“Cet hôpital a au moins le mérite d’exister”

Voici une constatation intéressante faite par quelqu’un qui est allé en Inde du Nord afin d’observer des oiseaux.

On retrouve en effet les sentiments contradictoires ressentis par de nombreuses personnes en découvrant les refuges.

Il y a en face du fort rouge [à Delhi], « the charity birds hospital » un hôpital pour les oiseaux blessés ou malades, dans des bâtiments exigus et mal entretenus. Les volières sont petites et surpeuplés, il fait chaud et l’air est irrespirable. Beaucoup de perruches et de pigeons attendent une hypothétique guérison, dans un piètre état, je ressors de là, le cœur un peu retourné. Les moyens manquent c’est évident, mais cet hôpital a au moins le mérite d’exister.

On a là deux impressions typiques et contradictoires. Tout d’abord, il y a le ressenti, l’émotion, l’empathie pour les animaux qui souffrent. C’est là une impression active.

Ensuite, il y a la protestation contre les conditions si dures, voire sordides. C’est là une impression passive.

Or, c’est un grand problème que cette seconde impression. Elle se rattache à toute une manière passive et consommatrice de voir les choses. Les gens sont habitués à la loi de l’offre et de la demande, considérant que le capitalisme satisfait les besoins par des propositions commerciales.

Lorsque les choses sortent du cadre, les gens pensent pour autant que comme eux demandent quelque chose, alors leur attente doit être satisfaite.

Ils ne voient pas que les animaux sont des victimes complètes et qu’il n’y a nul bénéfice commercial ou économique à les aider. Ils s’imaginent passivement que comme il y a une demande, alors comme par miracle la société de consommation va leur proposer ce qu’il faut.

Cette attitude existe malheureusement aussi du côté des personnes agissant dans les refuges. A un moment donné, face aux difficultés, les gens craquent parfois psychologiquement et s’imaginent qu’il y a une sorte de complot interne pour que les choses marchent si mal.

Là aussi, il y a une situation de passivité qui se profile. Une véritable attitude constructive serait de dire : ce pauvre refuge en Inde, je m’en vais aller le soutenir, ou bien :  ce pauvre refuge à côté de chez moi a besoin de mes initiatives en sa faveur.

Mais la passivité triomphe, dans l’attente d’une société de consommation qui, en réalité, ne trouve aucun intérêt aux refuges, à part par exemple des entreprises pour se donner une bonne image, comme celles parfois de nourriture pour animaux (bien qu’il faut noter aussi qu’on y trouve aussi de vrais amis des animaux oeuvrant en ce sens).

Il faut que ce genre de mentalité cesse : il faut savoir prendre parti dans le bon sens, ne pas se cantonner dans la critique comme quoi il faudrait que soit mieux fait, mais participer pour l’amélioration générale!

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