Le projet Cigéo enclenché, rassemblement à Bure le 16 juillet 2016

Ce lundi, le parlement a adopté une loi visant à l’établissement à Bure de 100 000 m3 de déchets nucléaires sous la terre…

Voici le communiqué de Sortir du nucléaire, suivi de l’appel à un rassemblement.

Loi Longuet : une poignée de députés se prononce sur un projet multimillénaire dans l’indifférence générale

Communiqué du 12 juillet 2016

Alors que la gestion des déchets radioactifs est un sujet grave, qui engage la France pour des millénaires, vingt députés à peine se sont retrouvés hier à l’Assemblée Nationale pour trancher sur la proposition de loi Longuet. Les partisans de CIGÉO de droite comme de gauche (à identifier sur le site de l’Assemblée Nationale) ont refusé tous les amendements, afin d’accélérer l’adoption de la loi et d’éviter une nouvelle lecture

Que retenir du contexte dans lequel s’inscrit ce vote crucial ? Un lendemain de finale de coupe d’Euro et veille de jour de fête nationale, en plein mois de juillet dans un hémicycle vide, marqué par un rapporteur incarnant pleinement le conflit d’intérêt (car également président du Conseil d’administration de l’Andra !) et l’absence de la ministre concernée, mieux occupée à faire des selfies avec les footballeurs de l’équipe de France.

Cette poignée de députés vient donc de donner son aval à un projet démesuré, comportant 300 km de galeries, des installations de stockage en surface aussi vastes que La Hague, qui nécessitera la construction de nouvelles lignes haute tension et de postes de transformation et d’une ligne ferroviaire pour acheminer deux convois de déchets radioactifs par semaine pendant un siècle.

La “phase pilote” avalisée par le texte constitue la première étape industrielle de la construction de CIGÉO, et non une phase d’expérimentation comme cela a été présenté au Parlement. Elle représente à elle seule l’ensemble des installations de surface, de transport, réception et conditionnement des “colis” de déchets, ainsi que les premiers 40 premiers kilomètres de galeries. Son coût s’élève à 5,7 milliards d’euros. Cette somme est à comparer aux 5 milliards d’euros provisionnés à ce jour pour la totalité du projet CIGÉO, à savoir, sur 130 ans, au bas mot, 34,5 milliards d’euros selon l’Agence pour la gestion des déchets radioactifs.

Les risques insolubles du projet (explosion d’hydrogène, incendie souterrain, contamination des nappes phréatiques) ont été balayés par les députés et le gouvernement. Quant à la”réversibilité” du stockage mise en avant par les partisans de CIGÉO, elle n’est qu’un leurre. En cas d’accident, il sera en réalité impossible de récupérer les déchets à 500 mètres sous terre, dans des conditions d’irradiation extrême.

Le Réseau “Sortir du nucléaire” dénonce ce simulacre de démocratie et appelle à amplifier la résistance contre ce projet dangereux et insensé, notamment en rejoignant le rassemblement prévu samedi 16 juillet et tout le week-end à Bure pour défendre le bois Lejuc, où l’Andra a déjà commencé des travaux.

Voici le texte de l’appel pour le rassemblement :

Samedi 16 Juillet, on reprend la forêt !

Ils ont donc envoyé les casqués par dizaines. On les a vu poindre à l’horizon peu avant six heures du matin, jeudi 7 juillet. Les casqués, les fourgons, les tracteurs, les bulldozers, les poids-lourds, les hélicoptères. Ô sinistre parade venue nous déloger !

Depuis le 19 juin, collectifs, associations, habitant.e.s en résistance, paysan.e.s vivaient dans et avec la forêt libérée de Mandres-en-Barrois en construisant des cabanes là où l’ANDRA a déboisé.

À l’heure où les nucléocrates tentent de légaliser le cimetière atomique à l’Assemblée Nationale, nous, nous avons occupé joyeusement la plateforme de Cigéo, symbole du début des travaux.

Ce front contre l’empire nucléaire, brèche fragile, a été ouvert et tenu de diverses manières : sabotages, pique-nique, occupation, actions juridiques et le ralliement de plus d’une soixantaine d’associations. Tout ceci a enrayé la machine de l’ANDRA jusqu’à la pousser à employer la force.

Cette expulsion ne signe en rien une défaite. Elle renforce plutôt notre colère, notre rage et notre détermination. Il est hors de question de leur laisser ce bois. Que les flics y traînent leurs sales bottes à longueur de journée, que les mercenaires de l’ANDRA reprennent leurs rondes, qu’ils redémarrent leurs travaux insupportables.

Le week-end du 16 et 17 juillet 2016, nous avions convoqué, sous les charmes et les hêtres du bois, des « Barricades antinucléaires mondiales et improvisées ».

Il est urgent d’être ambitieux.ses et réalistes comme nous avons su l’être jusqu’ici. Ces rencontres auront donc lieu. Et elles auront lieu DANS LA FORÊT !

Après le 14 juillet, les seuls et uniques feux d’artifice qui jailliront seront ceux que nous tirerons contre l’Andra et son monde ! Une fois encore, notre seule limite c’est le nombre. Rejoignez-nous !
ON NE NOUS ATOMISERA JAMAIS !
ANDRA, DÉGAGE !
RÉSISTANCE ET AFFOUAGES !
#ÉTÉDURGENCE

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