Le 8 août 2016, “overshoot day”

Chaque année, le WWF présente une date censée être charnière dans la mesure où à partir de là, nous vivrions en quelque sorte à crédit par rapport au futur. Voici l’explication de la méthode faite par le WWF au Figaro :

INTERVIEW – Le lundi 8 août sera déjà, pour la Terre, le «jour du dépassement» de ses capacités à renouveler les ressources consommées par l’homme en 2016. Arnaud Gauffier, de WWF France, explique le mode de calcul utilisé pour définir cette date de plus en plus précoce et les mesures utiles à la faire reculer.

LE FIGARO. – A partir de lundi, l’humanité aura consommé toutes les ressources que la planète est capable de renouveler en une année. Comment calcule-t-on cet «Overshoot Day»?

Arnaud Gauffier – Nous utilisons des données issues de 70 organisations mondiales, telles que l’ONU, des institutions scientifiques, ou encore des universités. Ensuite, le calcul est fait par le Global Footprint Network, une institution scientifique avec laquelle WWF collabore.

Pour se faire, il faut croiser la biocapacité de la planète et notre empreinte écologique. La biocapacité est la surface biologiquement productive qui fournit la capacité biologique renouvelable, à savoir, la faculté d’un écosystème à régénérer les ressources biologiques et à absorber les déchets générés par les hommes. Elle est mesurée en hectares globaux.

Quant à notre empreinte, elle permet de mesurer la superficie totale de terre et de mer biologiquement productives nécessaire pour produire toutes les ressources qu’une population consomme et pour absorber tous ses déchets. Elle prend en compte les avancées technologiques de chaque année.

Au moment où les deux courbes se croisent, on rentre dans une zone de dette écologique. Autrement dit, on dépasse la biocapacité de la planète. C’est de cette manière que l’on peut dire «en ce moment, nous aurions besoin de la surface de 1,6 planètes pour pouvoir soutenir nos modes de consommation.»

Comme on peut le voir, l’approche est entièrement anthropocentrique. C’est une vision comptable, avec des entrées et des sorties. Or, c’est là une approche entièrement fausse.

D’abord, parce que la Nature est un tout, un système, qui ne se laisse pas réduire à des schémas quantitatifs. Toutes les tentatives scientifiques pour former une sorte de mini système environnemental, notamment pour les voyages spatiaux, ont lamentablement échouées.

Ensuite, parce que moralement la vie d’un être vivant ne se laisse pas réduire à la satisfaction ou l’utilité. Un tel point de vue, qui est le point de vue dominant, amène des catastrophes et des écocides. Le WWF montre ici qu’il n’est pas capable de rompre avec cette manière de voir les choses, de les compter…

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