Hécatombe au « parc animalier » de Souppes-sur-Loing

Souppes-sur-Loing est une commune de Seine-et-Marne, au sud de Paris, qui avait un « parc animalier ». Les inondations ont frappé la petite ville et anéanti le parc…

Libération nous raconte brièvement l’importance des dégâts :

Flavien, 24 ans, est soignant animalier. Depuis 24 heures, il fait tout son possible pour sauver les locataires du parc de la crue historique du Loing. Une mission impossible, ou presque. «Quand je suis arrivé mercredi matin et que j’ai découvert l’inondation, sous le coup de l’adrénaline, j’ai plongé dans l’eau tout habillé, se souvient-il. Il y avait près de deux mètres de fond, et je nageais au milieu des cadavres.»

Si une partie des animaux (vaches, rennes, émeus, renards, autruches…) avaient pu être mis à l’abri mardi, d’autres, difficilement transportables, sont restés sur place. Pour leur salut, Flavien ouvre la volière, découpe la clôture des ratons-laveurs. Avec sa collègue Céline, il sort un âne paniqué de l’eau.

D’autres bestioles, elles, se sont réfugiées sur une petite butte au milieu du parc. En attendant la décrue, les deux soignants apportent, en canoë, de la nourriture aux survivants. Ce mode de transport est devenu indispensable dans les parties inférieures de la bourgade de 5 000 habitants, où les eaux ont grimpé, à certains endroits, de deux mètres.

Sur les 400 espèces d’animaux revendiquées par le parc, seulement 70 animaux ont été sauvés.

Il y a un groupe vegan, basé entre Nemours et Montargis, Vegan Corporation (ici le site et là son facebook), qui a fait ce qu’il fallait faire : enquêter, informer, mobiliser. Preuve de l’importance de l’ancrage local.

On notera ici que l’article de la République a été modifié, puisque

« Alors que les rumeurs circulent concernant le décès par noyade des animaux du parc de l’Emprunt, à Souppes-sur-Loing, la commune publie un démenti. »

est devenu :

Alors que les rumeurs circulent concernant le décès par noyade de tous les animaux du parc de l’Emprunt, à Souppes-sur-Loing, la commune publie un démenti.

On est passé en quelque sorte de « les animaux ont été sauvés » à « tous les animaux n’ont pas péri »…

Le Parisien présente la position du maire de la commune, qui y est allé de son refrain : le commerce avant les animaux. Alors qu’en même temps le communiqué de la commune prétendait qu’un hélicoptère avait été employé dans le sauvetage des animaux…

« J’ai demandé aux agriculteurs de venir avec leurs bétaillères et on a distribué les animaux un peu partout, affirme le maire (DVG) Pierre Babut. Nous en avons sauvé entre 80 à 90 %. Mais nous n’avons pas pu sortir ceux qui n’ont pas voulu monter dans les camions. » Une version des faits que réfute l’association Vegan Corporation, basée à Château-Landon, qui assure que seuls soixante-dix animaux sont sains et saufs.

« Certes l’âne est mort, déplore le Pierre Babut. Un employé communal s’est mouillé jusqu’à la taille pour aller le chercher. Mais il n’a pas voulu monter. Je ne vais pas faire prendre de risques à un employé. Il y a certainement des poules et des lapins qui sont morts, oui, mais ma préoccupation c’est le commerce local. J’ai 45 commerces qui ne rouvriront pas avant des mois. Je suis désolé pour ces animaux, mais les humains passent avant ».

Vegan Corporation annonce qu’elle portera plainte pour manquement aux obligations de sécurité auprès du procureur de la République. Le maire est lui bien déterminé à contre-attaquer en diffamation si la plainte voit le jour.

Une pétition existe en ligne, dont voici le contenu :

Pour le déplacement ou la fermeture du parc animalier de l’emprunt

Bonjour, Suites à la catastrophe naturelle qui s’est abattue sur notre territoire, sur nos régions, nos départements, nos communes, nous sommes tous encore sur le choque des conséquences qu’elle a engendrait. Malheureusement, à l’heure où j’écris ceci, elle n’est pas terminée car la vague de crue  »descend » pour terminée sa folle course dans la Manche.

Des citoyens vont devoir faire face à encore bien des épreuves et je suis de tout coeur avec eux. Je suis Citoyen de Seine-et-Marne, du canton de Nemours, j’éprouve en ce jour une très forte animosité envers les pouvoirs publiques de Souppes-sur-Loing et plus particulièrement envers le maire, M. Pierre Babut.

Je fais face à une terrible nouvelle qui m’attriste énormément. Je me suis inquiété du sort des animaux, disons plutôt des  »personnes », se trouvant  »enfermés » sur le site du Parc Animalier de l’Emprunt. Ce parc est situé juste à Côté du Loing et se trouve en cuvette, deux variables intimement liées aux conséquences tragiques. Beaucoup sont décédés, noyés, dans l’effroi de ne pouvoir s’évader. M. BABUT s’insurge des remarques qu’on lui porte, évidemment !

En connaissance de la topographie du Parc, de son emplacement, ils étaient à prévoir des conséquences et qu’il était nécessaire de prévoir un plan de sauvetage bien à l’avance ! Surtout que l’on avait connaissance de l’inondation bien avant qu’elles n’arrivent (nous ne savions pas l’ampleur) mais nous avons préféré attendre que notre département voisin soit dans l’orange pour agir.

Aurions-nous agit ainsi si ça avait été un centre pénitencier ?! Ce que je demande, c’est la fermeture définitive de ce parc qui n’est plus le  »sanctuaire » que M. Victor PRUDHOMME a créé mais un zoo touristique dont le seul but est le profit.

À défaut, ce zoo doit être définitivement déplacé sur les hauteurs de Souppes-sur-Loing car cette inondation n’est malheureusement pas la dernière ! Nous trouvons le terrain pour construire sur ces hauteurs un centre commercial, pourquoi pas un terrain pour ces  »personnes » mortes noyés contre leur volonté de vivre leur liberté.

Pour information, selon le dernier communiqué, 70 sont vivants sur les 400 (informations données sur le site officiel de Souppes-sur-Loing), ça laisse songeur. Ceci est important pour nous mais surtout pour eux (les  »animaix »)…

J’allais dans ce parc étant enfant, en grandissant, j’ai appris tout le mal que l’on pouvait leur faire, je ne suis plus favorable à ces environnements malsains ou si cela s’avère nécessaire, il faut les préserver au mieux, les traiter d’égal à égal. Nous ne pouvons plus accepter la situation géographique de ce parc. Nous le savons, d’autres vont remplir les cages vides pour que l’histoire recommence encore et encore. Merci à tous

C’est encore une fois terrible et l’affaire reste à suivre, surtout si la mairie tente de masquer sa responsabilité en s’en prenant juridiquement à des vegans!

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