« Altruisme Efficace France » : encore une OPA sur le véganisme

Comme on le sait le véganisme est « tendance », même BFMTV peut parler de la « folie végane », car l’approche est outrageusement existentialiste et liée aux classes sociales urbaines et favorisées.

Voici un exemple de plus à cela avec « Altruisme Efficace France« , une sorte d’association « à l’américaine » qui organise une conférence pour sa naissance à l’université de la Sorbonne, à Paris, pas moins!

C’est qu’il s’agit d’une de ces associations soutenues par des grands bourgeois, portées par des gens passés par les grandes écoles de commerce mondiales, des religieux, etc.

C’est la charité à l’américaine : apolitique, lié aux grandes entreprises, opposé à toute conception de révolution, etc.

L’altruisme efficace est donc soutenu par le cofondateur de Facebook Dustin Moskovitz, le cofondateur de PayPal Peter Thiel, le cofondateur de Skype Jaan Tallinn, l’ancien directeur de la très prestigieuse université américaine de Stanford Paul Brest…

En France, c’est le religieux Matthieu Ricard qui se charge de promouvoir cette forme d’ailleurs pratiquement religieuse de solidarité, avec en arrière-plan une multitude d’associations brassant des millions en se targuant de concepts tous plus délirants les uns que les autres…

On a ainsi GiveWell « évalue l’efficacité d’organisations caritatives », LessWrong « corrige les biais cognitifs humains pour faire plus de bien », Giving What We Can appelle à donner 10% de ses revenus, 80,000 Hours qui oriente vers une vie « vie professionnelle éthique », etc. etc.

Au niveau des animaux, on a Animal Charity Evaluators, visant « la recherche et la promotion de méthodes efficaces pour améliorer la vie des animaux ».

Car on l’aura compris, il y a désormais tout à fait clairement deux formes de véganisme, si l’on ose dire. Il y a le véganisme comme point de départ d’une utopie collective, dans une démarche que nous voulons fondée sur la Nature, et il y a celui lié aux couches sociales dominantes, d’orientation « éthique », personnelle.

On retrouve de ce fait, dans « l’altruisme efficace », le philosophe Peter Singer, qui s’appuie sur « l’utilitarisme », théorie juridique comme quoi si une chose arrange plein de monde, alors il faudrait le faire.

Avec Peter Singer, on a le fondateur du courant pro-animaux anti-ALF. C’est le fameux blablabla juridique aux multiples facettes, parfois contradictoires, qu’affectionnent particulièrement les « cahiers antispécistes » (qui ont donné L214), les abolitionnistes défendant le point de vue de Francione, etc. etc.

Le FAQ de l’association qui se fonde à la Sorbonne propose donc, fort logiquement, la thèse suivante : si on veut et qu’on trouve cela bien, alors on peut le faire.

Êtes-vous tous végétariens ?

Il n’est pas nécessaire d’être végétarien pour adhérer aux principes de l’altruisme efficace. Cependant, beaucoup de personnes qui se reconnaissent dans l’altruisme efficace sont végétariens ou véganes, ou cherchent à réduire leur consommation de produits animaux, pour des raisons liées à la souffrance animale mais aussi à la santé humaine et à l’impact sur le climat.

Ce n’est pas nécessaire, mais si on peut faire du bien, il faut le faire! L’aspect religieux d’une telle démarche saute aux yeux, puisqu’on est là dans l’individuel, sans aucune vision générale.

Les animaux sont réduits à l’objet d’une « projection » d’une morale déconnectée du réel… Les propos de Matthieu Ricard sont tout à fait compréhensibles si on saisit cet arrière-plan.

En plus de Peter Singer, il y aura Hélène Giacobino, directrice européenne de J-PAL, le « Laboratoire d’action contre la pauvreté ».

Ce « laboratoire » est dirigé depuis le très prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) par Esther Duflot, qui a suivi la voie royale :  classe préparatoire au lycée Henri-IV, passage à l’Ecole Normale Supérieure, DEA d’économie à l’EHESS, agrégation en économie, professeur à l’université de Princeton puis à vie au MIT à l’âge de 32 ans !

Si l’on ajoute qu’elle vient d’une famille protestante, on a ici le parcours rêvé pour être la tête de pont de la charité à l’américaine, géré et décidé par des millionnaires, dans une logique éthique uniquement individuelle…

Articles pouvant vous intéresser