Une chasse aux Pokémon à la “fête de la nature et de la chasse”

C’est une anecdote, mais elle est culturellement significative : à la “fête de la nature et de la chasse” qui se déroule à Compiègne, nous parlions hier de cette ville, il y aura des Pokémon à attraper (voir ici notre article sur Pokémon go).

Voici comment le Courrier Picard présente cela :

Des animations spécifiques pour les enfants sont prévues, ainsi que des balades à dos d’âne ou de poney.

Un chef se propose de donner des conseils culinaires, pour préparer le gibier. Sur place également une montgolfière statique.

À côté des stands dédiés aux chasseurs et à leur équipement, il y a la reconstitution d’une partie de chasse au gibier, avec une mare et une hutte.

Mais également une partie dédiée aux pêcheurs.

Les chiens de chasse sont particulièrement mis en évidence, avec les chiens d’arrêt, les chiens suiveurs, ceux qui se chargent de la recherche du gibier blessé et les équipages de vénerie.

Que ce soit la chasse à courre, avec dix équipages présents, ou la chasse sous terre, dite petite vénerie.

Mais la grande folie actuelle ne sera pas oubliée. C’est ainsi qu’une chasse aux Pokémon sera organisée pendant les deux jours.

«  Nous allons lâcher un certain nombre de leurres et il faut savoir que nous avons répertorié plus d’une vingtaine de Pokéstops dans le parc  », soutient Marc Morgan, directeur de la FDC60.

Pour qu’il y ait des Pokémon, il faut en effet des endroits précis dans le jeu, comme des endroits culturels ; sans doute les organisateurs ont-ils contacté l’entreprise pour en ajouter, renforçant le tout avec des “leurres” attirant beaucoup de Pokémon attrapables par toutes les personnes présentes autour.

C’est un plan tout à fait calculé, une opération marketing très efficace… On voit aisément que le but du jeu des organisateurs est d’emprisonner le plus de gens dans une certaine manière de voir les choses. En l’occurrence, ici, il s’agit de coincer les gens dans une vie quotidienne où l’exploitation animale est partout présente.

Alors l’utilisation de la chasse aux Pokémon est logique : le parallèle est évident, puisque la personne qui cherche des Pokémon a comme objectif de les accumuler. Le chasseur actuel est une sorte de petit capitaliste cherchant à accumuler du profit ; son loisir est de s’approprier.

En plus, dans le jeu Pokémon, la personne les chassant est en concurrence avec d’autres, elle peut en élever, les renforcer,  les faire se combattre, etc.

C’est l’esprit de concurrence le plus vil.

Et les parents qui laissent les enfants et les adolescents faire cela donnent libre cours à une logique culturelle déjà néfaste, mais imaginons ce que cela donne dans le cadre d’une “fête” où la chasse est le principal thème, le reste ne servant que de faire-valoir.

Et encore, quand on parle de chasse, il faut voir qu’on est bien au-delà, car l’endroit tourne finalement autour de la chasse à courre.

Il y a des chiens élevés pour traquer le “gibier blessé” et autour d’eux, les enfants courront en traquant des Pokémon.

C’est d’un sinistre!

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