“Les premiers grands dealers de cannabis de la préhistoire”?!

La revue Sciences et Avenir s’est dit qu’après tout, elle aussi participerait bien à la campagne générale pour légaliser le cannabis.

Elle a ainsi publié il y a deux jours un article totalement délirant, bien entendu à prétention scientifique, au titre incroyable : Des dealers de cannabis à la préhistoire. En voici la présentation :

Une route du cannabis a précédé celle de la soie. Selon des archéologues allemands, un peuple de cavaliers des steppes aurait ainsi largement diffusé le chanvre – et peut-être son usage psychoactif – dès 5000 ans av. J.-C.

Comme on le sait, la route de la soie a été une importante voie commerciale, reliant la Chine à la Syrie et active surtout depuis environ 100 avant notre ère jusqu’au 13e siècle.

L’idée bien entendu de l’article “scientifique” est alors de dire que le cannabis qui devrait aujourd’hui être légalisé pour être consommé en masse l’était déjà dans le passé, formant une sorte de “route de la soie”.

Le seul problème, bien entendu, est que tout cela est de la fiction, une manière pure et simple de plaquer un rêve commercial d’aujourd’hui au passé. On sait déjà comment les partisans de l’individualisme le plus forcené présentent d’ailleurs la Nature comme un monde cruel où le plus fort seulement peut survivre, avec comme mot d’ordre “manger ou être mangé”, etc. etc.

Pas de souci, les “scientifiques” savent faire aussi fort que Games of thrones quand il le faut :

Les Yamna, des cavaliers venus des steppes, et l’une des quatre tribus fondatrices des Européens modernes, sont probablement les premiers grands dealers de cannabis de la préhistoire, estiment des chercheurs allemands.

Ces hommes de l’âge du bronze ancien (et dont la culture a rayonné entre 5 500 av. J.-C. et 4 300 av. J.-C.), ne se sont pas contentés de diffuser les langues indo-européennes, ni de répandre leurs gènes en se mêlant à toutes les populations de fermiers rencontrées : ils auraient également répandu le chanvre et peut-être son utilisation psychoactive à travers toute l’Europe et l’Asie, estiment Tengwen Long et Pavel Tarasov, de l’Université libre de Berlin, dans la revue Vegetation History and Archeobotany. (…)

Les Yamna, d’abord essentiellement localisés au nord de la mer Noire, se sont largement déployés à l’ouest, mais également introduits dans toute l’Asie centrale, puis en Mongolie et en Chine. « La valeur élevée du cannabis pouvait en faire un bon d’échange idéal à l’époque – une sorte de “culture de rente” avant l’argent, avance Tegwen Long, même si cette hypothèse exige davantage de preuves. »

On notera les précautions oratoires : “probablement”, “ils auraient”, “peut-être”, “hypothèse”… Qui contrastent avec le coup de massue idéologique : “les premiers grands dealers de cannabis de la préhistoire”.

On est là en plein délire. Ces gens parlent de ce qui se passait il y a 9 000 ans et à les écouter, une tribu ferait du commerce international, vivant en parasite grâce à la fourniture d’une denrée rare de type psychotrope.

Ce dont il s’agit ici, n’en soyons pas dupes, c’est d’une tentative de légitimation de la légalisation du cannabis. Ces “scientifiques” tentent de fournir un alibi à l’industrie moderne du cannabis, qui pourra profiter d’une telle étude “scientifique” pour prétendre avoir en fait tout le temps existé…

Y compris à une époque de barbarie la plus complète, avec des échanges éparses tentant très vaguement de se généraliser… Rappelons qu’à l’époque, il y a environ cinq millions d’êtres humains sur la planète… L’argent va apparaître quatre mille ans plus tard, justement comme moyen d’échange lors de l’émergence des premières civilisations un tant soit peu stables…

On est à une époque où c’est l’esclavage qui prédomine. Et on aurait une tribu faisant du commerce international et vivant tranquillement de ses “rentes”?

C’est totalement délirant et pourtant, malheureusement, on voit très bien de quoi cela relève.

Ne croyons pas non plus que la diffusion d’une telle information soit un accident, puisque l’article a été écrit directement par le Chef du service Enquêtes au magazine Sciences et Avenir (qui affirme avoir l’habitude de recevoir “un abondant courrier de la part de religieux, scientistes, écologistes ou climato-sceptiques” – les écologistes étant mis sur le même plan que les autres!).

C’est clair : l’idéologie dominante veut forcer la libéralisation du cannabis, coûte que coûte!

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