Interdiction institutionnelle d’une campagne contre la castration des porcelets

C’est un exemple tout à fait représentatif de ce qui est vrai : les éleveurs sont des fanatiques de l’exploitation animale, parmi les plus agressifs des businessmen, les réformistes de la protection animale sont des faire-valoir d’un masque de démocratie, rien n’est possible sans un véganisme populaire mobilisant à la base en remettant fondamentalement en cause toutes les institutions.

Car là, ce qui s’est déroulé relève ni plus ni moins que du coup de force.

A la base, il y a l’ancienne PMAF (Protection Mondiale des Animaux de Ferme), une association outrageusement réformiste qui a pris d’ailleurs l’année dernière le nom de Welfarm. Cela fait plus “ONG international”, c’est sûr.

Elle a lancé une campagne d’affichage contre la castration à vif de porcelets. Notons que cette affiche, de part son “slogan” “couic !” est de très mauvais goût.

85% des porcs sont castrés sans anésthésie… Comparons cette situation actuelle à cette information de l’AFP, en 2012…

La fin de la castration des cochons, c’est pour demain en France
Les premières viandes de porcs non castrés doivent être mises sur le marché français à partir de mars 2013.

Les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

Et là qu’est-ce qui s’est passé, avec ces affiches ? Les agriculteurs ont menacé d’agir… Donc les institutions ont pris cela comme prétexte pour interdire la campagne d’affichage à Brest, à Langueux, à Saint-Brieuc.

La préfecture de la Sarthe a assumé la mesure à l’échelle du département… Sans d’ailleurs rien communiquer de public à ce sujet sur les médias sociaux… Résultat, au Mans les affiches ont été enlevées.

On voit bien ici que la situation est ce qu’elle est : l’exploitation animale est organisée, solide, capable de pressions efficaces. Les institutions se mettent à leur service, comme du capitalisme en général.

Les réformistes du “bien-être animal” ne sont que les aménageurs de l’exploitation animale, et encore ils n’y parviennent même pas réellement. Ils n’y parviennent que lorsque les grosses boîtes ont besoin de mesures pour couler les petites boîtes ne pouvant pas suivre.

Il est tout à fait clair qu’il n’est pas possible de passer “par en haut”, par les institutions, au moyen de campagnes qui tentent de forcer une voie dans l’opinion publique.

Seul peut réussir un travail à la base, avec la population dans son existence quotidienne, modifiant son approche concernant la Nature, lui faisant comprendre la nature doublement odieuse de ce que représente les McDonald’s, les kébabs et les restaurants du terroir (socialement et par rapport aux animaux).

Il faut des personnes ancrées dans les réalités locales, expliquant le caractère des phénomènes qui s’y déroulent à la lumière de la nécessité de défendre la Nature, d’aimer les animaux et de promouvoir le véganisme.

Sans cela, la situation sera toujours la même : une petite pression des éleveurs, les institutions qui bougent un levier administratif… et toute possibilité d’avancer sera bloquée.

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