Caroline De Haas directrice de campagne de Cécile Duflot pour la primaire écologiste

Voici un tweet de Caroline De Haas. Comme elle ne parle jamais d’écologie (et encore moins des animaux), on se dit qu’elle s’y met un peu.

En fait, pas du tout. Elle savait déjà ce qu’elle allait annoncer aujourd’hui : elle devient directrice de campagne de Cécile Duflot pour la primaire écologiste.

Sans pour autant adhérer à EELV ! C’est-à-dire que si Cécile Duflot gagne la primaire, Caroline De Haas va se retrouver propulsée d’un coup à la direction d’EELV… C’est beau la bataille des idées.

Voici un autre tweet, où Caroline De Haas explique qu’elle est arrivée aux journées d’été d’EELV fin août.

Comme il faut tout de même faire un peu semblant, voici ce qu’on pouvait lire hier comme explication de Caroline De Haas.

« Je suis en pleine transition écologique dans ma tête et ma pratique quotidienne. Comme avec le féminisme il y a dix ans, j’ai basculé. »

C’est sûr que quand on n’a jamais parlé d’écologie, mais que subitement on devient une directrice de campagne pour prendre la tête d’EELV, il faut en effet au moins un peu de poésie politicienne.

Mais au-delà de cela, reconnaissons surtout un discours classique des gens de la “gauche américaine” qui veut “déconstruire”. Ce qu’on dit ne veut rien dire, mais on s’approprie un discours en apparence “révolutionnaire”, tout cela pour s’arroger des places dans les institutions, à l’université ou dans l’Etat, à travers un questionnement “existentiel”…

Car le plan de carrière était plombé. Au niveau des idées, elle n’a rien à dire à part un féminisme justifié mais entièrement borné dans un esprit “paritaire”, au point que même Aymeric Caron, de manière fort juste, se moque dans l’émission On n’est pas couché de son vide complet en termes de propositions.

C’est qu’en apparence, encore une fois, Caroline De Haas est une “contestataire”. Les médias ont en effet beaucoup parlé d’elle au moment du projet de loi travail, sa pétition en ligne ayant eu dans la foulée un immense succès.

Sauf que c’est du cinéma. A la base, Caroline De Haas, fille de parents médecins, est une cadre du PS : elle a appartenu au Mouvement des jeunes socialistes, ensuite logiquement au Parti socialiste, et elle est même devenue attachée de presse du porte-parole du parti (Benoît Hamon)…

Elle a également été conseillère chargée des relations avec les associations et de la lutte contre les violences faites aux femmes au sein du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem…

Elle est entièrement liée historiquement au PS et à François Hollande… Si elle est partie, c’est non pas pour les idées, car elle assume ouvertement d’avoir uniquement un côté “pratique”, mais par esprit de carrière.

Sauf que sa carrière était jusque-là mal partie. La liste “Féministes pour une Europe solidaire” dont elle avait la tête a obtenu 0,29 % aux élections européennes de 2014.

Caroline De Haas a donc changé une troisième fois de ligne, s’adaptant afin de faire carrière, son féminisme étant un levier afin de s’insérer dans un programme en prétendant apporter des revendications d’égalité…

On nous trouve dur ? Voici la déclaration de Caroline De Haas publiée sur Mediapart hier. Il suffit de lire : il n’y a strictement rien. Le mot “écologie” revient deux fois, juste en passant. On reconnaît tout à fait le hold up.

Demain nous appartient!

Pourquoi je rejoins aujourd’hui la campagne de Cécile Duflot pour l’élection présidentielle.

Il y a 2 ans, j’ai lu « De l’intérieur : Voyage au pays de la désillusion », le livre écrit par Cécile Duflot après son départ du gouvernement. A cette époque, je ne connaissais pas bien l’auteure. Il y a deux choses qui m’ont marquée dans ce livre.

La première, c’est quand Cécile Duflot raconte qu’elle a cru au début que les ministres écolo n’étaient pas invité.e.s aux réunions politiques du gouvernement. En fait, elle a pris conscience que ces réunions dans lesquelles on débat, on construit une orientation, on se convainc, on teste des idées, on travaille… n’existaient tout simplement pas. Le pilotage des politiques publiques, des décisions économiques, sociales ou écologiques reposait donc soit sur le bon vouloir du Président de la République, soit sur des notes réalisées par des techniciens, sans aucun doute très compétent.e.s, mais à aucun moment élu.e.s pour mettre en place un programme politique.

La deuxième chose dont je me rappelle, c’est qu’elle raconte dans ce livre le moment de sa rupture personnelle avec cette politique. Pour Cécile Duflot, c’est intervenu lorsque Manuel Valls a expliqué que les Roms n’avaient pas vraiment vocation à s’intégrer en France. Rupture accentuée par le fait que le Président n’a pas jugé utile de recadrer le ministre de l’intérieur pour ces propos qui ouvraient les vannes du racisme et de la discrimination (déjà bien ouvertes par le gouvernement précédent).

