Menace sur les chevaux sauvages américains

Aux Etats-Unis, la vie sauvage est quelque chose de très valorisée historiquement et les chevaux sont liés à la conquête d’un Ouest « libre » à coloniser, mais également fascinant de par leur dimension naturelle, sauvage. C’est le fameux concept de « wild ».

Un scandale a actuellement lieu à ce sujet. Voici une présentation par Le Monde, qui fournit également une vidéo.

Malgré les recommandations d’un rapport d’experts, le gouvernement américain a annoncé, mercredi 14 septembre, qu’il n’avait pas l’intention d’euthanasier [sic!] 45 000 chevaux sauvages dans l’ouest du pays. Le projet d’abattage massif de ces herbivores avait déclenché la colère des militants de la cause animale.

Pour limiter la croissance des équidés sauvages dans cette partie du territoire américain, les autorités en charge de la protection de la nature assurent se démener pour trouver des personnes susceptibles d’adopter ces animaux.

Ces images de chevaux sauvages en train de courir sont splendides, émouvantes. Regardons toutefois les faits tels qu’ils sont vraiment, car ici c’est incomplet, voire faux.

Aux Etats-Unis, surtout au Nevada et au Colorado, il y a des chevaux sauvages, environ 67 000. Officiellement, il existe un organisme d’Etat qui s’occupe de leur situation, le Bureau of Land Management, bureau administrant les terres appartenant à l’Etat américain.

Comme on ne plaisante pas avec la vie sauvage, il existe même une loi, la Wild and Free-Roaming Horses and Burros Act of 1971, protégeant les chevaux sauvages, ainsi que les ânes sauvages appelés burros, qui n’ont pas le droit d’être déplacés ni tués.

Seulement, capitalisme oblige, l’intérêt de pratiquer la contraception, voire la vaccination de ces chevaux, est considéré comme coûtant trop cher. Il faut 50 millions de dollars par an pour les gérer. A titre de comparaison, le nouveau bateau de guerre américain, qui vient d’être prêt, le USS Zumwalt, a coûté 7,5 milliards de dollars.

A cela s’ajoute que les pâturages pourraient servir pour le « bétail » d’entreprises, toujours prêtes à profiter des terres publiques…

Le Bureau of Land Management a donc expliqué qu’il allait tuer 45 000 chevaux. En fait, les termes sont plus précis que cela. Le terme absurde « euthanasier », employé de manière lamentable par Le Monde, n’est pas employé.

Il a été parlé de les vendre « sans limites » (« without limitation ») ou bien sinon de les « détruire de la manière la plus humaine possible » (« destroyed in the most humane manner possible »).

En clair, cela signifierait que des industriels canadiens ou mexicains seraient venus les chercher pour les amener aux abattoirs, ou bien que les particuliers pourraient en « adopter », en fait en acheter. Devant le scandale que cela a provoqué, c’est cette seconde option qui a été mise en place.

Il faut bien saisir ici aussi l’enjeu idéologique. Pour les défenseurs des animaux ayant connaissance de la situation, le discours sur la surpopulation de chevaux est un prétexte inventé pour satisfaire les industriels qui espèrent récupérer les terres publiques pour le bétail.

Ici, pas de « preuves » : il faut faire son choix, en s’appuyant sur sa vision du monde…

Il y a aussi la question naturelle. Les anti-Nature disent que la population équine ne s’équilibre pas, car elle n’a pas de prédateurs, il faut donc réguler la Nature incapable de le faire, etc.

Là aussi, il faut faire son choix…

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