratiqué au Canada et en Afrique subsaharienne, j’ai vu trop de personnes subir les conséquences dévastatrices de la consommation de drogue et des crimes qu’elle engendre ainsi que des politiques de lutte contre la toxicomanie mal conçues.

Heureusement, des solutions sont à notre portée. Au Canada, je suis impressionnée par le travail d’Insite, un site de consommation supervisée où les personnes qui ont des problèmes de dépendance ont accès aux soins et à l’aide dont ils ont besoin [il s’agit d’une salle de shoot à Vancouver].

Je suis fière de la rapidité avec laquelle nous rendons plus accessibles les trousses de naloxone afin de sauver la vie de personnes faisant une surdose d’opioïdes.
Je sens notre empressement à travailler ensemble pour trouver des solutions, que ce soit pour les grandes villes ou les communautés autochtones éloignées. Je sais que cette bonne volonté et cette générosité sont présentes à l’étranger.

C’est pourquoi j’ai été encouragée par le récent rappel du président de l’OICS [Organe International de Contrôle des Stupéfiants, initié par l’ONU] de mettre la santé et le bien-être au centre d’une approche équilibrée à l’égard de la mise en œuvre des traités.

Notre approche à l’égard des drogues doit être exhaustive et axée sur la collaboration et la compassion. Elle doit respecter les droits de la personne tout en favorisant le partage des responsabilités. Et elle doit reposer sur une approche fondée sur la science.

Ces principes seront appliqués au Canada en ce qui concerne la marijuana.

À ces fins, au printemps 2017, nous allons présenter notre projet de loi pour empêcher la marijuana de tomber entre les mains des enfants, et les profits de tomber entre les mains des criminels. Bien que ce plan remette en question le statu quo dans plusieurs pays, nous sommes convaincus qu’il s’agit de la meilleure façon de protéger nos jeunes tout en renforçant la sécurité publique.

Le Canada continuera de moderniser son approche à l’égard de la politique relative aux drogues. En nous inspirant de nos réussites comme Insite, nous adopterons une approche mettant l’accent sur la prévention en amont, le traitement axé sur la compassion et la réduction des méfaits.

Nous collaborerons avec des partenaires des services d’application de la loi afin d’encourager la prise de mesures de justice pénale appropriées et proportionnées. Nous savons qu’il est impossible de régler le problème en procédant simplement à des arrestations.

La lutte contre la consommation de drogue est un défi que nous partageons tous. Les solutions doivent donc être collectives et demandent la participation des gouvernements, des Autochtones, de la société civile, des jeunes, des scientifiques et des grands organismes de l’ONU.

Je reconnais que d’autres pays et cultures adopteront des approches qui diffèrent de celle du Canada. Je crois que si nous respectons le point de vue de chacun et trouvons un terrain d’entente, nous pouvons atteindre notre objectif commun : protéger nos citoyens.

Mieux encore, nous pouvons améliorer leur vie. Merci.

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