Le film “Comme des bêtes”

Aujourd’hui sort au cinéma le film “Comme des bêtes“, avec une question servant de prétexte à tout le scénario : que font les animaux “de compagnie” quand leurs “maîtres” ne sont pas là?

Précisons tout de suite ce qu’il en est : il n’y aucune problématique vegan dans le film, absolument rien. Bien sûr, on va pouvoir trouver des éléments intéressants, car cela se veut une réflexion sur le statut d’animaux “de compagnie”.

Mais la fin consiste en un éloge absolument innommable de l’animal “de compagnie” dont la vie consisterait à attendre et à connaître le bonheur au retour du “maître”. Ce n’est pas valable que pour les chiens, mais aussi pour les chats, les poissons, les cochons d’Inde, les tortues, les oiseaux…

A cela s’ajoute une scène hallucinante où deux chiens connaissent le bonheur dans une usine à saucisses, prétexte à une perception délirante de leur part.

On a alors une scène qui vaut le coup d’oeil tellement cela en est givré et non vegan, avec des saucisses ayant des visages et se mettant à danser tous les sens dans un spectacle féerique, attendant d’être mangées. Une scène incroyable et totalement hallucinée.

Il y a, par contre, des moments très intéressants, car il y a une tentative de faire un certain portrait de la vie quotidienne. On voit l’ennui des animaux qui sont seuls à la maison et d’ailleurs le prétexte du film est une aventure incroyable où, en réalité, les animaux auraient une “vie secrète”, trépidante, avec toute une organisation sociale derrière, etc.

On peut également voir comment les gens maltraitent leurs chiens, comme dans un parc où une personne ne cesse de tirer sur la laisse, alors qu’il cherche à socialiser avec d’autres chiens. Il y a aussi la jalousie, là aussi prétexte au film puisque l’arrivée d’un second chien provoque un conflit qui sert d’élément perturbateur au scénario, pour utiliser l’expression qu’affectionnent les professeurs de français.

Voici une des multiples bande-annonces du film, présentant la situation.


Ce qui est par contre très problématique et pour le coup inacceptable, c’est que le scénario se fonde sur une opposition entre les animaux “de compagnie” et les animaux sauvages, ces derniers s’avérant tourmentés, malheureux, criminels.

Ils vivent dans les égouts et veulent supprimer les humains, pour avoir été abandonnés, maltraités. Ils ne supportent pas les animaux “domestiqués”. Leur chef est un petit lapin qui, bien sûr, une fois adopté, n’a plus l’intention de tuer les humains pour se venger…

On a donc un film qui se veut purement divertissant, cherchant à accrocher naturellement en s’appuyant sur quelque chose de réel (sinon cela n’intéresserait pas).

Sauf qu’il n’a pas de contenu critique réel, qu’il se cantonne dans une vision idéalisée d’animaux “de compagnie” heureux de vivre chez des gens vivant à New York, dans un environnement feutré où tout le monde est en même temps différent (il y a les gens chics, le tatoué, l’intellectuel, la jeune active branchée, etc., chacun ayant un animal “de compagnie” qui lui est “adéquat”…).

Un réel gâchis, qui n’est pas sauvé par les efforts d’inventivité!

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