Alcool et violence à l’euro 2016

Le thème de l’alcool est revenu ces derniers jours sur le devant de la scène dans notre pays. On a pu constater des bagarres à Marseille dans le centre-ville avec une personne grièvement blessée dans un état critique, un mouvement de foule en panique lors d’un match à Marseille également, et hier un supporter nord-irlandais de 24 ans alcoolisé est tombé dans le vide, décédant de sa chute d’une hauteur de 8 mètres.

Les scènes de violence débridée de la part de hooligans ont amené le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, à interdire la vente d’alcool la veille et le jour des matchs dans des « périmètres sensibles ».

Quelle hypocrisie, quand on voit que l’euro 2016 est une compétition prétexte à des publicités Heinken partout, alors que la bière Carlsberg est un partenaire officiel de l’euro 2016.

Personne ne doit être dupe sur la manière dont le football est massivement utilisé depuis 1998 comme divertissement démagogique.

Pour comprendre le principe, il suffit de se plonger dans l’histoire et de voir qu’à Rome également, le principe « du pain et des jeux » était utilisé par les tyrans pour rendre le peuple idiot.

Quand on critique les drogues et l’alcool, il faut donc rejeter la religion comme opium du peuple, mais également le football comme un opium du peuple très puissant, proche dans l’esprit des jeux de hasard.

Qu’on ne dise pas qu’on critique le football : tout cela n’a rien à voir avec le football en soi, mais avec le business développé autour de lui (ce que critique également par exemple, imparfaitement, le mouvement « against modern football »).

Le football a conquis une place toujours plus grande dans les médias et on se doute pourquoi. C’est le spectacle vide de sens, une fausse actualité, purement divertissant et prétexte à des mentalités tribales ou nationalistes, des personnalisations outrancières, etc.

On joue sur les sentiments, on joue sur les émotions, on occupe les esprits, tout cela pour des choses vides de sens permettant aux entreprises de faire des bénéfices.

Au lieu d’éduquer les enfants à prendre soin de la planète, à apprécier la Nature, à être bienveillant, le football propose l’argent facile et l’éloge de la simplicité idiote. Car les enfants sont les principales cibles d’un véritable lavage de cerveau.

L’image type du supporter selon les entreprises, diffusé à coups de publicités, de vidéos, etc., c’est l’anti-intellectuel assis sur son canapé devant son grand écran plat tout neuf, « l’ultra » qui vit sa vie uniquement pour « son » club et le fêter, l’anti-intellectuel adepte d’un triptyque délirant « bière-baise-baston », la femme servant de faire-valoir…

Preuve de cela, si hors des stades c’est l’alcool qui est de rigueur, à l’intérieur le menu obligatoire c’est McDonald’s – Coca Cola ! Rappelons également le partenariat de KFC avec la Fédération Française de football…

Si on critique le pape, il faut tout autant critiquer l’UEFA, papauté d’un nouveau genre. Quand l’État dénonce les affrontements il est donc hypocrite, il a accepté un phénomène business de grande ampleur, et l’UEFA ne paie d’ailleurs aucun impôt…

Même Le Figaro est obligé de titrer « Euro 2016: l’alcool et la bêtise ont transformé le centre de Marseille en champ de bataille ».

Mais ne parlons pas de « bêtise », parlons de culture. Car dans les affrontements, on n’a vu que des hommes. On a ici un mélange de virilisme et de nationalisme, de culte du guerrier et de l’aventure.

Le contraire de valeurs civilisées, d’une vie en harmonie avec la Nature. Est-ce plaisant de frapper ou d’être frappé ? Absolument pas. Est-il dans l’ordre des choses de gaspiller son énergie à agresser, à harceler ? Pas du tout.

Être bienveillant ne procure-t-il pas, à l’inverse, du plaisir ? Bien entendu.

Aussi est-il terrible de voir la société s’orienter dans quelque chose d’aussi laid…

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