J’ai trouvé dans ce livre l’enthousiasme de se dire que lorsqu’on fait de la politique, on peut changer le monde, faire bouger les lignes, penser en permanence des alternatives pour faire reculer les inégalités. J’ai trouvé aussi de la révolte. Ce qui fait qu’on trouve l’énergie de se lever le matin pour essayer par tous les moyens à notre disposition de faire changer les choses, c’est parce que ce que nous voyons autour de nous n’est pas satisfaisant.

En fait, ce que nous voyons autour de nous n’est pas seulement insatisfaisant. C’est intolérable. Ca dépasse l’entendement.

Comment est-ce possible que notre monde soit aussi riche et que des personnes meurent (littéralement) de faim tous les jours ? Comment est-ce acceptable que chaque jour, en France, 230 femmes soient violées par des hommes qui, dans l’immense majorité des cas, ne seront jamais condamnés ? Comment est-ce tenable que des personnes travaillent plus de 40 ans et finissent avec à peine plus que le SMIC ? Comment est-ce rationnellement compréhensible qu’un premier ministre, tout seul, décide de continuer à balancer des déchets toxiques dans la mer Méditerranée ? Comment comprendre que plus de 5 millions de personnes soient inscrites à Pôle Emploi pendant que des millions de salarié.e.s soient en surchauffe ?

J’arrête, vous voyez le concept. ;-) Ce livre m’a plu. Je me suis dit à l’époque que j’étais d’accord avec ce qu’elle écrivait sur le travail, l’écologie, le racisme ou le féminisme.

Deux ans après avoir lu Cécile Duflot, je rejoins son équipe.

Il y a plusieurs choses qui m’ont décidée.

D’abord, Cécile Duflot est une responsable politique connectée avec le réel. Responsable politique, elle a chevillé au corps cette conviction que lorsque des personnes se rassemblent, réfléchissent, parlent, s’engagent, on peut déplacer des montagnes. La politique, c’est jamais parfait, mais c’est le meilleur outil que nous ayons pour changer le monde. « Connectée avec le réel » : je suis intimement convaincue qu’on ne peut diriger un groupe, une collectivité ou un pays si on ne comprend pas ce que vivent les personnes pour lesquelles nous devons prendre des décisions. Cécile Duflot connaît les galères de métro ou de mère célibataire. Etre connecté.e au réel ne suffit pas à faire une bonne politique. Mais ça aide à prendre les bonnes décisions.

Ensuite, Cécile Duflot tient bon. Je retrouve dans son engagement ce que j’aime dans l’engagement féministe. On sait que c’est pas tous les jours facile de changer le monde. Mais on est déterminées. Parce que notre horizon n’est pas négociable. On ne négocie pas l’égalité. On ne négocie pas l’écologie. On ne négocie pas la décence d’un salaire ou le bien-être au travail. On trouve le moyen, coute que coute, d’avancer.

Enfin, Cécile Duflot représente à mes yeux la meilleure chance de réaliser l’union de la gauche. Je suis convaincue que si nous voulons transformer le réel, nous devons construire une offre politique à vocation majoritaire dans ce pays. Cécile Duflot peut incarner ce rassemblement et ce dépassement.

J’ai envie de participer à une aventure qui permette de faire émerger d’autres thèmes dans la campagne. Une aventure qui permette que 2017 ne se fasse pas sur le burkini ou le coût du travail mais sur les 32 heures, la sortie du nucléaire ou la lutte contre les violences sexuelles. Une aventure qui permette de tester de nouvelles pratiques politiques. Une aventure qui mette les citoyen.ne.s au coeur des décisions et de l’action. Une aventure qui permette de rassembler toutes celles et ceux qui refusent l’ordre établi et veulent prendre le pouvoir pour changer la donne. La campagne de Cécile Duflot, c’est tout cela à la fois !

Bref, à vélo ! (“en marche” était déjà pris)

Caroline De Haas

De la mobilisation sans contenu, donc de l’escroquerie, voilà ce que c’est. D’ailleurs, finissons sur deux exemples culturels révélateurs.

Déjà, un tweet qu’aucune personne réellement progressiste n’aurait pu posté. On est là dans une démagogie, un populisme, voire une beauferie franche.

Et surtout, pour finir, un tweet ignoble, doublement ignoble, révélant le côté “gauche américaine” de Caroline De Haas.

Justifier une relation extra-conjugale, voilà un exemple fort d’esprit individualiste, ultra-libéral, décadent… Tromper son conjoint, ce serait ça la modernité ?

Mais voici ce dont elle se moque, car là on ne peut pas bien lire de quoi il s’agit.

Voilà de quoi se moque Caroline De Haas : du fait qu’il ne faille pas tromper la personne avec qui on vit, du fait qu’on a le droit de savoir qui sont ses parents, de qui on est enfant…

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