L’impact des particules fines en France

L’organisme institutionnel Santé Publique France a rendu public un document sur les particules fines, expliquant qu’elles sont la source d’au moins 48 000 morts par an.

Les médias en ont beaucoup parlé et on sait qu’en arrière-plan on a la “surprise” d’une humanité anthropocentrique, découvrant que ses activités sortent de la logique Nature…

Voici une carte de France indiquant les niveaux de concentration.

On trouvera sur cette page les résultats région par région, le rapport global de 162 pages étant disponible ici.

Voici ce que Santé Publique France explique dans une petite synthèse, de manière tellement franche qu’on imagine facilement l’ampleur du désastre.

Le document tente de proposer des solutions, mais on voit bien qu’il s’agit de petits raisonnements partiels, sans vue d’ensemble. Rien n’est possible sans tout remettre à plat et de partir du principe : la Terre d’abord!

Santé publique France publie aujourd’hui de nouveaux travaux sur l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé en France métropolitaine.

Ces derniers confirment le poids de la pollution atmosphérique en France : elle correspond à une perte d’espérance de vie [pour une personne âgée de 30 ans] pouvant dépasser 2 ans dans les villes les plus exposées, et au-delà des grandes villes, concerne les villes moyennes et petites, et les milieux ruraux.

Ces résultats confirment l’importance de poursuivre les efforts dans la mise en œuvre de politiques publiques en faveur de l’amélioration de la qualité de l’air.

La mortalité liée à la pollution particulaire toujours aussi importante
Santé publique France a réalisé une évaluation quantitative de l’impact sanitaire (EQIS) de la pollution atmosphérique afin d’en estimer le poids sur la santé. L’étude de Santé publique France apporte une nouvelle estimation nationale du poids de la pollution par les particules fines PM2.5 en lien avec l’activité humaine.

Ces nouvelles données actualisent la dernière estimation publiée en 2000 dans l’étude européenne CAFE annonçant plus de 40 000 décès liés à la pollution en France.

Estimé à 48 000 décès par an, confirmant le même ordre de grandeur que l’étude européenne.

La pollution de l’air n’affecte pas que les grandes villes
Si les effets de cette pollution sont plus importants dans les grandes villes, les villes moyennes et petites ainsi que les milieux ruraux sont aussi concernées :

dans les zones urbaines de plus de 100 000 habitants les résultats montrent, en moyenne, une perte de 15 mois d’espérance de vie à 30 ans du fait des PM2.5 ;

dans les zones entre 2000 et 100 000 habitants, la perte d’espérance de vie est de 10 mois en moyenne ;

dans les zones rurales, ce sont en moyenne 9 mois d’espérance vie qui sont estimés perdus.

Les travaux de Santé publique France mettent en exergue des bénéfices sanitaires potentiels importants associés à une amélioration de la qualité de l’air.

Les résultats montrent que les scénarios les plus ambitieux de baisse des niveaux de pollution conduisent à des bénéfices importants pour la santé.

Par exemple, si l’ensemble des communes réussissait à atteindre les niveaux de PM2.5 observés dans les 5 % des communes les moins polluées de la même classe d’urbanisation, 34 000 décès pourraient être évités chaque année (gain moyen de 9 mois d’espérance de vie).

Pour réaliser une EQIS de la pollution atmosphérique, l’OMS recommande de s’appuyer sur un couple polluant-effet sanitaire pour lequel les connaissances scientifiques sont suffisantes non seulement pour permettre une quantification de l’impact sanitaire mais aussi pour en assoir la validité.

Le couple « pollution aux particules fines PM2.5 – mortalité » répond à cette condition.

Les résultats d’EQIS de la pollution atmosphérique se fondent en effet sur une relation PM2.5 – mortalité issue des études épidémiologiques françaises et européennes, jugée de nature causale par l’ensemble des épidémiologistes.

De plus, les PM2.5 sont représentatives de la pollution dans sa globalité : prendre en compte des polluants supplémentaires comme l’ozone ne majorerait pas significativement l’impact estimé mais fragiliserait son estimation car la relation ozone-mortalité est moins solide que la relation PM2.5 – mortalité.

Les niveaux de pollution (PM2.5) ont été estimés dans 36 219 communes en France pour les années 2007-2008.

Différents scénarios de réduction des niveaux de pollution ont finalement été testés et les impacts correspondant, exprimés en  nombre de décès évitables et en gain moyen en espérance de vie pour une personne âgée de 30 ans, ont été comparés.

Les pics de pollution pèsent beaucoup moins sur la santé que l’exposition chronique.

Santé publique France a par ailleurs mené une étude7  dans 17 villes en France, de 2007 à 2010, afin de calculer la part des pics de pollution dans les effets sur la santé.

Les résultats confirment les travaux de surveillance menés jusqu’à présent : c’est l’exposition à la pollution, quotidienne et dans la durée qui a l’impact le plus important sur la santé, les pics de pollution ayant un effet marginal.

Des mesures possibles pour améliorer la santé et la qualité de vie de tous.

De nombreuses études dans le monde ont quantifié les bénéfices sanitaires de diverses politiques d’interventions : modification de la composition des carburants, mise en place de péage urbain, pratique du vélo, réduction d’émissions industrielles, …

La plupart de ces travaux concluent à des améliorations de l’état de santé en termes de mortalité, d’espérance de vie, d’hospitalisations pour asthme, de prévalence des maladies respiratoires et cardiovasculaires, de naissances prématurées…

Par ces travaux, Santé publique France confirme que la pollution atmosphérique a des conséquences importantes en termes de santé publique en France. Ils montrent que la mise en place d’actions visant à réduire durablement la pollution atmosphérique permettrait d’améliorer de façon considérable la santé et la qualité de vie de la population.

Le programme de surveillance air et santé de Santé Publique France sera élargi à l’étude des maladies en lien avec la pollution, comme les pathologies cardio-vasculaires, le cancer et l’asthme.

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